Chapelier Fou - Interview

16/01/2013, par | Interviews |
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C'était il y a quelques mois, Chapelier Fou nous parait de son album "Invisible", voici donc (enfin) cette discussion avec un musicien pas comme les autres.

 

Tu es là pour "Invisible", ton second album. En es-tu content, déjà ?
Je suis content, voire fier.

Satisfait de l'enregistrement ?
Oui, tu sais, je fonctionne toujours de la même manière, toujours tout seul, très autonome...

Justement, ce n'est pas un peu pesant parfois ? Tu n'as jamais ressenti le besoin d'avoir un oeil extérieur sur ta musique ?
Pas vraiment... Je peux en avoir, des gens qui écoutent ce que je fais, Stéphane Grégoire le fait, quand je les joue en live, mon ingé son me donne du feedback, mais j'aime bien faire les trucs un peu dans mon coin, et ça me va bien. A l'opposé, je ne pourrais vraiment pas faire une vraie session de studio "à l'ancienne", je ne pourrais pas m'enfermer pendant une semaine. J'aime travailler sur la longueur.

Un morceau peut te prendre longtemps ?
Un an, sans problème.

Tu commences, tu arrêtes, tu reprends ?
Oui, ça m'arrive, je peux, entre l'écriture et la production, faire 70% au début et le reste un an après.

Ce processus d'écriture très autonome génère-t-il chez toi une angoisse au moment de présenter le résultat final ?
Ah, c'est une question intéressante... C'est vrai qu'il y a un peu de mystère, je bosse tout seul, et même au niveau de Stéphane, je lui balance les trucs. Je pense que c'est idiot de se mettre la pression, je ne fais que de la musique. C'est mieux si ça plaît, mais ça ne sert à rien de penser à la perception, je le fais comme j'en ai envie.

Tu n'as aucun contrôle sur comment les gens vont recevoir ta musique.
Oui, tout à fait. On ne fait pas de la musique pour ça, si on commence à rentrer dans une optique de plaire, c'est pas intéressant. Le but, c'est d'aller au bout de quelque chose, de proposer du neuf, et si c'est pas apprécié, tant pis...

Tu parles de nouveauté, et justement, tu évites bien le piège de la redite... Et comme tu es tout seul, ça t'est arrivé de te dire "Ah ça, je l'ai déjà fait" ?
J'essaie d'éviter ça à mort. j'expérimente tout le temps, et si je me retrouve à faire quelque chose que j'ai déjà fait, je m'emmerde.

Donc c'est quand tu sens l'ennui que tu sais que tu fais fausse route ?
Exactement. Quand je fais un truc qui me botte et que j'avance, j'ai de l'enthousiasme, une dynamique. S'il n'y a pas d'enthousiasme, le morceau n'a pas de raison d'être, c'est qu'il n'y a pas d'idée et je passe à autre chose. Après, des fois, une pause dans le morceau peut être salutaire, permet de voir un truc nouveau, mais la plupart du temps, tu sais, tu sens. Il faut se faire confiance.

Chapelier Fou

C'est différent d'écrire un album par rapport à un EP ? Tu penses à l'album en globalité ?
Un peu moitié-moitié. Il y a des titres que je jouais avant, et même si c'est un sacré boulot, je n'avais "plus" qu'à les enregistrer, faire de la production, apporter un nouveau regard. J'avais environ la moitié en théorie, et le reste, je "complète", je me fais plaisir, sans penser au live, j'enregistre spontanément et j'y penserai plus tard. Mais j'ai souvent fait comme ça en fait, des morceaux avec un vécu live, et des morceaux que je fais pour compléter, sans que ce soit péjoratif. Je pense à "Shunde's Bronx", "Le Tricot", ou "Fritz Lang".

Mais sur le disque, tu es obligé d'arrêter une forme, non ?
Oui, ça fige en quelque sorte, c'est la fixation d'un moment, c'est un choix surtout. C'est ce que les gens retiendront : cas extrême, je suis mort, c'est ce qui reste de moi. Il faut faire un choix... (soupir) Mais c'est comme ça : choix de forme, choix de durée, quand tu commences à saturer, c'est aussi salvateur de dire stop.

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