Centenaire - Interview

01/10/2007, par Luc Taramini | Interviews |
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Signé sur le label Chief Inspector, Centenaire est le nouveau projet de Damien Mingus (My Jazzy Child), Axel Monnaud "Orval Carlos Sibelius", Aurélien Potier et Stéphane Laporte (Domotic). Croisant leurs influences respectives (classique, jazz, rock et folk) autant que le bois de leurs instruments, ces quatre-là jouent une pop de salon, feutrée et aventureuse, qui évoque les pérégrinations musicales de Robert Wyatt ou Pentangle, sans déférence ni mimétisme stérile. Si leur musique est exigeante, leur quête reste assez simple : écrire de belles chansons serties dans leur écrin de velours. Peu importe le reste. Rencontre avec quatre garçons pas forcément dans le vent mais bien de leur temps, autour d'une tasse de thé.

Comment est né ce groupe ?
Damien : Je connais Aurélien qui est violoncelliste depuis dix ans. On a fait plein de groupes ensemble. On a créé un site web de MP3 qui s'appelait "Evènement" il y a cinq ou six ans. On avait aussi lancé plusieurs projets d'improvisation. Ensuite, on a rencontré Axel via le label Clapping Music, on a sorti ensemble "Orval Carlos Sibelius". Et Stéphane, c'est via Clapping Music et Active Suspension. Notre rencontre est liée à ces labels-là. Ensuite, j'ai demandé à Aurélien et Axel de m'aider à préparer une série de concerts pour My Jazzy Child. On a commencé à répéter ensemble sur une base acoustique et, rapidement, on a eu suffisamment de matière pour sortir un premier album. Entre temps, Stéphane est arrivé...

Quel était le but avoué de cette formation, écrire des chansons ou improviser et voir ce qui allait sortir ?
Aurélien : Au départ, il s'agissait de faire les morceaux de My Jazzy Child mais très vite, d'autres morceaux sont apparus qui ont donné matière à la création de ce groupe.

Damien : Souvent, on part quatre ou cinq jours à la campagne et on improvise. On enregistre tout et dès que quelque chose nous plaît, on l'approfondit. Si au départ, ça part d'improvisations, c'est toujours dans l'optique d'écrire des chansons.

La configuration de votre groupe étant assez particulière, avez-vous des modèles plus ou moins avoués ?
Aurélien : Je ne pense pas qu'on ait des artistes de référence en commun. On a tous des influences différentes.

Damien : Au début, Aurélien était dans sa phase Bert Jansch. Avec nos instruments acoustiques, la guitare douze cordes, le charango, le violoncelle, c'est vrai qu'à un moment ça m'intéressait de voir comment un groupe comme Pentangle pouvait aborder l'acoustique dans une formule un peu "progressive".

Qu'est-ce qui vous intéresse le plus, l'approche du son ou les mélodies ?
Stéphane : C'est un peu les deux. Quand on improvise, il y a parfois des passages qui fonctionnent bien à la fois au niveau de la mélodie et du son.

Axel : Souvent, on part d'un motif harmonique assez simple que l'on creuse. Ensuite, on fait attention aux textures entre les instruments pour que ça sonne bien.

Damien : Oui, ça nous donne aussi des repères pour avancer. On a un tableau avec un système de notation pour les morceaux. On bosse ceux qui ont le plus d'étoiles !

Vous pratiquez les concerts en appartement, pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Damien : En fait, c'est un peu une contrainte que l'on s'est fixé pour nos répétitions après avoir connu les studios de répét'. Le fait de sonner acoustique s'y prête bien aussi. Au fur et à mesure des répétitions, des gens ont commencé à venir nous voir puis c'est nous qui avons proposé à des amis de jouer chez eux... Voilà, c'est parti comme ça et ça continue encore.

Il y a une différence entre jouer dans un appartement et sur une scène, notamment au niveau sonore. Comment arrivez-vous à passer de l'un à l'autre ?
Stéphane : C'est assez compliqué en fait. Nos premiers concerts sur scène étaient assez déstabilisants parce qu'on était habitué à entendre le son direct de nos instruments. Sur scène, on n'a pas forcément conscience de ce que les gens entendent, il faut tout amplifier et, en même temps, essayer de respecter le timbre des instruments.

Damien : Comme on a beaucoup d'instruments acoustiques, ça veut dire beaucoup de micros donc un son différent. Ça nous est aussi arrivé de jouer en acoustique avec juste les voix reprises.

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