Cheveu - Jeudi 6 février, La Maroquinerie, Paris

15/02/2014, par | Concerts |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Ce soir-là, Cheveu lance son troisième album “Bum” (titre à interpréter comme on veut…) sorti chez Born Bad, et il y a beaucoup de monde pour l’attraper. La Maroquinerie affiche même complet, et, arrivé un peu tard, on doit se faufiler pour avoir une vue correcte de la scène. Pour le son, pas de souci : les trois affreux ne sont pas réputés pour faire dans la dentelle et ont déjà dû fusiller quelques tympans imprévoyants. Boîte à rythmes éclopée, guitare stridente, synthés torturés, voix à interner d’urgence : Cheveu perpétue, sur un mode délicieusement absurde, une certaine idée du rock alternatif d'ici, veine électro-punk plutôt que franchouillarde.

 1

Si le nouvel album paraît mieux peigné, plus accessible que les précédents (même s’il va sans doute falloir attendre encore un peu pour une nomination aux Victoires de la musique), le trio reste adepte d’un son sale, agressif, “garage”. Que David Lemoine chante en français ou en anglais de cuisine (ses deux compères assurant les chœurs), on n’y comprend pas grand-chose. Et peut-être n’y a-t-il pas grand-chose à comprendre à des chansons intitulées “Juan in a Million” (ouaf ouaf) ou “Madame Pompidou” (hein ?), deux des plus saillantes de “Bum”. Mais au milieu de tout ce non-sens, de cette récup’ façon brocante sonore et lexicale, il y a presque toujours un petit gimmick pop qui retient l’attention. Et, par moments, une étrange beauté, un peu lasse.

Comme toujours avec eux, il faut laisser passer quelques morceaux avant d’entrer vraiment dans le concert. Mais une fois que la machine tourne à plein régime, c’est assez fascinant, un mélange de dérèglement et de rigueur. Digne d’une soirée Gonzaï (au même endroit), le public s’échauffe peu à peu, des spectateurs s’enhardissent à monter sur scène pour faire du stage diving et slammer, et bientôt c’est David qui les imite, à plusieurs reprises. La fin de cette performance d’une grosse heure menace de déraper dans le chaos, le chanteur faisant passer dans le public claviers et pied de micro (qui, nous semble-t-il, lui ont été rendus en bon état). Un videur tente même un temps d’empêcher les invasions de scène… Ce soir-là, comme tous les soirs précédents, Cheveu n’était pas là pour les couper en quatre. Et c’est pour ça qu’on les aime.

Photo (d'autres à voir sur son site) par Christel Grignon.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews