Call Gate - Alone at the Coucou

25/07/2006, par Frédéric Antona | Albums |
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CALL GATE - Alone At The Coucou
(Odette) [site]

CALL GATE - Alone At The Coucou Pff, c'est bien ma veine... Il est minuit tout juste et je viens d'insérer le dernier album de Call Gate dans le lecteur. J'avais la tête pleine de sunshine pop, illuminé par les ritournelles néo-sixties des Pipettes et le charme de leurs robes à pois. Et soudain, dès les premiers accords de
"Bad With Her", le réel revient à la charge, et toute la mélancolie qu'il porte en lui.
On évoque souvent Arab Strap comme point de comparaison avec Call Gate, c'est assez juste, bien que l'ambiance générale rappelle, à certains endroits, les disques de Portishead, ces albums qui incarnaient si bien la grisaille de leur époque (le milieu des années 90) : le son de la réalité. Après un premier album remarqué ("Home Sweet Home" en 2004), Call Gate signe ici un opus au tempo lent et obsessionnel, où les rythmes soutenus ne sont que très rarement lancés. Comme une retenue, une pudeur. "Hate me" échappe à la règle, mais on sent toutefois derrière le beat une sorte de tension, un malaise.
Les titres des morceaux, "Hurting", "Bad With Her", "Cowards Beat Me", ouvrent sur des climats pesants, sombres. "Bad With Her", sa caisse claire remplie d'écho, son accordéon, tous ces regrets et ces nuits sans sommeil... Poignant.
Sur un titre comme "I Fear the worst" (ce titre, déjà...), je ressens des réminiscences du Bowie de "Lodger", ou des Talking Heads à l'époque de "Remain in Light". Très Eno, en fait. La dimension folk de Call Gate se retrouve sur "Slug's Mug", bizarrement plus chaude et rassurante que le reste de l'album, même si la voix reste sépulcrale.
Un morceau caché, sur des bases rythmiques faites de samples et de boîtes à rythmes, développe une douce mélodie qui, à peine apparue, s'éteint... pour révéler un nouveau morceau en mid-tempo, avec un chant susurré, tandis que le violoncelle tire doucement les larmes de l'auditeur, et le sax glisse vers les dernières mesures, comme sur "Caroline, No", ou "Walk in the Wild Side"... Call Gate réussit avec "Alone at the Coucou" à réconforter et exacerber le manque, simultanément. Ce qui explique que l'on revienne à l'album régulièrement, mais jamais pour les mêmes raisons.

Frédéric Antona

Bad With Her
I Jumped the Light
I Fear the Worst
Hate Me
Cowards Beat Me
Hurting
New
Little Beat
Hidden
Bullshit
Slug's Mug


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