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BOULDER DDASH
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Je suppose naturellement que tu n’as cherché à copier personne. Mais quand même, à qui as-tu pensé en faisant cet album ?
Depuis que j’ai commencé Boulder dDash j’ai peu ou prou les mêmes influences. Elles me collent depuis une petite dizaine d’années. Elles vont du Mellow Gold de Beck aux premiers Sebadoh. Et avec le temps, il y a eu un apport mélodique électronique qui s’est greffé à tout ça. Du côté de Michiko Kusaki, qui a commencé sur Angelika Koehlermann d’ailleurs. Ca a énormément orienté mon ouverture vers la composition mélodique. Hypo également. Et sur un niveau plus international, un peu comme tout le monde en électronique, j’ai été complètement foudroyé par un label comme Warp. Mais tu as dû remarquer quand même que l’apport électronique n’est pas du tout majoritaire sur l’album. C’est plus pour la ponctuation de l’album, dans les arrangements. Je ne sais pas si c’est ce que tu as voulu dire par "disque de guitariste", mais je suis assez content que ce disque soit perçu comme issu davantage d’une culture rock’n roll que d’une culture électronique.
C’est là que vient la critique habituelle concernant toute cette scène : c’est du rock qui avance avec un nez rouge, ou avec un masque.
Je ne vais pas essayer de défendre Active en réponse à ces critiques. Je pense qu'ils n'ont pas besoin de moi pour ça. Tu t’aperçois qu’il y a un gros revirement de situation avec tous ces labels français qui sont arrivés en même temps. Ils restent un peu électroniques avec un disque par-ci par-là, mais ils s’ouvrent vers le rock, ils s’ouvrent vers le hip hop. Je n’ai rien contre le fait qu’ils fassent autre chose. Qu’ils sortent des bons disques et point à la ligne. Mais j’ai l’impression qu’avec toute cette remise en question, Active Suspension est en train de se dire "vu que l’électronique est en train de flancher c’est le moment où jamais de continuer à en faire". Même quand j’écoute le disque le plus rock de chez Active, c’est à dire le dernier, le Davide Balula (NDLR : Pellicule), j’ai plutôt l’impression d’entendre du rock qui a été filtré par Fennesz.
Pour en revenir à cette scène, je ne veux pas m’en exclure. J’ai été accueilli à bras ouverts par des labels comme Active et Clapping. Je suis très heureux de travailler avec eux. Je les respecte depuis l’époque où j’étais uniquement dans leur public. Je suis très heureux si Boulder dDash vient s’y agréger, mais c’est extérieur à tout ça. C’est un projet que j’ai créé quand j’avais 14 ans, quand j’étais tout seul comme un con dans ma chambre et que je m’évertuais à faire du Nirvana avec une basse et une boîte à rythmes. Ca, ce n’est pas parti, même si j’essaie de faire des choses plus personnelles. Ce côté rock, j’espère qu’il ne mourra jamais chez moi.
Pour l’instant, tu as les yeux rivés sur cet album je suppose. Tu envisages quelque chose au-delà mis à part dDamage ?
J’ai un album en préparation avec Hypo, qui sera un foutoir. On va se remixer mutuellement, on fera des morceaux ensemble, il y aura des inédits de l’un et de l’autre, des collaborations à divers degrés. Autrement, j’espère avoir le temps dans les mois à venir de commencer un nouvel album de Boulder dDash seul. Mais c’est un petit peu compromis parce que je suis vraiment en train de me noyer sous le boulot. Je vais me concentrer énormément sur la sortie du dDamage avec beaucoup de concerts et des démarches qui vont prendre beaucoup de temps. Et puis il y a ce disque de hip hop qu’on a commencé avec mon frère. Et parallèlement, c’est quelque chose de nouveau chez moi, j’ai envie de me lancer de plus en plus dans un travail de production. J’ai vraiment envie de prendre un artiste sous mon aile et de produire son album de A à Z. Je pense en priorité à ma petite sœur qui a fait un morceau sur la compilation Toxic Girls, sous le nom de Milky-me.
propos recueillis par Sylvain photo de Vincent Sannier
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