Brisa Roché - Interview

08/09/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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BRISA ROCHÉ

Avec ses tenues et ses coiffures extravagantes, sa voix acidulée, on pourrait la croire haut perchée la Brisa Roché. Eh bien pas du tout ! Cette Californienne résidant en France mène sa petite entreprise avec pragmatisme. Il faut que ça speede, que ça bouge, que ça avance et si possible en mode énergie rock. Tel est le message de son troisième album "All Right Now". Portrait d'une impatiente qui a de la suite dans les idées.

Brisa Roché


Qu’est-ce qui est à l’origine de l’écriture de ce disque ?
Ça ne vient pas de moi, je suis dépendante du timing des investisseurs. Avec le groupe, on aurait bien aimé continuer à tourner par exemple. Mais quand les ventes commencent à baisser, on te fait comprendre qu’il est temps de penser au prochain album. Désolé ce n’est pas très mystique comme explication. Pour la création, je n’ai besoin de rien du tout. S’il fallait écrire un album là maintenant, je le ferais. Je n'ai pas de blocage particulier. Il suffit qu’on me dise "vas-y maintenant" et hop, c’est parti. Ce qui a été important pour ce disque, c’est que pour une fois et grâce à la tournée de "Takes", j'étais entouré d'un groupe avec qui je me sentais en parfaite symbiose. Donc je voulais cristalliser ça et en profiter au maximum. Du coup, il était évident de faire un album de groupe. Je me suis quasiment interdite d’écrire toute seule pour que ce soit le plus possible une écriture collective. Voilà pourquoi je les ai emmenés chez mes parents, en Californie, pour composer et ensuite à New York pour enregistrer.

Pourquoi gardes-tu ce lien avec les Etats-Unis pour composer et enregistrer, c'était déjà le cas avec "Takes" ?
C’est surtout pour des raisons financières. Désolé d’être aussi terre-à-terre. Là-bas je peux séjourner gratuitement, avoir du matos moins cher et ne pas être interrompue toutes les trois minutes. Le précédent album ("Takes", ndlr) je l’avais composé à la montagne chez mes parents avec mon ordinateur, Protools et en empruntant du matériel à droite et à gauche. Cette fois-ci, il y avait plus de raisons encore. J’avais vraiment envie de faire découvrir ma région à mon groupe. En plus, je pouvais loger tout le monde, avoir de la nourriture à prix coûtant -mon beau-père possède un supermarché bio- je pouvais facilement emprunter du matos, je pouvais faire venir ma copine de Napa Valley qui nous faisait de la vraie cuisine californienne. Et comme le dollar est faible, j’ai pu obtenir un mois de résidence pour nous tous. C’était une vraie aventure, j’ai dû louer une camionnette pour aller chercher le groupe et les instruments à San Francisco, faire appel à un ingénieur électricien spécialisé dans le solaire pour installer un compteur chez mes parents, trouver des serviettes de table et de toilette pour chacun…

On est loin de la chanteuse...
Oui, là j’étais régisseur, maman, secrétaire, négociateur...

Et le cumul de toutes ces casquettes n'a pas été pas trop lourd à porter ?
Au total, ça faisait beaucoup, c’est sûr. Mais prises séparément, non parce que j’aime bien les challenges et que j’ai plutôt un tempérament de leader. Et là, je ne parle même pas de la composition, des arrangements, de l’ingénierie son pour capter toutes les maquettes… On aurait pu aller dans une maison en Belgique avec un service d’intendance mais ça n’aurait pas eu la même saveur. On a super bien composé et ce séjour a transformé le groupe.

 

 

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