Blonde Redhead - 3 O' Clock EP

06/03/2017, par | Single |
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Blonde Redhead - 3 O' Clock

Les trois de New York, on ne veut plus les quitter chez POPnews. Aprés une tournée qui vient de se terminer en France, avec une interview de Simone Pace en ces pages, plongée dans leur dernier EP 4 titres, "3 O Clock".

On fête les un peu plus de vingt ans de carrière de Blonde Redhead, ce trio cosmopolite de New York – d'un côté la japonaise Kazu Makino, de l'autre les frères jumeaux et italiens Amedeo et Simone Pace. Un groupe qui a su, c'est le moins que l'on puisse dire, se renouveler et s'affirmer dans diverses nuances stylistiques. 

Pourtant, malgré les partis pris diamétralement différents d'une période du groupe à l'autre, se dégage une cohérence de l'ensemble, comme la longue couture d'un canevas que l'on tisse laborieusement. Ce qui court tout au long de cette discographie, c'est ce sens du climat sans doute hérité pour les frères Pace de leur éducation classique. Chez Blonde Redhead, que ce soit dans leur période noise comme avec des disques plus pop, ce qui prime toujours, c'est un rapport à l'arrangement. On les a hâtivement rapprochés en un autre temps de Sonic Youth pour cette même réappropriation de l'expérimentation, celle que l'on retrouve chez Karlheinz Stockhausen. On les a parfois comparés à Gainsbourg mais on devrait sans doute d'abord citer Jean-Claude Vannier pour son travail pour les instruments à corde et les jeux avec les Ostinato.

Ce qui est brillant chez Blonde Redhead, c'est leur capacité à trousser la chanson pop à tiroirs qui dit bien plus qu'elle ne montre, à l'instar du titre qui donne son nom à l'EP. La voix minaudante et sensible de Kazu Makino ne laissera personne de marbre. D'ailleurs, cet EP est construit en deux parties distinctes, avec "3 O'Clock"' et "Golden Light" chantée par la Japonaise, et "Where Your Minds Wants to Go" et "Give Give" par Amedeo Pace.

"Golden Light" évoquera sans doute justement Vannier pour ces arrangements de cordes et de cuivres, mais le morceau s'émancipe de toutes les références par son seul magnétisme. Certains choix d'instrumentation évoqueront ici et là Alan Hovahness ou encore Kaada. Ce tropisme pour la musique contemporaine trouvent des débuts de réponse dans la participation du American Contemporary Music Ensemble déja entendu avec Johann Johannsson sur son "Orphée" ou encore Max Richter sur "Sleep".

On y entend aussi le violoniste Eyvind Kang, proche de John Zorn et de Mike Patton. Ce qui prouve encore cette envie de Blonde Redhead de puiser dans l'underground pour se reconstruire encore et encore.

Il se dégage des quatre titres une mélancolie soyeuse, comme une sortie du tunnel. "Where Your Mind Wants to Go" rappellera discrètement le Beirut des débuts avec ses impressions de fanfare apatride, quand "Give Give" perturbe des orientalismes de pacotille et de frou-frou.

Bien souvent, les EP ne sont pas des disques accessoires chez Blonde Redhead. Ce superbe "3 O Clock" ne déroge pas à la règle car on entend bien une continuité avec "Barragan", mais avec quelques points de suspension qui laissent présager d'un futur meilleur encore et excitant toujours pour Blonde Redhead. 

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  1. 01.3 O Clock
  2. 02.Golden Light
  3. 03.Where Your Mind Wants to Go
  4. 04.Give Give

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