Chromatics vs Chanel : une histoire d'amour ?

26/11/2012, par Christophe Despaux | Clips |
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Il y a quelque temps (on a du retard sur les clips), les Chromatics ont participé à la Semaine Sainte du Néant (i.e. la Fashion Week) en jouant sur scène quelques uns de leurs morceaux pour la maison Chanel. Bien belle histoire. Et ils en ont ramené une vidéo réalisée par leur clippeur attitré, Alberto Rossini, sur laquelle a été mixée un inédit - d'ailleurs excellent - "Looking For Love". Tout cela ressemble à un conte de fées, si ce n'est que les images de Rossini appliquées à la musique somnambule des Chromatics (oh, ce manque languide d'amour !) délivrent un tout autre message. Comme si un Just Jaeckin pudique se prenait pour Benito Mussolini. Démesure fasciste du décor à éoliennes (fichées sous la verrière du Grand Palais, genre...) étouffement du même (ces mannequins isolées par la caméra qui semblent absentes), ennui chic et vibrant, servilité latente sous la coupe d'un dictateur fantoche (Lagerfeld en automate remonté) : l'univers qui est dépeint ici est tout bonnement horrifique. Et la fixation visuelle sur les seventies (renforcé par les effets analogiques : grain, monochromie...) renvoie à cette attente infinie de l'amour (le mantra de la suave Ruth Radelet). Celui-ci peut-il surgir dans ces parages de putanat opiacé définitif ? Certes, non. L'amour n'est-il pas aussi froid que la mort, comme disait Fassbinder ? Oui, hein ? Belle expérience visuelle, en tout cas, qu'on veut croire finement critique...

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