Birch Book - Interview

02/07/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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D'où vient ton intérêt pour les musiques folk traditionnelles et pour les musiques plus expérimentales ?

L'exploration de la musique folk traditionnelle c'est pour moi une quête des archétypes de l'imaginaire humain en tant que patrimoine culturel. Le fait que je m'intéresse aussi à la musique expérimentale c'est pour explorer le côté "non humain" de la réalité, le côté naturel des choses.

Birch Book, par Guillaume Sautereau

De quelles musiques traditionnelles te sens-tu proche en particulier ?
Objectivement, des musiques traditionnelles européennes et nord-américaines dans leur ensemble. Je suis vraiment passionné par certaines formes de folk et de musiques classiques comme la musique indienne que je n'ai pas encore assez bien étudiée. J'espère le faire davantage.

Tu es musicien et aussi luthier à tes heures, peux-tu nous expliquer ce qui t'intéresse dans la création d'instruments ?
Pour moi, créer mes propres instruments me permet d'étudier les lois relatives au son et les différents moyens de le produire en acoustique. Cela me permet aussi d'explorer des esthétiques visuelles et tonales en les incarnant à travers la musique.

Quelle est la différence entre tes deux projets, In Gowan Ring et Birch Book ?
Vu de l'extérieur, Birch Book contient des influences musicales nord-américaines alors qu'In Gowan se rapproche d'un esprit folk british et européen plus expérimental...

...Avec Birch Book, tu es revenu à un songwriting plus classique, non ?
C'est sans doute parce que je me suis mis à écrire un paquet de chanson qui ne semblaient pas appeler d'embellissements superflus. C'est plus un projet qui porte sur la chanson et les paroles, moins sur les textures et le son. Même si les deux aspects m'intéressent.

Qu'est-ce qui t'importe le plus dans ton travail d'écriture : la mélodie, le son, la traduction d'émotions précises ?
Oui, la mélodie compte beaucoup pour moi. Quand je ne suis pas satisfait c'est souvent lié à un déficit de sens mélodique, à un sentiment de confusion ou à un manque de cohésion géométrique du morceau. Du coup, il perd en énergie ou en pertinence. Et tu as raison aussi pour la recherche de son et la traduction d'émotions. Mais parfois, en fait, c'est juste une sorte de recherche d'un sentiment approprié. Ce que je veux dire par là, c'est que la composition c'est comme une sorte de thérapie ou d'"enquête existentielle".

On m'a dit que tu t'étais aménagé un petit studio analogique, quel est ton but ?
Pour moi, c'est une façon de me rapprocher d'un processus d'enregistrement plus naturel. J'aime bien réparer des vieux trucs, bidouiller de l'électronique et chiner des équipements sonores. Ça fait longtemps que je m'intéresse à l'électronique, bien que je n'aie pas une grande expertise en la matière. Pour moi, c'est vraiment un mystère... Voir toutes ces forces qui circulent à travers des chemins bien précis. Évidemment l'électricité c'est ce qui fait tourner notre monde si matérialiste pour le meilleur et pour le pire...

Considères-tu que tu viens d'une culture pop ou que est-ce plus complexe que ça ?
J'ai l'impression que ma musique fait appel à autre chose, qu'elle requiert une certaine écoute ou un certain état d'esprit qui n'a pas grand-chose à avoir avec de la musique jetable que tu écoutes pour te distraire. Cela dit, il existe différents degrés dans la musique pop. Les meilleures chansons sont celles qui ont les deux fonctions : te distraire et aussi résonner plus profondément en toi. Je pense que parfois ma musique peut avoir un côté pop mais le plus souvent pas trop quand même (rires).

Site MySpace de Birch Book

Propos recueillis par Luc Taramini
Photos de Guillaume Sautereau
Merci à Carole

 

 

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