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BARBARA
CARLOTTI
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Te
sens-tu proche d'autres artistes français ?
Oui, il y a plein de gens que j'aime, notamment ceux dont
j'ai fait la première partie, comme Franck Monnet,
qui écrit des chansons vraiment formidables. Et Bertrand
Belin : parmi tous ceux qui font des chansons en français,
c'est lui qui me bouleverse le plus. Il y a chez lui quelque
chose que je ne trouve nulle part ailleurs, ce goût
pour l'écriture, la poésie… Et c'est
quelqu'un de très méticuleux dans le boulot.
J'aime beaucoup Jean-Louis Murat, encore plus sur scène
que sur disque, où il faut un peu trier. J'aime énormément
Bashung, je l'ai croisé l'autre jour et je me suis
dit que ce type était vraiment formidable, il y a
chez lui une simplicité que je ne soupçonnais
pas. Disons que j'ai tendance à grappiller une chanson
par-ci par là, mais il y a beaucoup de choses qui
me plaisent : Jipé Nataf, par exemple, ou "L'Héroïne
au bain" d'Olivier Libaux, parce qu'il y a vraiment
une approche singulière, cette idée de conte
musical...
Sinon, dernièrement, j'ai eu une révélation
en réécoutant tout Belle and Sebastian : il
y a chez eux quelque chose de plein, de parfait. Comme chez
Neil Hannon : à chaque nouveau disque de Divine Comedy,
il apporte quelque chose en plus. Il y a des tas de gens
qui font des choses bien, mais j'attends vraiment de la
musique qu'elle me saisisse.

Comment
définirais-tu la différence d'approche entre
"Chansons",
ton premier mini-album autoproduit, et "Les
Lys brisés" ?
"Chansons" était vraiment une photographie
de moi à l'époque. Je ne chantais pas de la
même façon qu'aujourd'hui ; depuis, j'ai beaucoup
travaillé la précision de ma voix. De toutes
les disciplines que j'ai pu pratiquer, le chant a toujours
été la plus importante, dès le début.
Pour "Chansons", j'ai simplement appelé
des copains pour enregistrer tout ce que j'avais écrit
depuis un an, et je ne me suis pas du tout posé la
question de la production. Je ne savais pas ce que c'était
que de réaliser un disque, on l'a presque fait live.
L'ingénieur du son était un copain sonorisateur
de salles, il y a plein d'imperfections… On a fait
ça de façon un peu magique, en une nuit, en
laissant la moitié des titres de côté
: à quatre heures du matin, on était tous
fatigués et on jouait trop lentement ! (rires) C'est
avec Burgalat que j'ai vraiment découvert le studio.
Je l'ai vu jouer de plein d'instruments, on a discuté
de musique et, du coup, j'ai commencé à me
poser de vraies questions, à prendre conscience de
certaines choses.
Comment
s'est faite la rencontre avec Benoît Rault, alias
Ben's Symphonic Orchestra, qui a produit "Les Lys brisés"
?
Le label Microbe, qui avait sorti "Chansons",
m'a demandé avec quel artiste de leur catalogue je
voulais travailler, et j'ai donné son nom car j'aimais
beaucoup ses disques. Eux aussi avaient pensé à
lui, le choix s'imposait donc. Avec Benoît, on n'avait
pas toujours les mêmes avis. Lui avait ses habitudes
de travail, et de mon côté j'avais beaucoup
réfléchi à ce que je voulais. Je pense
que les confrontations qu'on a eues m'ont fait beaucoup
avancer. Aujourd'hui, je n'enregistrerais pas l'album de
la même façon, j'ai énormément
appris de cette expérience.
Le
morceau "Cannes" n'a pas été retravaillé
?
Non, c'étaient les arrangements de Burgalat, je ne
voulais rien toucher. Pour les autres morceaux communs aux
deux disques, on passait d'une approche très spontanée
à quelque chose de plus réfléchi. Surtout,
entre-temps, j'avais monté mon groupe, et chaque
musicien a apporté son style, qu'on a gardé
sur le disque, en ajoutant des arrangements avec Benoît.
L'album découle vraiment des concerts.
Et
les paroles, c'est du vécu ?
En fait, je ne suis jamais allée au festival. C'est
une vieille chanson, qui date de l'époque où
je travaillais avec quelqu'un qui composait des musiques
de films, et qui avait justement dû s'absenter pour
aller à Cannes. J'étais un peu dépitée
et la chanson est partie de là : je lisais chaque
jour dans le journal ce qui se passait là-bas, j'ai
grappillé des trucs à droite à gauche
et je lui ai envoyé ma petite pique, du genre : "Alors
c'est comme ça, Cannes ? Génial…"
(rires).
Tu
as toujours joué avec des musiciens sur scène
?
Oui. Je me suis un peu accompagnée à la guitare
au début, mais je suis mauvaise instrumentiste et
pour moi, l'essentiel c'est de chanter, c'est là
que je me sens à ma place. J'ai vite rencontré
mon guitariste, Jean-Pierre : je jouais dans une fête
et il m'avait un peu charriée, c'était plutôt
marrant comme situation… Du coup, on s'est mis à
parler musique, et ce soir-là je me suis dit : "Tiens,
il va falloir que je le rappelle…" On a donc
commencé à jouer ensemble. Un an et demi après,
je me suis mis à chercher d'autres musiciens, en
ne tombant pas toujours sur les bons, d'ailleurs. Grâce
à Franck Monnet, j'ai rencontré un autre Franck,
mon batteur, et Sébastien, mon bassiste. Pour "Les
Lys brisés", j'ai demandé à Benjamin,
avec qui j'avais pris des cours de piano, de jouer des claviers.
[suite]
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