Bilan 2013 - Confirmations et révélations

08/01/2014, par , , et Julien Sauvageot | Bilans annuels |
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Ducktails

Ducktails

Ducktails est le projet parallèle de Matt Mondanile, membre des excellents Real Estate, et “The Flower Lane” est son premier disque à bénéficier d’un enregistrement professionnel en studio et d’une sortie à grande échelle (sur Domino). Balancé entre des miniatures aériennes cousines de celles de Real Estate ("Ivy Covered House" et "The Flower Lane", imparable doublé d'ouverture) et un soft-rock radiophonique partageant avec le "Kaputt" de Destroyer un goût plutôt audacieux pour le strass des années 80 ("Under Cover" et son saxophone cheesy, "Sedan Magic" avec la voix de Madeline Follin de Cults, "Letter of Intent" avec la tout aussi délicieuse Jessa Farkas, cf. clip ci-dessus), l'album dessine titre après titre une fascinante mosaïque d'influences pop parfaitement dans l'air du temps (allant de Felt à Prefab Sprout). Outre la merveilleuse reprise de "Planet Phrom", signée à l'origine par Peter Gutteridge (The Clean, The Chills) en 1989, c'est peut-être l'acoustique "Academy Avenue" (rappelant les accents familiers de Bradford Cox) qui rend le plus finement compte de l'habileté de ce garçon discret qui gagnera sans doute à continuer à voler de ses propres ailes. Derrière ses atours modestes, assurément l’un des grands disques pop de l’année. (J.S.)

San Fermin/Lucius

San fermin

 Lucius

San Fermin ou l’un des miracles pop de cette année 2013. Le premier album du groupe de l’instrumentiste surdoué Ellis Ludwig Leone nous aura offert une incroyable odyssée musicale de 17 titres, entre pop orchestrale et folk dépouillé. Un disque épique, brillant, sans égal chez les jeunes groupes actuels, qui devrait être porté sur les scènes européennes au printemps.

Deux des vocalistes de l’album de San Fermin, Jesse Wolf et Holly Laessig, sont également les talentueuses chanteuses (lookées comme de vraies jumelles) du quintette Lucius. Un groupe qui nous a séduits aussi bien sur disque que sur scène (il a joué au festival des Inrocks en novembre) par sa fraîcheur, sa maîtrise vocale et instrumentale et la richesse de ses mélodies, le tout évoquant une “update” du meilleur de la pop des années 60 et 70. Brooklyn still rules. (V.A. et H.B.)

Parquet Courts

Portrait Parquet Courts

Tout droit sortis d’une cave new-yorkaise, ces quatre garçons faussement branleurs, aux trois quarts originaires du Texas, ont fait forte impression. Leur album “Light up Gold” (leur deuxième, mais le premier à arriver jusqu’à nous, via le label Pias), joué pied au plancher, leur a valu de flatteuses comparaisons avec les Modern Lovers, Pavement, The Fall, Sonic Youth, ou l’actuelle scène garage californienne. Quelques mois plus tard, le EP “Tally All the Things That You Broke” a confirmé le talent du groupe en élargissant son spectre musical. Mais c’est surtout sur scène que ces jeunes gens impressionnent : précis, soudés, fulgurants, ils laissent peu de répit à des spectateurs sonnés. Si l’on voulait une preuve qu’en 2013 ce bon vieux rock était encore bien vivant, c’est sans doute ici qu’il fallait chercher. (V.A.)

Un portrait du groupe

Petit Fantôme

 

Petit fantôme

On n’attendait pas vraiment Petit Fantôme pour cette année, Pierre Loustaunau ayant déjà son quota de projets en cours. Et pourtant, ce qui était juste “une collection de chansons”, une mixtape, “Stave”, aura fait l’effet d’une bombe. Inspirée, passant de l’intime à l’énergie brute, elle réaffirme le talent du jeune homme, l’un des plus éminents représentants de la pop française. Et les confirmations sur scène ont fini de faire grandir ce fantôme si précieux, que l’on va suivre à la trace ces prochains mois. (M.C.)

Von Pariahs

Von pariahs

Ils ne sortent pas de nulle part, les Von Pariahs. Cela fait plusieurs années que leur nom circule, surtout après chacun de leurs passages sur scène, que ce soit au Printemps de Bourges et ailleurs. Les commentaires étaient toujours les mêmes, louant la puissance du groupe, son énergie qui renverse tout sur son passage, ses morceaux tendus au maximum. L’enregistrement d’un album pouvait sembler risqué, mais “Hidden Tensions” est un superbe faire-part de naissance, celui d’une formation à part en France. Et qui n’a rien perdu de son talent live, ce qui les rend d’autant plus passionnants. (M.C.)

Tropical Popsicle

Tropical Popsicle

Bien que s’inscrivant plus ou moins dans le revival psyché, assurément l’une des grosses tendances de 2013, les Californiens de Tropical Popsicle (à l’origine projet solo du chanteur et guitariste Tim Hines) ont fait moins de vagues que d’autres cette année. Leur premier album “Dawn of Delight”, sorti en France par le label bordelais Talitres, en écoute intégrale sur leur Bandcamp, ne manque pourtant pas d’arguments. Mélodies à la fois lancinantes et évidentes, orgue envoûtant semblant tout droit sorti d’une vieille série B, guitares Byrds revisitées Creation (le label) circa 86, talent certain pour tisser des atmosphères étranges voire inquiétantes avec trois fois rien : ces Glaces à l’eau n’inventent peut-être pas grand-chose mais ne manquent pas de goût. Oublié de la plupart des tops de fin d’année, ce disque est un petit chef-d’œuvre en mode mineur. (V.A.)

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