Cheval Sombre - s/t

07/05/2009, par Frédéric Antona | Albums |
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CHEVAL SOMBRE
(Double Feature Records) [site] - acheter ce disque

CHEVAL SOMBRE - S/tLes rythmes et transes du Velvet Underground passés au filtre du psychédélisme avaient trouvé une concrétisation à l'orée des années 1980, avec des groupes aussi importants que les Spacemen 3, The Jesus and Mary Chain ou Galaxie 500. Ces combos noyaient batterie, guitares et voix dans une mer d'écho qui rendait leur musique à la fois irréelle et insaisissable. Ces groupes partageant une vision musicale bien spécifique, il est finalement assez logique que nous trouvions certains des membres de ces formations autour du premier album solo de Christopher, poète new-yorkais sévissant sous le pseudonyme francophile de Cheval Sombre. Après avoir publié sur les labels Static Caravan des 45 tours à tirage très limité et se vendant aujourd'hui à prix d'or, l'artiste s'est attelé à la réalisation d'un premier album sous la houlette de Sonic Boom (aka Peter Kember, connu comme membre des Spacemen 3 et comme leader du projet Spectrum), et bénéficiant de la participation de Dean Wareham et Britta Phillips, membres des excellents Luna et du combo Dean & Britta. Que peut-il résulter d'une telle association de talents ? Un nouvel hymne au slowcore !

On retrouve sur ce premier album les chansons issues des 7 inches de Cheval Sombre (à l'exception de quelques faces B), une reprise du "Hyacinth House" des Doors, et de nouvelles compositions placées dans la même tonalité, l'ensemble ayant été composé dans l'appartement de Christopher donnant sur l'Hudson River. L'originalité de Cheval Sombre tient à la dimension folk d'un certain nombre de titres, enrobés de claviers lysergiques et d'effets sonores suintant l'éther ("It's Been all Around This World"), de boucles de claviers obsessionnelles ("It's a Shame"), qui rapprochent bien évidemment le travail de Christopher des univers des Spacemen 3 ou de Spiritualized ou des disques ambient de Brian Eno, mais également des dérives acoustiques et nocturnes de David Thomas Broughton ou d'Okay. Certains titres, rythmiquement plus appuyés, font mouche : "A Little Bit of Heaven", pièce folk onirique dont le léger bourdonnement en arrière plan n'est pas sans rappeler celui du sitar dans la musique indienne, annonçant le moment de la transe. Le clou du disque reste "I Found It Not So", chanson acoustique bénéficiant d'une orchestration des plus sobres, avec juste quelques arpèges de guitare électrique flottant autour de la mélodie acoustique du morceau. Les morceaux présentent une grande unité sonore, et l'ensemble sonne comme une fusion du Bowie des années européennes et du troisième album du Velvet Underground. Ce qui est, vous le savez, la même histoire. Pour compléter idéalement cet album hors du temps, procurez-vous au plus vite le 45 tours "I Found It Not So", qui recèle en face B une version magique du classique des Supremes "Where Did Our Love Go ?", non présente sur l'album. Irréel et très impressionnant.

Frédéric Antona


It's a Shame
Little Bit of Heaven
Troubled Mind
Julie Don't Go Down
I Get Around
I Found It Not So
I Sleep
Hyacinth House
The World Is Wrong
I've Been All Around This World
The Strangest Thought I Never Had


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