A.S. Dragon - Va chercher la police

13/05/2005, par Frédéric Antona | Albums |
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A.S DRAGON - Va Chercher La Police
(Tricatel / Naïve) - acheter ce disque

A.S. DRAGON - Va Chercher La PoliceOui, ça me revient ! Je me disais aussi que la pochette me rappelait quelque chose... Le "England's Newest Hit Makers" des Stones. Avec A.S Dragon, il faut toujours lire entre les lignes, déceler les clins d'œil du groupe à cet esthétisme lettré et rock'n'rollien qui le définit si bien. Et de références, le nouvel album du groupe n'en manque pas. Emmené depuis trois ans par Natasha, une Barbarella androgyne, fantasme de la parfaite rock'n'roll girl, A.S Dragon s'est bâti une réputation de brûleurs de planches, déferlante d'électricité et de sensualité dont on ne ressort pas indemne. Il faut dire que la formation fut, pendant plusieurs années, le groupe maison du label Tricatel qui, sous l'égide du sorcier Burgalat, publia quelques-uns des disques les plus intéressants de ces dernières années ( "Triggers" d'April March, ou encore le génial live "Bertrand Burgalat Meets A.S Dragon", manifeste moderniste contenant une version à tomber du "Tears of the Clown" de Smokey Robinson). Le premier album du groupe, "Spanked", sorti il y a deux ans, était très réussi même si quelque peu brut de décoffrage : le groupe cherchait ses marques, Natasha son registre vocal. Avec "Va chercher la police", A.S Dragon modifie son approche et d'autres échos et vapeurs s'échappent du disque. Le groupe a ressorti du placard les premiers albums séminaux de Blondie, le plus chic des groupes punk (avec les Only Ones), et ça s'entend : les lignes de Moog, le jeu de batterie fluide et puissant, évoquant celui de Clem Burke, les guitares qui sonnent avec une classe rare, ne sont pas sans rappeler les exploits du groupe de Debbie Harry (dont Natasha a hérité la sensualité débridée) Mais voilà, il y a bien autre chose. Les chansons en français. Certaines sont d'une ambiguïté délicieuse, comme l'irrésistible "Corine", un uptempo new wave dont les textes m'évoquent, je ne sais pourquoi, "Superstars" d'Ann Scott. Dans la même galaxie, trois textes sont signés Virginie Despentes... les chiens ne font pas des chats.

A.S Dragon semble reprendre les choses là où les ont laissées les Stinky Toys, Jacno (sur "Plastic Hooker") ou Taxi Girl à l'aube des années 80, avant que tout ne se barre en sucette (à l'anis). Le côté essentiellement pop de l'album m'évoque assez bizarrement les perles pop françaises des sixties. "Cloue-moi au ciel" aurait pu être chantée par April march, tandis que "Morte" a des aspects stoogiens indéniables. La musique a gagné en accessibilité (mais en aucun cas en facilité). Comme si Patti Smith et Television avaient livré une série de "7 heures du matin" postmodernes à écouter en boucle. L'essence du passé transcendée pour représenter le présent. En ce sens, A.S Dragon est un groupe moderne. Moderniste. Mod. Et "Va chercher la police" est sa déclaration d'indépendance. L'expression "pop française" a retrouvé ses lettres de noblesse. Et puis, une chanteuse arborant un badge d'Iggy Pop sur sa veste en velours noir peut-elle se tromper ?

Mon voisin peut déjà aller chercher la police, car le disque n'a pas fini de passer...

Frédéric Antona

Morte
Cher Tueur
Comme Je Suis
Alchifumiste
Seules à Paris
Corine
I wanna Be Your Doll
Plastic Hooker
Froide
Naufragés de l'Ombre
Cloue moi au Ciel


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