Battles - Mirrored

26/06/2007, par Frédéric Antona | Albums |
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BATTLES - Mirrored
(WARP / Discograph) [site] - acheter ce disque

BATTLES - MirroredLes références, j'aime bien ça. Trouver des similitudes d'un artiste avec un autre, cela permet de donner une assise stable à son propos, ça rassure. Et lorsque le disque qu'on écoute ne vous évoque aucun groupe connu, on fait comment ? On s'attarde sur la musique, tout simplement...
La musique de "Mirrored", voilà une bestiole difficile à décrire. Premier indice : Battles a été signé par Warp, le label qui signa, entre autres, Aphex Twin et Grizzly Bear. Il est donc peu probable que l'on entende de la pop sucrée et scintillante au cours des onze morceaux qui composent "Mirrored". Et en effet, on se trouve ici dans un royaume sonique trafiqué : les rythmiques sont déchaînées, à l'image de la guitare doublée sur "Race : In", ça s'affole, ralentit puis redémarre de plus belle. Les voix, qui pourraient conférer une dimension humaine à l'affaire, sont ici filtrées, accélérées, pour donner la sensation d'être face à un gang de gamins détraqués et maniaques façon Chucky, ou à une bande de Gremlins déjantés. Ecoutez "DDiamondd", vous comprendrez de quoi il s'agit exactement.
J'avais très peur de retomber avec cet album dans un sombre délire de type rock progressif, mais il y a ici deux éléments qui démarquent Battles de cette tendance : la surprise et le malaise. Chaque morceau sait prendre l'auditeur à rebrousse-poil, les changements d'ambiance viennent totalement perturber l'écoute (comme sur "Rainbow", et son orgue malade), il n'y a dans cet album aucun titre pouvant répondre au qualificatif de "chanson". S'il est possible de trouver des similitudes avec d'autres artistes, il faut davantage rechercher du côté de King Crimson, à l'époque de "Red", une ambiance métallique et acérée. Les riffs sont assénés de manière sèche, claquante, avec virtuosité. Sur "Tij", la partie de guitare de "Race : In" est reprise, ralentie, alourdissant considérablement le tempo, et accroissant encore davantage la sensation de malaise. Au milieu de "Leyendecker", ces voix accélérées reviennent nous hanter, encore une fois. Saletés de cauchemars.

Frédéric Antona

Race : In
Atlas
Ddiamondd
Tonto
Leyendecker
Rainbow
Bad Trails
Prismism
Snare Hangar
Tij
Race : Out

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