Animal Collective - Feels

album de la semaine du 26/10/2005, par Marc Schmit | Albums |
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ANIMAL COLLECTIVE - Feels
(Paw Tracks / Pias) - acheter ce disque

ANIMAL COLLECTIVE - FeelsA l'écoute de la jubilatoire entame de "Feels", enthousiasme et excitation semblent être les maîtres mots de la nouvelle orientation d'Animal Collective. S'éloignant ainsi du folk halluciné de "Sung Tongs", ou du "Prospect Hummer EP", caressant fruit de leur collaboration avec Vashti Bunyan.
Qu'on se rassure quand même, s'il s'agit là sans doute de leur album le plus pop et simple d'accès, ils n'ont rien perdu de leur douce et innocente folie. Avec au départ, donc, trois morceaux délicieusement brindezingues et terriblement addictifs ("Did You See the Words", "Grass", "Purple Bottle"), où Panda Bear, après avoir fait semblant de chuchoter, explose vite fait son chant pour lâcher les chevaux d'une sarabande jouissive, autour de rythmiques endiablées et de guitares en boucles vrillées.
Cavalcade aventureuse durant laquelle ils convoqueront le peuple de la forêt pour sauter en l'air comme des dératés, tant pis si on se cogne aux arbres, soit successivement, dans un désordre on ne peut plus apparent et j'en oublie : le chef de nos lutins favoris (le chant dératé de "Grass"), les sept Nains sans Blanche-Neige (le final en jodle hypnotique de "Did You See the Words ?") ou la frêle fée Valdystottir, qui sort de sa coquille en faisant virevolter des salves de piano à la Arcade Fire.
Le temps de planter le feu de camp dans une clairière pour s'offrir une pause enfumée et méditative en récitant des prières pour les abeilles, et c'est paradoxalement "Banshee Beat" qui au lieu d'annoncer le point culminant de la bacchanale, sonne l'extinction des feux et nous renvoie dans les bois, tout emmitouflés dans ses nappes de guitares, pour une émouvante nocturne susurrée à l'oreille. "Daffy Duck" (peut-être plus proche d'une veine "Sung Tongs"), pourra illustrer un lever de lune, pour le coup un peu décousu et longuet, avec au lointain de timides hurlements de loup. Mais avec le magnifique "Loch Raven", c'est soudain toute la voûte céleste qui se met à scintiller délicatement. La fée sus-nommée serait t-elle donc venue avec quelques poussières d'aurores boréales pour en parsemer cette bande-son idéale pour nuit en amoureux au clair d' étoiles ?
"Turn Into Something" fera ensuite office de résumé final, en s'employant d'abord, avec ses chœurs océaniens, à raviver la flamme de la no-wave papoue, pour s'achever sur une plage d'ondulations vocales et instrumentales vibrantes comme un adieu.

Que dire d'autre, si ce n'est que l'ensemble est bien sûr fourni en instrumentations diverses, bruitages, collages, gazouillements, hurlements sauvages, etc. Qu'au fil des écoutes, le travail sur les voix s'avère de plus en plus remarquable. Mais on ne s'attardera pas trop en considérations techniques, voire artistiques, tant la capacité à faire surgir couleurs et émotions du chaos tient sans doute à autre chose, l'âme, ou ce que vous voudrez. Et c'est là que l'on repense soudainement au titre de l'album... C'était simple, finalement.

Marc Schmit

Did You See The Words
Grass
Flesh Canoe
The Purple Bottle
Bees
Banshee Beat
Daffy Duck
Loch Raven
Turn Into Something


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