Bertrand Betsch - La Chaleur Humaine

album de la semaine du 28/02/2007, par Aurélien Gaidamour | Albums |
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BERTRAND BETSCH - La Chaleur Humaine
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BERTRAND BETSCH - La Chaleur HumaineBertrand Betsch revient donner une suite à son beau "Pas de Bras, pas de
chocolat" : pour les retardataires, c'est le moment de plonger dans "La Chaleur humaine", son quatrième album depuis 1997, et de faire (enfin !) connaissance avec cet auteur-compositeur nettement plus intéressant et attachant que le tout-venant de la "nouvelle scène française" dont on nous rebat les oreilles. Musicalement, c'est un peu une sorte de cousin éloigné de E, le leader de Eels : les deux hommes cultivent le même amour pour les ambiances plutôt mélancoliques (voire franchement sombres), le même sens de l'évidence mélodique (on est souvent proche de la comptine) et la même façon d'habiller les morceaux avec simplicité, en utilisant toutes sortes de sonorités rappelant le monde de l'enfance (synthés et orgues volontiers "Bontempi", orchestres symphoniques de poche). Dans la série "un orgue, une voix", le dépouillé "Au Cinéma" n'est d'ailleurs pas sans évoquer le "Souljacker part II" de l'Américain.
Les morceaux de "La Chaleur humaine" sont autant de petites vignettes fragiles et un peu cabossées. Avec pudeur, en utilisant des mots simples, directs et touchants, mais toujours avec une espèce de violence intérieure plus ou moins contenue qui transparaît dans la voix, Bertrand Betsch chante les choses de la vie : les peines (de ce côté là, pour lui, rien de nouveau) et les joies (sensiblement plus présentes, quant à elles, cette fois-ci). Ainsi, ce "Mon Ami" apaisé, ce "Main dans la main" plutôt guilleret, ou encore le morceau "Ce Ventre-là", sympathique manière d'envisager l'avenir. Quelque soit le registre, la justesse de ton est presque à tous les coups remarquable, et quand les procédés d'écriture sont un peu transparents et faciles (la liste agaçante à la Amélie Poulain de "J'aime bien"), les petites faiblesses des paroles sont largement compensées par la qualité des arrangements. Bref, Bertrand Betsch sait sortir des sentiers battus, comme il le prouve avec sa reprise étonnante du fameux "Bang Bang" écrit par Lee Hazlewood (qui tient plus de la version de Sheila que de celle de Nancy Sinatra et qui ne tourne franchement pas rond).
"La Chaleur humaine" est un disque abouti qui donne chaud au coeur : ce serait franchement dommage de passer à côté.

Aurélien Gaidamour

Au cinéma
Mon ami
La Chaleur humaine
Romance
Les Gens qui s'aiment
J'aime bien (1)
La Fin des colonies
Bang Bang
Parce qu'il
Toute ma vie dans tes bras
O Les Beaux Jours
Ce Ventre-là
J'aime bien (2)
Main dans la main
Les Vents contraires


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