BEN
CHRISTOPHERS
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Tu en connais certains, Perry Blake par exemple
?
Je ne le connais
pas personnellement,
mais sa musique oui. Françoise Hardy
s'y connaît vraiment, j'espérais la voir
pendant que je suis ici, mais elle est occupée par la promo
du disque, donc ce sera pour la prochaine fois… car en fait,
je ne l'ai jamais rencontrée en personne, on correspond
par internet.

Qu'est-ce que tu connais par ailleurs de la musique
française ?
Il y a un groupe français que j'aime beaucoup,
Telepopmusik, qui avait sorti un album il y a deux ans ("Genetic
World", ndlr). C'était un album génial
et je les avais vus dans un festival il y a environ un an,
mais je ne sais pas ce qu'ils font en ce moment. Sinon,
il y a aussi un autre "artiste" que j'aime,
dont j'écoute tout le temps le morceau en ce
moment, une sorte d'artiste hip-hop, Carlito. Il a
un morceau vraiment "méchant" sur son album, ça
s'appelle "Kif Kif" et c'est tout
simplement fantastique. Je trouve qu'il y a quelque
chose qui fonctionne bien entre le français et le
hip hop. J'étais récemment en Norvège
où j'ai écouté du hip-hop local,
et c'était aussi très cool. C'est étrange, ça
peut ne pas marcher, ça dépend du rythme de
la langue.
On
t'imagine volontiers des affinités avec
des musiciens très esthètes comme Neil Hannon,
Rufus Wainwright, Maximilian
Hecker. Est-ce que le rapprochement
te semble pertinent ?
En quelque sorte oui, je
crois, parce qu'ils n'appartiennent pas vraiment à la
musique "mainstream", et ils survivent comme ça.
J'aime beaucoup Rufus Wainwright, depuis son premier
album, je le trouve impressionnant, mais il est très
différent de moi. Il y a tellement de styles de musiques
maintenant, je crois que c'est l'un des plus
intéressants moments de l'histoire, on peut
tout faire, oser n'importe quel style, country avec
hip-hop, rock et rap, etc.
En
un sens, c'est aussi un moment délicat
pour les jeunes artistes à cause d'une certaine
crise de l'industrie musicale.
Dans ce sens, c'est l'un
des pires moments de l'histoire,
et c'est effectivement très
difficile pour les artistes
: il y a des labels qui disparaissent,
des fusions entre maisons
de disques. Mais ça va
aller mieux, il y a un
salut pour l'industrie musicale,
la musique est toujours plus "populaire" maintenant,
les gens sont en attente,
notamment de shows live.
Mais la meilleure chose arrive
avec internet qui a transformé notre
façon de vivre et la façon dont la musique
agit : désormais, un artiste peut apparaître
son propre site web, parler
aux gens quand il le veut,
dire ce qu'il veut. C'est
une période très
excitante. En tant qu'artiste,
j'ai vraiment vu la différence, on peut contrôler
beaucoup mieux ce qu'on
veut faire, et les gens
peuvent télécharger
ce qu'ils veulent, c'est
fantastique. Je crois que
les majors ont trop longtemps
tenu les artistes par les couilles, et maintenant,
c'est vraiment une bonne
chose que les artistes
puissent dire : "OK, je ne peux
pas avoir un "deal", alors je vais aller en tournée
et si j'arrive à vendre mes 2000 singles, ce
sera déjà ça". Il faut un certain
courage, monter juste dans
sa voiture, y aller à pied
ou en train, et persévérer. Un artiste comme
David Gray a fait ça, puisque personne ne s'intéressait à ce
qu'il faisait, personne
ne voulait le diffuser à la
radio. Alors, c'est vraiment
excitant quand on arrive
finalement à attirer l'attention
et que les majors sortent
ensuite avec le chéquier
et te demandent "combien
tu veux ?" C'est bien de
se retrouver dans une situation
comme celle-là plutôt que d'être
endetté dès le début par rapport aux
majors.
Tu
seras seul sur scène ce soir, c'est un
choix, une préférence ?
J'aurai quelques-uns de mes
samplers et autres appareils électroniques,
mais sinon ce sera moi
et ma guitare, un beau petit concert (confirmation du public,
ndlr). J'aime vraiment chanter
tout seul, être plus "en contrôle" de
tout, mais j'aime aussi
la camaraderie du groupe, de la collaboration. Il y a quelques
années, j'ai
tourné avec Tori Amos à travers toute l'Europe,
et il n'y avait que moi
et mon ingénieur du
son. On a voyagé en train, on n'avait pas de
bus pour cette tournée, c'était son équipe à elle
qui transportait mon matériel. On n'avait que
nos valises avec nous,
en France, Hollande, Allemagne, Autriche, Belgique, Italie.
J'avais un air terrible quand on
a fini, à force de voyages de 8 heures, c'était
vraiment dur.
Des
plans pour une tournée après ça
?
En fait, ça va finir ce soir avec le concert de Paris,
et je vais recommencer l'année prochaine, avec
les Etats-Unis. Je vais faire une tournée en Angleterre
puis en Irlande dans trois semaines, et l'année
prochaine, je serai de retour en Europe. J'aime tourner,
c'est plus amusant que de rester à la maison
et regarder la télé.
Propos
recueillis par Gabriel et David.