Avey Tare’s Slasher Flicks - Enter The Slasher House

05/05/2014, par Marc A. Bertin | Albums |
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Avey Tare’s Slasher Flicks - Enter The Slasher House

Où l’on en vient une fois encore à se poser la question du futur de la pop ; la pop du futur étant une question définitivement reléguée au passé. Quelle pertinence non à faire mais plutôt à prolonger (dans le meilleur cas) où reproduire (pour le pire) la forme « populaire » par excellence d’une musique clairement définie comme le dénominateur universel ? 

Cependant, lorsqu’un quart d’Animal Collective se penche sur la chose, mieux vaut y regarder – enfin, écouter – à deux fois, non que la formation soit toujours pertinente en 2014 (qui oserait affirmer que le groupe a publié un album digne de leur insolent talent depuis Feels en 2005 ?), mais simplement eu égard aux services rendus par l’oiseau tant au sein du quatuor que dans ses aventures parallèles (Terrestrial Tones avec Eric Copeland de Black Dice ; un 12’’ partagé avec David Grubbs ; un album sous alias Pullhair Rubeye avec son ancienne épouse ; un album solo Down There en 2010 chez Paw Tracks).

Sous ses atours de “super groupe indie”, Avey Tare’s Slasher Flicks se déploie en trio – formule magique heavy millésimée – comprenant Angel Deradoorian (ex-Dirty Projectors) et Jeremy Hymn (batteur attitré de Ponytail et du petit génie de Baltimore Dan Deacon). Pour autant, il est aisé de deviner l’omniprésence du trentenaire dans la conception de cette nouvelle échappée en solitaire sans toutefois considérer ses partenaires comme de simples faire-valoir.

Ironiquement intitulé – du moins l’espère-t-on – Enter The Slasher House, le présent recueil de 11 morceaux et 50 minutes commence fort maladroitement par deux titres brouillons à souhait et dilués sur près de 10 minutes, soit une très mauvaise entame. Heureusement, Blind Babe, tube en puissance, efficace et fonceur, rétablit la confiance mise à mal, osant au passage des chœurs féminins dignes du Michael Jackson début 1990, ouvrant la voie à l’irrésistible Little Fang, modèle du genre, sous évidente influence Talking Heads, céleste et enjoué, invitation à la danse de surcroît. Enfin, Catchy (Was Contagious) clôt ce hat trick upbeat, porté par un millefeuille de voix usant et abusant de tous les filtres possibles, mais résolument fidèle au programme énoncé.

Las ! That It Won’t Grow puis The Outlaw freinent l’impétueuse cavalcade. Un nouveau tunnel malvenu, inachevé, brouillon et franchement hors de propos avant Roses on The Window, exercice de style ultra-maîtrisé, s’étirant sur près de 7 minutes sans paradoxalement lasser ni donner le goût d’un inconsistant jam post-prog’. Frustrant alors, à ce stade, de voir l’excitation presque enfantine rappelée à l’ordre par ces scories. Certes, le principe des montagnes russes constitue un vieux procédé éprouvé, or, il se révèle ici (trop) souvent contreproductif, gâchant le plaisir de compositions plus que réussies tel l’hymne Strange Colores, incontestable sommet d’un disque souffrant d’un manque criant de cohésion.

La dialectique du verre à moitié plein/vide étant en l’occurrence inutile, sachons nous contenter d’un EP cinq étoiles, enfoui dans cette jungle suffocante.

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  1. Modern Days E
  2. Your Card
  3. Catchy (Was Contagious)
  4. Strange Colores
  5. Blind Babe
  6. Little Fang
  7. A Sender
  8. That It Won’t Grow
  9. The Outlaw
  10. Duplex Trip
  11. Roses On The Window

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