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BRIGHT EYES - Fever and Mirrors
(Wichita recordings / import)
Autant vous le dire tout de suite c'est pas encore aujourd'hui qu'on va rigoler. Maladie, rupture, suicide, manque, perte, mort, pendaison, trahison, déception, colère, rage, froid, obscurité, ciel gris, pluie diluvienne, cercueil, poussière, boue, souffrance et mensonge ne sont que quelques un des aspects de la musique de Conor Oberst, l'homme a tout faire de Bright Eyes. En écoutant sa musique on a l'impression que l'homme qui se vide les tripes en face de nous est centenaire et que sa vie a été plus noire que celles de Nick Drake et de Ian Curtis réunis. En fait Conor n'a que vingt ans. Mais ca fait deja sept ans qu'il écume les studios d'enregistrements au sein de divers combo proto punk d'abord puis tout seul depuis la création de Bright Eyes (deja deux albums et plusieurs ep).
Conor Oberst fait partie de ces songwriters qui, de Will Oldham a Bill Callahan (Smog) en passant par Epic Soundtrack, nous ont appris que souffrir était beau. Et la souffrance de Conor (comme la beauté de ses chansons) est extrême. Pas besoin de diplôme en psycho pour se rendre compte de la dépression profonde dont souffre le garçon. Même cinq boites de prozac et une histoire Belge n'arriveraient pas à le dérider. Il faut dire qu'il est suffisamment atteint pour répondre tout de go "ma mère et mes cinq frères sont morts noyés dans la baignoire de mon appart" à un pauvre journaliste qui n'avait rien fait d'autre que de lui dire "bonjour". Du côté musique Bright Eyes propose des chansons bâties autour d'une guitare centrale que Conor torture avec délice pour en tirer des sons d'une fureur rare qu'un vibraphone, un moog et quelques bribes de bruits ambiants viennent tenter d'apaiser. Nue et rêche, mais joliment travaillée la musique évoque tour a tour Epic Soundtrack et Neutral Milk Hotel, en fait une sorte de Cat Power au masculin, les nerfs à fleur de peau.
"Fevers and Mirrors" entre folk et pop-rock tortueux fait peur et c'est merveilleux.
Gildas
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