Bertrand Belin - Interview

20/10/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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BERTRAND BELIN

Avec "Hypernuit" son troisième album, Bertrand Belin creuse plus encore son sillon dans le champ fertile de la pop française aux côtés d'artistes qui sont sa famille musicale (JP Nataf, Barbara Carlotti, Albin de la Simone, Bastien Lallemant...). On l'imaginait dandy ou chanteur de salon un peu à l'image de sa musique, on rencontre un garçon nuancé doublé d'un musicien chevronné qui découd les étiquettes que tout le monde lui colle.

Bertrand Belin, par Julien Bourgeois

Comment es-tu passé de musicien à chanteur ?
Je ne sais pas quoi dire. Il n'y a pas eu un avant et un après. J'ai le sentiment de m'être toujours exprimé que ce soit en qualité de musicien et guitariste qu'en qualité de chanteur. La seule différence c'est que, depuis quelques années, je signe des disques en mon nom.

Y'a-t-il eu un déclic particulier ?
Non pas du tout. C'est juste le fait de se sentir des capacités pour faire plus que ce que je faisais déjà. En fait, j'écrivais des chansons depuis déjà très longtemps. J'en ai écrit adolescent, puis un peu plus tard. J'en ai même enregistré assez souvent. Et puis un beau jour, quelqu'un a bien voulu les publier. Mais le déclic, je n'ai pas eu besoin de l'avoir. Souvent, on dit ça, "tiens il a longtemps préféré l'ombre et puis maintenant il vient au devant de la scène". Comme s'il y avait une soif de lumière. En réalité il ne s'agit pas tellement de ça. J'ai toujours chanté, j'ai toujours fait de la musique. Depuis l'âge de 14 ans, je fais des concert. C'est donc une suite logique.

Comme ça, a priori, je te sens assez éloigné de la culture rock, des singles etc. Qu'est-ce qui a forgé ton univers musical ?
Le rock'n'roll américain justement (Gene Vincent, Eddie Cochran) et puis Johnny Cash, Hank Williams, Roy Orbison. J'ai écouté tous ces types assez tôt parce qu'on faisait des reprises dans les cafés avec mon grand frère. Ça a eu une assez grosse influence sur moi. Depuis, j'ai écouté de tout, du folk et de la musique orchestrale classique et contemporaine de la fin du XIXe et du début du XXe.

En ayant le désir d'en comprendre les règles ?
Oui bien sûr. Vers l'âge de 26 ans, j'ai suivi un enseignement tardif de solfège et d'harmonie tout à fait succinct. Je me suis alors passionné pour l'harmonie et je me suis même mis au violon. Le violon m'a entraîné vers la découverte de compositeurs et d'œuvres bien précises qui m'ont tenu en haleine. Du coup j'ai développé une culture classique assez fragmentaire. En revanche j'ai acheté les partitions des concertos que j'écoutais...

Est-ce que cela a influencé ton travail d'écriture de chansons ?
Ça m'a influencé de façon suffisamment grossière pour arranger mes chansons, oui. Mais je ne sais pas trop dans quelle mesure.

Est-ce que tu te reconnais des pères dans la chanson ?
Non, je ne me reconnais pas de pères en particulier.

As-tu fait le choix de chanter en français à un moment donné ?
C'est plutôt l'inverse : chanter en anglais participe plus d'un choix que de chanter dans sa langue maternelle. Je ne me suis jamais posé la question de chanter en français. Bien sûr il faut un peu la torturer pour lui faire faire des choses qu'elle ne veut pas faire naturellement mais la langue française est un beau matériau que je ne connaîtrai jamais assez et que je veux encore parcourir. C'est une entreprise que je mène de façon empirique. Je ne suis pas quelqu'un de lettré, je n'ai pas fait d'études.


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