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BENJAMIN BIOLAY - A L'origine
(EMI / Virgin)
[site] - acheter
ce disque
On
n’en a pas fini avec Benjamin Biolay : vite catapulté nouveau
Gainsbourg, ou compositeur
et arrangeur de génie, on le
sent engoncé dans
une semi-posture qui
ignore les médias tout en y apparaissant régulièrement.
Et, évidemment, à chaque nouvel album, la question
de la filiation, et
des influences, va se
poser : héritage de la chanson française
ou envolée
vers des paysages anglo-saxons
; populisme à tendance obispienne ou exigence d’écriture
forcément
plus confidentielle ?
Biolay semble condamné à la
pirouette perpétuelle, mais se plie volontiers à l’exercice, évoluant
finalement tranquillement
entre reconnaissance
médiatique large et qualité d’écriture.
Sur son album en duo avec Chiara, "Home", de fines ballades s’enchaînaient
avec
délicatesse et légèreté. Le projet "A l’Origine",
est plus ambitieux, et forcément moins léger, mais aussi plus long
en bouche : une vraie
réussite, qui égrène des morceaux souvent denses, aux orchestrations
riches mais toujours originales, comme l’évoque le titre : Biolay
ne choisit pas toujours
le dépouillement, mais évite les fioritures (il suffit d’entendre
les subtils entrelacements de guitares sur "Me voilà bien" ou
les
cordes
sur la plupart
des morceaux).
Bien entendu on reste dans la chanson française : Françoise Hardy
chante sur deux morceaux, et les paroles restent dans la langue de Molière, évoquant
tour à tour un Miossec (en moins brut), ou un Florent Marchet
(en plus sophistiqué mais moins drôle). Dans la voix, une certaine
gravité,
souvent mélancolique,
mais pas de pathos, malgré des titres risqués
: "Adieu triste amour", "Mes peines de cœur", "Ma chair
est tendre". Qui plus est, BB évite les sentiers battus par des
arrangements inspirés à
la dynamique inattendue : voir l’époustouflé "Cours", ou
l’électronique "L’Appât", qui côtoient
les plus classiques mais mélodiques
"Paris, Paris" ou "Me Voilà Bien". C’est d’ailleurs
sur ce terrain de la mélodie
que l’album tient décidément la route, Biolay ne sombrant
jamais dans la facilité à cet égard.
Variant les styles, et le tempo, "A l’Origine" trouve son
unité dans
cette gravité sensuelle et inspirée qui, malgré les apparences,
ne doit rien à personne.
David Dufeu
A L'Origine
Mon Amour m'a baisé
Ma Chair est tendre
Même si tu pars
Ground Zero Bar
Dans mon Dos
L'Histoire d'un garçon
Cours
Paris, Paris
L'Appart
Me voilà bien
Adieu Triste Amour
Tant Le Ciel était sombre
Mes Peines de coeur
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