Blind-test - tUnE-yArDs

22/06/2011, par | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Révélée il y a deux ans par "Bird-Brains", étonnant premier album résolument lo-fi et do-it-yourself, accompagné de prestations scéniques d'une intensité impressionnante, tUnE-yArDs, alias Merrill Garbus, est revenue ce printemps avec "Whokill", un disque plus accessible mais tout aussi original que le précédent. S’y mêlent en boucles tourbillonnantes des influences variées, r’n’b énergique, électro, rythmes africains, folk, rock bruitiste, la voix très expressive et protéiforme de Merrill servant de liant entre toutes ces directions musicales. D’où l’idée de soumettre la très sympathique et enthousiaste Américaine à un court blind-test avant qu’elle ne file prendre son train.

tUnEyArDs


1. John Jacob Niles - The Ballad of Barberry Ellen

"Qui c'est ?" (en français) Ah oui, je le connais. (Elle écoute) C'est vraiment bien. Et intéressant, parce que mes parents sont tous les deux des musiciens folk. J'ai beaucoup entendu ce genre de musique en grandissant. Forcément, ça me parle.

2. Moondog – Up Broadway


Oui, je reconnais, mais son nom m'échappe. Moondog, bien sûr ! Sur ce morceau, il utilise des sons ambiants de la rue, les taxis, les voitures… C'est quelque chose que je fais constamment moi aussi. Quand on entend ses enregistrements réalisés en extérieurs, on a vraiment l'impression d'y être, face à lui. D'ailleurs, j'ai joué dans la rue aujourd'hui à Paris ! J'aime l'idée qu'il puisse y avoir de la musique dans des endroits "non-conventionnels", pas seulement dans des salles où l'on paie pour avoir le droit de l'écouter. La musique doit être pour tout le monde.

3. Jolie Holland - Enjoy Yourself

(Elle écoute longuement en riant par moments). Elle rit en chantant, c'est vraiment drôle. J'aime ce côté très spontané. J'ai mis deux ans pour réaliser mon premier album, mais j'ai tenu à garder cet aspect improvisé. En fait, c'est pour cela que ça m'a pris autant de temps : je voulais "capturer" les sons au bon moment plutôt que d'essayer de tout créer en studio. Le nouveau m'a aussi demandé beaucoup de temps, parce que je voulais trouver quelque chose de neuf et de vivant, qu'on n'ait pas déjà entendu avant, même si ça faisait déjà un an et demi que je jouais la plupart des morceaux.

4. The Mgabaga Queens - Maphuti


On devrait arrêter l'interview pour que je puisse écouter le morceau en entier ! (rires) C'est merveilleux. Ça vient d'où ? Soweto ? Je suis très touchée par la joie qui s'en dégage, malgré le contexte social et politique difficile qui a vu naître ces chansons.

Je crois que tu as passé une partie de ton enfance en Afrique ?

Je n'ai pas vraiment grandi là-bas, je suis juste allée à l'école au Kenya pendant six mois. Mais j'ai des proches qui y ont vécu et l'Afrique a toujours eu une grande importance pour moi. J'ai aussi été beaucoup marquée par l'album "Graceland" de Paul Simon dans mon enfance. D'ailleurs, en ce moment, beaucoup d'artistes occidentaux se penchent de nouveau sur la musique de ce continent, qui est plus accessible qu'avant.

5. Missy Elliott – Get Ur Freak On

Missy Elliott ! Ce genre de production est assez fascinant. Il n'y a quasiment rien, juste deux batteries (elle chante la fameuse boucle sur laquelle est bâti le morceau). C'est très épuré. Ma musique l'est aussi, nécessairement, car nous ne sommes que deux sur scène, mon batteur Nate Brenner et moi. Nous avons donc beaucoup d'espace, d'un point de vue sonore. Il y a une part de risque, de danger, presque, qui est inhérente à nos concerts et les rend uniques. Pour en revenir au r'n'b, la production sur certains disques de Beyoncé est vraiment étrange. Ça reste à l'intérieur d'une forme pop, ce qui fait que les gens l'acceptent facilement, mais c'est vraiment de l'avant-garde !

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews