Bilan 2013 - Vétérans et revenants

06/01/2014, par , , ChloroPhil et | Bilans annuels |
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Petit tour d'horizon de ceux que l'on avait perdus de vue, et que l'on est contents de retrouver, mais aussi de ceux qui ont toujours été là pour notre plus grand plaisir.

 

Dead Can Dance

Dead Can Dance

Dead Can Dance is (a)live ! Du moins il l’était l’année dernière, portant de nouveau à la scène son album come-back de 2012, le très recommandable (à défaut d’être extrêmement novateur) "Anastasis". Comme il est fort possible que Lisa Gerrard et Brendan Perry reprennent bientôt leurs activités respectives, et que le duo retombe ainsi dans un sommeil prolongé, c’était le moment ou jamais de les voir en chair et en os. L’occasion de constater que même dans une salle pas franchement chaleureuse (le Zénith de Paris) ou dans le contexte délicat d’un festival (Beauregard), la magie opère toujours. Malgré la solennité de la musique, et l’attention respectueuse des fans, les concerts n’avaient pas trop l’air de grand-messes. Si Lisa n’était pas très diserte, Brendan prenait plaisir à parler un peu au public, visiblement touché par son accueil. Après plus de trente ans de carrière (avec un long hiatus du milieu des années 90 à la fin des années 2000), Dead Can Dance apparaît plus que jamais comme une formation totalement à part, réductible à aucun genre, qui aura su au fil des ans et des disques fédérer des publics très divers sans jamais galvauder sa musique. Respect. (V.A.)

Lloyd Cole

Lloyd Cole

Comment être au présent sans se départir d'un passé riche d'expériences mais somme toute écrasant ? A cette interrogation, Lloyd Cole a répondu cette année avec "Standards", album qui marquait un retour à l’électricité (plutôt basse tension) après des années de régime country-folk. En suivant une formule somme toute éternelle - la succession de titres rapides et de ballades plus introspectives -, il livrait, à 52 ans, son album le plus engageant depuis une dizaine d’années voire plus, que certains critiques ont même comparé à "Rattlesnakes", son impérissable coup d’éclat avec les Commotions dont on fêtera en 2014 le trentième anniversaire. Au-delà de la nostalgie, le propos s'avère encore parfaitement actuel : la relation complexe à l'autre, entre la perte et le désir, ne semble pas vouloir s'épuiser. Un baume, sans doute, face au temps qui passe. Une année bien remplie pour Lloyd Cole, puisque outre une tournée solo acoustique en Europe qui a réservé comme toujours des moments chaleureux, est également sorti son album d’électro ambient enregistré avec le mythique vétéran Hans-Joachim Rœdelius (Cluster), dévoilant une facette méconnue de ses intérêts musicaux. (V.A. et H.B.)

Interview

Prefab Sprout

Alors qu’on ne l’attendait plus, ce cher Paddy McAloon nous est revenu cette année après une longue éclipse avec un neuvième album de Prefab Sprout (son dernier véritable album date tout de même de 2001), ce groupe qui n'en a jamais été un, mais plutôt une machine entièrement dédiée à ses immenses ambitions. "Crimson/Red" se présente à nous comme un objet singulier, indatable, un résumé assez juste de ce qu'a produit le songwriter dans la deuxième moitié des années 80, la démesure en moins. Il faut se laisser faire, pour être emporté par l'infinie délicatesse de ces arrangements mille-feuilles, ici quelques nappes synthétiques, là un orgue ou un harmonica ponctuant une ligne vocale. Le charme opère dès lors, à l'écoute de ces titres moins faciles qu'il n'y paraît. Plus désarmé que jamais, Paddy McAloon nous a offert une véritable cure de jouvence. (H.B.)

Dean Wareham

Dean Wareham

Dean Wareham, 50 ans cette année, a toujours été épargné par la hype. Un groupe à l’existence brève mais extrêmement influent (Galaxie 500), un autre qui n’aura pas vraiment profité de l’explosion du rock indé dans les années 90 (Luna), un duo charmant avec sa tout aussi charmante épouse, qui elle non plus ne fait pas ses cinquante ans (Dean & Britta), et aujourd’hui les débuts d’une carrière solo : si la forme change, le fond reste toujours à peu près le même, élégant, un peu détaché, rendant hommage aux grands anciens – Velvet en tête – sans pour autant s’acharner à sonner rétro. Le single “Love Is Colder Than Death” (merci Rainer Werner…) et le mini-album "Emancipated Hearts", produits par Jason Quever des Papercuts, le voient revenir au dépouillement sonore et mélodique de son premier groupe, dont il continue d’ailleurs à jouer les morceaux sur scène pour notre plus grand plaisir. (V.A.)

Compte-rendu du concert au Point Ephémère le 07/12

 

Holden

Holden 1

Ce qui ne change pas chez Holden, depuis une bonne quinzaine d’années, c'est le brio avec lequel le duo (augmenté de quelques musiciens) arrive à marier des textes en français et des mélodies pop illuminées, le tout avec une élégance remarquable. Des mélodies et des textes fragiles comme du verre, une magie qui opère dès les premières notes/paroles de chaque chanson ("Il n'y a rien de plus beau que l'ombre de ta bouche sur le carreau"). La voix d'Armelle est une caresse chaude, teintée de mélancolie. Une voix qui n'a peut-être jamais été autant mise en valeur que sur "Sidération", le disque que le groupe a sorti en 2013, financé par ses fans. Une voix qui, tout au long de l'album, partage la vedette avec la guitare envoûtante de Mocke. En allant à l’essentiel, Holden semble avoir trouvé une nouvelle jeunesse. (ChloroPhil)

Interview

Mendelson

Un astre noir, sans équivalent dans la production française. Parfois comparé à "L’Imprudence" d’Alain Bashung, le triple album sorti par Mendelson en 2013 est d’une grande exigence, combinant des textes à la rare portée littéraire (du réalisme social à l’autofiction) et une énergie (post-)rock unique. Pascal Bouaziz, parfaitement épaulé, signe pour quelques-uns LE chef-d’oeuvre français de l’année, et même de la décennie, tout simplement. (H.B.)

Interview (1re partie)

Interview (2e partie)

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