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AUSTIN LACE ET LE YÉTI
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précédente]
Austin Lace était-il
fan de Melon Galia ?
Fabrice :
Oui, j'aimais bien le premier single, "Vous me quittez
déjà", mais mon manager m'avait déconseillé
d'écouter des groupes qui se vouvoient dans leurs
morceaux.
Thierry : ah oui (il chante)
"me trouvez-vous séduisant"...

Thierry
De Brouwer
Thierry, depuis la
fin de Melon Galia, il y a cinq ans, Samir Barris et Aurélie
Muller (Soy un Caballo) ont chacun enregistré des
disques de leur côté, alors que toi, tu sembles
plus en retrait, plus réservé suite au succès
apporté par le groupe. Qu'est-ce que tu as fait,
depuis cinq ans ?
Thierry :
Quand j'ai mis fin à Melon Galia, ça ne leur
a évidemment pas fait plaisir. Ils avaient envie
de continuer quelque chose, alors que moi j'avais vraiment
besoin d'une pause par rapport à la musique, une
vraie pause, quitte à... D'un point de vue commercial,
ce n'était sans doute pas une bonne chose à
faire, mais pour moi c'était salutaire.
Fabrice : Thierry, c'est
un alien. Il est vraiment décalé par rapport
à toute l'urgence dans laquelle on vit actuellement
: sortir beaucoup de disques, être toujours présent...
Il peut passer énormément de temps sans se
dire un seul instant "il faut y aller, maintenant,
il faut que je sorte mon disque". Tant qu'il ne sera
pas entièrement satisfait de son truc, rien ne sortira.
Dans l'industrie actuelle, c'est bien d'avoir un personnage
comme lui qui prend le temps de faire un disque comme il
l'entend.
Thierry : Mais je n'ai jamais
arrêté de composer et d'écrire, je dois
avoir plus de cent chansons... Fabrice m'a même aidé
à faire un tri.
Fabrice : Il tient des fiches
précises sur tous ses morceaux. Je n'ai jamais connu
un esprit aussi... archiviste !
J'ai l'impression
que la fin avortée de Melon Galia a été
particulièrement douloureuse, presque traumatique.
Les chansons de Samir y font directement allusion ("Mon
agenda", trahissant un quasi sentiment d'abandon),
et la présence d'Aurélie au sein de Soy un
Caballo est profondément mélancolique. Les
chansons du Yéti, aujourd'hui, sont elles aussi beaucoup
plus sombres.
A la base
on est des amis. On faisait de la musique ensemble, mais
avec des aspirations différentes. Pour moi, Melon
Galia reste une expérience formidable, on a tourné
aux États-Unis, au Canada, on a fait de grandes rencontres...
Mais j'avais tout le temps l'impression qu'une partie du
projet m'échappait. Il y avait aussi peut-être
une imagerie niaise, adolescente, qui ne me convenait plus.
Aujourd'hui, c'est vrai, il y a peut-être plus de
noirceur, il y a aussi plus de bouteille, mais je garde
avant tout l'amour des mélodies et du côté
pop fondamental - peut-être avec plus de détours
et moins d'immédiateté. Peut-être qu'un
jour je reviendrai à une musique avec plus de fraicheur.
Au niveau des rapports qu'Aurélie, Samir et moi avons
aujourd'hui, on est contents. On est contents que ce soit
passé. Au début, ils m'en ont voulu d'avoir
mis fin au groupe. Maintenant, je ne vais pas jusqu'à
dire qu'ils m'en sont reconnaissants, mais ils comprennent.
Aurélie apparaît
d'ailleurs à la fin de l'album d'Austin Lace.
Thierry :
On reste une même communauté : le trompettiste
du Yéti, Ludo, était déjà membre
de Melon Galia. Aurélie chante sur "Poster With
a View" qui clôt "The Motherman", et
chantera également sur l'album du Yéti.
Fabrice : "Poster With
a View", C'est un morceau qu'on trouvait très
proche de l'univers de Soy un Caballo, dans le côté
: on arrête le temps et on se donne le temps de laisser
flotter une mélodie. Aurélie s'est d'ailleurs
reconnue dans le morceau, elle a tout de suite accepté
d'en faire les chœurs. C'est un choix artistique logique.
Qu'en est-il du disque
du Yéti ? Est-il enregistré ?
Thierry :
il y a eu pas mal de détours, j'ai eu de gros problèmes
informatiques. Comme je suis derrière tout, j'ai
du retomber sur mes pattes. Des choses ont du être
refaites. Mais c'est en bonne voie !
Tu voudrais le produire
ailleurs qu'en Belgique. Pourquoi ?
En Belgique,
il y a une sacrée tendance à se dénigrer
dans beaucoup de domaines – et parfois même
à s'encenser de manière complètement
débile, aussi. C'est plus naturel quand il y a eu
une reconnaissance à l'étranger. J'ai bien
vu avec Melon Galia qu'il suffit qu'il y ait la marque d'un
intérêt à l'étranger, d'une herbe
plus verte ailleurs, pour que sur ton propre territoire
on s'intéresse à toi.
Un label aussi actif
et productif que Bang!, c'est quand même une chance,
non ?
Fabrice :
Oui, c'est le dernier bastion de la musique indé
en Belgique.
Thierry : Plus vraiment,
d'ailleurs : ils viennent de se faire "avaler"
par Pias...
Propos recueillis par
Christophe Patris
Photos par Julien
Bourgeois
Autres articles sur POPnews :
Le concert
d'Austin Lace et Le Yéti au Centre Wallonie-Bruxelles
(2008)
Chronique de "Easy to
Cook" d'Austin Lace
Interview (2005) d'Austin
Lace
Chronique de "Les embarras
du quotidien" de Melon Galia
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