Arab Strap - Interview

23/07/2003, par Refau | Interviews |
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Que penses-tu de la scène indé actuelle en Grande Bretagne ?
Je crois qu'elle n'existe plus vraiment. Il ne reste plus que très peu de labels indépendants. Je crois qu'il n'y a plus qu'un seul distributeur indépendant, deux en étant optimiste, que la frontière entre la musique indépendante et le mainstream a quasiment disparu. Avant le terme "indie" référait à quelque chose de bien particulier. Aujourd'hui c'est un terme qui qualifie n'importe quelle musique à guitare. Les gens disent de Coldplay qu'ils sont "indie" alors qu'ils sont chez Sony ou un truc comme ça, une putain de major. Je crois qu'aujourd'hui, en Grande Bretagne, les deux plus gros indépendants sont Chemikal et Domino…

Rouh Trade peut-être ?
Hum… Je crois que Rough Trade a reçu de l'argent d'une major. Enfin je crois, j'ai peut-être tort. Ou peut-être un contrat de distribution avec une major…

As-tu l'impression aujourd'hui d'être un peu tout seul ? D'être hors du "mouvement" général ?
On n'a rien à prouver. Tu vois, même si je souhaitais avoir des millions de nouveaux fans pour ce nouvel album, on sait déjà que des gens écoutent nos disques et le meilleur truc pour vendre des disques c'est le bouche à oreille. C'est plus durable que d'être dans la presse ou avoir sa tête à la télé. Tu sais, les musiques qui m'ont le plus marqué sont celles qui m'ont été recommandées par des gens en qui j'avais confiance.
Tu sais, on n'essaie pas d'être à la mode ou de prouver quelque chose, on veut juste faire de bons disques. Et on est chanceux dans le sens où on fait ce qu'on veut. Mais ce qui est marrant c'est que quand on a débuté, on était, à l'inverse, "à la mode". Tout le monde était fan…

Tu penses qu'aujourd'hui Arab Strap a atteint son maximum de popularité ?
Hum … je ne pense pas. Je pense que le nouvel album peut intéresser de nouvelles personnes. Ca peut attirer des gens qui n'avaient jamais entendu parler de nous auparavant. Je suis assez confiant. Mais je n'aime pas trop parler de ce genre de truc, j'ai peur de nous porter malchance ! Je pense qu'il marchera… mais disons que je n'ai jamais dit ça ! (sourire) Je suis trop habitué à déchanter… C'est la première chose que tu apprends quand tu rentres dans l'industrie de la musique : la déception. Mais c'est un très bel album et j'en suis très fier.

Que penses-tu du succès d'Arab Strap en France alors que la magie du groupe repose en partie sur les mots ?
Hum, je suis très flatté… Surtout que mes mots dépassent le cadre strict de la traduction français-anglais. Je pense qu'il y a quelque chose de très écossais dans ce que j'écris. Et que des français arrivent à comprendre ou fassent du moins l'effort de comprendre me touche beaucoup surtout si l'on considère que je suis incapable d'aligner deux mots en français ! Ca me gène beaucoup !

Et je suis sûr qu'à vos concerts en France, une partie du public chante ou peut chanter tes paroles…
(rires) et ils les chantent sûrement mieux que moi !

Est-ce que les gens ont déjà repris tes paroles en chœur pendant un concert en France ?
Hum… sûrement mais ça fait longtemps qu'on a plus tourné en Europe… je ne me souviens plus très bien… Et puis je suis toujours saoul quand je suis sur scène…

C'est une nécessité ?
Oh non, c'est juste qu'on nous file tout le temps des verres gratuits. Tu sais quand tu arrives dans ta loge et que 20 canettes de bière fraîche t'y attendent, tu peux pas faire grand chose sinon les boire !…

Pour finir, pourrais-tu me donner un mot caractérisant le nouvel album ?
Hum… C'est dur… Dis juste à tous ceux qui l'achèteront dans ton entourage de le faire écouter à quelqu'un qui ne nous connaît pas… Tu sais, comme une chaîne de lettres !

On appelle ça du marketing viral !
Oui, oui, c'est exactement ça ! C'est une bonne idée ! (rires)


Merci à toute l'équipe de PIAS.

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