> edito
accueil
> recherche
> larkin grimm
parplar
> neil halstead
oh! mighty engine
> klima
interview
> broken...
something for all of us
> melodium
my mind is falling to...
> hobotalk
alone again or
> dark captain...
miracle kicker
> the organ
interview de katie...
> oldman
two heads bis bis
> fire zuave
sand fastened
> tha pumpsta
bass black treble white
> milos unplugged
the mountain people...
> austin lace,...
interview
> austin lace,...
concert au centre...
> newsletter
> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
> POPmusic
sélection de mp3
> POPvideo
les émissions
> POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list
> fils RSS







> pub
maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous :
myspace
last.fm
twitter
facebook
|
|
ARMAN
MÉLIÈS
[page
précédente]
Il y a une forme
de pression à être soutenu par ces gens-là
?
Non, pas du tout ! Pendant l'album, c'était vraiment
mes deux repères, "qu'est-ce qu'Alain en penserait
?" / "qu'est-ce que Dominique en penserait ?"
Mais c'est tout, pas du tout de pression ; en plus, humainement,
ils sont tellement adorables, ils ont tellement fait de
boulot au niveau des médias pour moi que j'ai plutôt
l'impression qu'ils ont ouvert mille portes pour moi plutôt
que de faire en sorte qu'on m'attende au tournant. (En plaisantant)
on a l'impression, après, que je suis auréolé,
d'une façon presque abusive... "Ah, il est parrainé
par Dominique A. et Bashung" !

En parlant du morceau
de Bashung, c'est différent d'écrire pour
quelqu'un d'autre ?
C'est un petit peu différent mais j'avais pour ligne
conductrice de faire quelque chose de pas si loin de mon
univers ; je me suis dit "Bashung, tout le monde doit
lui proposer du Bashung tout le temps" et puis s'il
a fait appel à moi, c'est qu'il aime à peu
près ce que je fais donc je vais plutôt lui
proposer quelque chose qui soit assez proche de mon univers,
quitte à ce que cela ne lui parle pas et que moi,
je puisse l'utiliser. J'avais quand même conscience
que j'écrivais pour M. Bashung mais ce n'était
pas si différent que cela ; curieusement, c'est même
presque plus facile car il n'y a pas toutes ces barrières
conscientes ou inconscientes que l'on se met, ça
coule un peu plus de source, on ne se pose pas quinze fois
la question : la chanson, elle sonne donc on va lui proposer
et puis on verra ; en plus, on a travaillé ensemble
pendant huit-dix mois pendant lesquels on se voyait, on
se faisait écouter des trucs, je repartais, je rebossais.
Je savais que s'il y avait un truc qui lui plaisait pas,
il y avait moyen de prendre une autre direction. La première
fois que je lui ai fait écouter les morceaux, je
n'en menais pas large. Mais sinon, c'est quelqu'un qui est
tellement simple et tellement gentil que c'était
super facile.
D'ailleurs tu l'as
jouée sur scène avec Joseph d'Anvers ?
Oui, au départ on voulait la faire à trois
avec Alain mais il était en concert ; j'ai dit à
Joseph, c'est con, on va essayer de la faire à deux,
il nous snobe (rires). C'était plus pour la blague
qu'autre chose, mais on était super contents de la
faire.
Il y a pas mal d'allusions
au cinéma dans tes chansons, dans ton nom d'emprunt...
Quel est ton rapport avec celui-ci ?
J'ai pas l'impression que ça m'influence directement
sur les textes mais, quand je le vois en salle, l'état
dans lequel on est quand ressort d'une salle de cinéma,
est tellement magique que je trouve que c'est vraiment l'art
qui permet de réenchanter le réel de la façon
la plus simple : on sort d'une salle de cinéma, on
met ses clés dans la serrure de la voiture, le bruit
des clés n'est plus le même, alors qu'on l'a
entendu 5000 fois avant... on claque la portière,
c'est pareil, on marche dans une allée de graviers,
on passe au McDrive et on a l'impression d'être dans
un film de Tarantino, on se dit "la déco des
McDo, c'est pas si nul que ça..." Le cinéma,
ça rafraîchit l'œil, ça permet
de cultiver une acuité : on regarde les choses différemment...
Tu es assez cinéphile
?
Oui et du coup, en faisant de la musique, j'aimerais bien
que quelqu'un, en ayant écouté mon disque,
ait la même perception.
Et en cinéma,
tu as quelques réalisateurs préférés
?
Euh... Terence Malick par exemple, j'aime beaucoup Desplechin,
Gondry - tout n'est pas au même niveau mais il y a
des choses assez extraordinaires – et puis Gondry,
c'est vraiment le successeur de Méliès, le
côté bout de ficelle, carton pâte, les
trucages à deux balles mais qui ont une force poétique
que les images de synthèse à deux milliards
n'ont pas. Après, il y en a plein d'autres...
Il y a un côté
suranné, nostalgique dans ton univers ; tu sais d'où
cela vient ?
On m'en parle souvent mais, sincèrement, je ne sais
pas d'où ça vient, si ce n'est que je n'ai
pas l'impression d'être totalement adapté au
monde dans lequel on vit, mais sans rêver d'un autrefois
qui était mieux avant. C'est juste que je trouve
que le monde dans lequel on vit est un tantinet agressif
et j'ai peut-être tendance à cultiver une sorte
d'outre-monde...
Un univers parallèle
?
Oui. Mais après, pourquoi est-ce qu'il y a autant
de mélancolie, c'est un mystère. J'ai toujours
été plus touché par Nick Drake que
par Carlos, enfin feu Carlos...
Qualifierais-tu ta
musique de romantique ?
Oui, y'a un peu de ça ; au début, quand on
me disait ça, je disais, "non, non pas du tout"
car les auteurs romantiques, le XIXème, ce n'est
pas quelque chose qui me touche. Mais au final, il y a un
côté romantique dans le côté idéaliste
des romantiques, le retour à la nature, l'utopie
fouriériste enfin plein de trucs qui me taraudent
plus que je ne le crois et qui ressortent dans mes chansons.
As-tu toujours le
temps d'écouter beaucoup de choses différentes
?
Jusqu'à très peu de temps, j'aurais dit oui
mais ce n'est plus le cas depuis quelques mois, c'est la
première fois depuis... 20 ans peut-être !
Je vais moins dans les magasins et comme je ne télécharge
quasiment pas – pas pour des raisons idéologiques
mais parce que je suis un peu fétichiste et j'aime
bien avoir les disques, le vinyle, la série limitée
avec le beau livret... – je ne vais plus beaucoup
chez les disquaires et, du coup, j'en achète moins.
Donc je suis sans doutes en train de passer à côté
de beaucoup de choses ; je me rattraperai...
Et ton séjour
chez POPnews, ça t'a apporté quelque chose
?
Oui, c'est indéniable. Quand j'étais en train
de juger un disque, je me disais que telle couleur sur un
morceau, c'était un peu pompeux ; mais le morceau
que t'es en train d'écrire, c'est un peu ça...
Ça m'a vraiment permis de prendre du recul par rapport
à ce que je faisais.
Il y avait même
une rétroaction par rapport à ce que tu écrivais
toi-même ?
Alors non, c'était vraiment quelque chose que je
ressentais quand j'écoutais le disque à chroniquer.
Mais à aucun moment je ne me suis dit "ce que
tu critiques, c'est un peu ce que tu es en train de faire
alors du coup, je ne vais pas le mettre dans la chronique".
[suite]
|