BRISA ROCHÉ
Avec ses tenues et ses coiffures extravagantes, sa voix acidulée, on pourrait la croire haut perchée la Brisa Roché. Eh bien pas du tout ! Cette Californienne résidant en France mène sa petite entreprise avec pragmatisme. Il faut que ça speede, que ça bouge, que ça avance et si possible en mode énergie rock. Tel est le message de son troisième album "All Right Now". Portrait d'une impatiente qui a de la suite dans les idées.

Quest-ce qui est à lorigine de lécriture de ce disque ?
Ça ne vient pas de moi, je suis dépendante du timing des investisseurs. Avec le groupe, on aurait bien aimé continuer à tourner par exemple. Mais quand les ventes commencent à baisser, on te fait comprendre quil est temps de penser au prochain album. Désolé ce nest pas très mystique comme explication. Pour la création, je nai besoin de rien du tout. Sil fallait écrire un album là maintenant, je le ferais. Je n'ai pas de blocage particulier. Il suffit quon me dise "vas-y maintenant" et hop, cest parti. Ce qui a été important pour ce disque, cest que pour une fois et grâce à la tournée de "Takes", j'étais entouré d'un groupe avec qui je me sentais en parfaite symbiose. Donc je voulais cristalliser ça et en profiter au maximum. Du coup, il était évident de faire un album de groupe. Je me suis quasiment interdite décrire toute seule pour que ce soit le plus possible une écriture collective. Voilà pourquoi je les ai emmenés chez mes parents, en Californie, pour composer et ensuite à New York pour enregistrer.
Pourquoi gardes-tu ce lien avec les Etats-Unis pour composer et enregistrer, c'était déjà le cas avec "Takes" ?
Cest surtout pour des raisons financières. Désolé dêtre aussi terre-à-terre. Là-bas je peux séjourner gratuitement, avoir du matos moins cher et ne pas être interrompue toutes les trois minutes. Le précédent album ("Takes", ndlr) je lavais composé à la montagne chez mes parents avec mon ordinateur, Protools et en empruntant du matériel à droite et à gauche. Cette fois-ci, il y avait plus de raisons encore. Javais vraiment envie de faire découvrir ma région à mon groupe. En plus, je pouvais loger tout le monde, avoir de la nourriture à prix coûtant -mon beau-père possède un supermarché bio- je pouvais facilement emprunter du matos, je pouvais faire venir ma copine de Napa Valley qui nous faisait de la vraie cuisine californienne. Et comme le dollar est faible, jai pu obtenir un mois de résidence pour nous tous. Cétait une vraie aventure, jai dû louer une camionnette pour aller chercher le groupe et les instruments à San Francisco, faire appel à un ingénieur électricien spécialisé dans le solaire pour installer un compteur chez mes parents, trouver des serviettes de table et de toilette pour chacun
On est loin de la chanteuse...
Oui, là jétais régisseur, maman, secrétaire, négociateur...
Et le cumul de toutes ces casquettes n'a pas été pas trop lourd à porter ?
Au total, ça faisait beaucoup, cest sûr. Mais prises séparément, non parce que jaime bien les challenges et que jai plutôt un tempérament de leader. Et là, je ne parle même pas de la composition, des arrangements, de lingénierie son pour capter toutes les maquettes
On aurait pu aller dans une maison en Belgique avec un service dintendance mais ça naurait pas eu la même saveur. On a super bien composé et ce séjour a transformé le groupe.
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