Antony and the Johnsons - Swanlights

album de la semaine du 29/12/2010, par Matthieu Chauveau | Albums |
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ANTONY AND THE JOHNSONS - Swanlights
(Rough Trade / Beggars) [site] - acheter ce disque

ANTONY AND THE JOHNSONS - SwanlightsIl y a un malentendu avec l'oeuvre du curieux Antony Hegarty. "I am a Bird Now", l'album qui l'a fait connaître à un public relativement important en 2005 est souvent considéré comme son unique chef-d'oeuvre. Comme si tous les albums à suivre étaient condamnés à souffrir de la comparaison avec ce mètre-étalon. C'est vrai, "I Am a Bird Now" était un très bon album. Mais, tout autant que le disque en lui-même, c'est la découverte d'un artiste inclassable au timbre de voix et à l'univers pour le moins surprenants qui marqua les esprits. En fait, "The Crying Light", l'album suivant, malgré son atmosphère plus austère, était à peu près du même niveau que "I Am a Bird Now", c'est à dire très élevé !

Envisageons donc le nouveau disque d'Antony sans faire référence à son soi-disant chef-d'oeuvre insurpassable, d'autant que c'est la démarche que la pochette de "Swanlights" semble nous inciter à suivre. En effet, ici, plus de photo en noir et blanc à l'esthétique mystérieuse et sombre comme dans les deux albums précédents mais une pochette en couleurs où le blanc domine et illustrée par un dessin animalier qui paraît, à première vue, destiné aux enfants.
A première vue, évidemment... Un regard plus précis et la pochette qui semblait moins sombre que de coutume s'avère représenter un animal en pleine agonie, dans un bain de sang ! Et effectivement, l'écoute de l'album confirme que le dernier album d'Antony n'est pas plus joyeux que les précédents. En fait, si on exclut le "positif" (en apparence ?) "Thank You For Your Love" - le morceau le plus accessible de l'album, un mélange de pop et de soul comme le chanteur sait si bien le faire - "Swanlights" est d'une désespérance qui semble décidément sans issue. Cependant, si cafardeux que soit ce disque, il n'en est pas moins magnifique à bien des égards : un diamant noir.

En écoutant "Swanlights", on se sent comme transporté dans une galaxie où la médiocrité semble ne pas exister : mélodies inspirées, voix habitées, arrangements complexes, prise de son excellente... Antony fait partie de ces rares artistes à être totalement inclassables. Impossible de cantonner son oeuvre à la pop music. Comme chez Robert Wyatt, John Cale, Scott Walker ou Björk, on sent une ambition musicale et une esthétique qui tutoient la musique dite "savante" (sur le très vaporeux titre "Swanlights", notamment) et plus précisément, dans le cas d'Antony, la musique impressionniste du début du siècle dernier (superbes "Ghost", "Violetta", "Salt Siver Organ" et "Cristina's Farm"). Pas un hasard si l'Islandaise citée précédemment est présente sur ce disque pour un splendide duo, "Flétta", morceau qui, autour d'un simple piano, fait la part belle aux voix si particulières de deux artistes décidément hors norme. Bref, album inclassable, profond, à la fois sombre et lumineux, "Swanlights" n'a pas à rougir de la comparaison avec "I Am A Bird Now".

Matthieu Chauveau

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A lire également, sur Antony and the Johnsons :
la chronique de "The Crying Light" (2009)
la chronique de "I am a Bird Now" (2005)

Everything Is New
The Great White Ocean
Ghost
I’m in Love
Violetta
Swanlights
The Spirit Was Gone
Thank You For Your Love
Flétta
Salt Silver Oxygen
Christina’s Farm


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