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BARTH
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Ce qui est assez
particulier, c'est que tu associes conduite DIY, avec un
producteur reconnu, comment fais-tu l'amalgame ?
Et bien je lui donne
énormément d'argent ! En fait c'est un copain,
il était moins connu quand on a commencé à
travailler ensemble, à l'époque il venait
de produire l'album de Graham Coxon. Concrètement,
c'est juste que le label de Boss Music est voisin de Transcopic,
le label de Graham Coxon. Et donc les infos ont circulé
qu'on cherchait un producteur et donc voilà ça
s'est fait comme ça. Tout se fait par connexion humaine.
On a travaillé ensemble puis on est super potes depuis.
Je lui fais des morceaux pour la chanteuse des Slits, on
a des projets parallèles. On se rend service.
Il apporte énormément. C'est super dynamique.
Ça sonne plus gros, beaucoup de basses et d'aigus,
un spectre de sons assez difficile à trouver en France,
il amène des musiciens exceptionnels. Il a un sacré
carnet d'adresses, comme l'apport de Urban Soul Orchestra,
un orchestre londonien qui s'adapte à tes besoins.
Puis il y avait Christophe Boissière, qui a fait
tous les arrangements de violons. En amont j'ai Axel Concato,
pour l'image j'ai Fabien Leroy et Vicente Sahuc. Ces différents
pôles s'imbriquent et je fais des featurings avec
les musiciens de Mike.

Tu te définis
comme un artiste solo, mais Barth c'est en fait toute une
équipe avec les habituels Axel Concato, Mike Pelanconi
et consorts.
C'est vraiment une
famille. Il y a deux moments. D'abord je fais mes morceaux
tout seul puis je déverse mes morceaux 8 pistes
sur le 24 de Mike, puis on fait des photos avec les potes.
Pour le son, on bosse ça avec les Anglais.
Tu te verrais travailler
sans eux ?
Je ne me pose même
pas la question. Peut-être que le prochain je le ferais
plus tout seul, pour revenir un truc plus dépouillé
avec peut-être un trompettiste par là. Mais
je n'en sais rien c'est vraiment mouvant, tout dépend
de l'évolution des autres aussi.
On peut dire que
la promotion de "Cuchillo" est soignée,
tu penses que ce disque peut être important pour toi,
la suite ?
C'est parce que j'ai
un éditeur qui est très bon (Vincent Mayrolles).
Ici d'ailleurs est un super partenaire mais j'ai cette chance
d'être propriétaire de toutes mes bandes. Si
demain on veut travailler avec un label scandinave, on peut.
Travailler où on veut, c'est une sacrée liberté.
Ca permet d'aller travailler à l'étranger
et aussi par conséquent pouvoir faire des tournées
à l'étranger.
On sent pas mal d'ambition,
des cordes, des univers plus, comment dire, plus ouverts,
espacés...
On a tout monté
d'un petit cran, par exemple on est passé d'un 16
pistes à un 24 pistes. Le son est plus clean, il
y a plus de violons. Je pense que ça se ressent mais
ce n'est pas une débauche d'argent, c'était
une envie pour les arrangements de corde, l'écriture
est fondamentalement différente. C'était super,
il y avait des tensions humaines, parce qu'il y avait de
l'argent en jeu, à 6000€ le quart d'heure tu
fais gaffe !
Mais toujours en
gardant cet univers pop/dub, une case que tu es un peu le
seul à occuper dans notre beau territoire.
J'ai tellement l'impression
d'être inconnu en France et c'est le cas... Je n'ai
pas beaucoup d'affinités sauf avec mes potes. D'ailleurs
Axel sort un disque fin de l'année. Je trouve que
le microcosme parisien est vraiment petit, ça manque
sacrément d'urgence. C'est ce qui me manque le plus
de la scène anglaise.
D'où t'es
venu l'idée de cette nouvelle image western-spaghetti
?
Avec Vicente Sahuc,
on avait parlé vaguement de faire une pochette d'album
ensemble et puis on avait parlé du film "Cuchillo"
(un western spaghetti des 70's). Puis on est partis cinq
jours en Argentine, et je le vois arriver à l'aéroport
avec un gros sac, il avait ramené 35 mètres
de tissus et sa machine à coudre ! Donc il m'a fait
un super costume puis on a pris des clichés pendant
le séjour et ça a donné cette pochette.
Pour avoir ce saut-là on a fait au moins 200 prises!
J'aime bien l'impression donnée par cette pochette,
on peut croire que c'est tiré d'un film et en fait
non.
L'image que tu donnes
a l'air importante pour toi, non ?
Oui j'adore ça.
C'est un truc qui nous intéresse tous dans la bande
puis ça me ferait chier d'avoir une pochette pourrie,
euh elle est bien non? (rires)
Mais il n'y a aucun concept. Je n'ai pas fait un album sur
le cinéma italien des 70's.
Propos recueillis par Vincent Le Doeuff
Photos Julien
Bourgeois
Merci à Melissa et Florian
A lire également,
sur Barth :
la chronique de "Under
the Trampoline" (2006)
la chronique de "Cuchillo"
(2008)
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