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claire diterzi - interview - POPNEWS Février 2008

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CLAIRE DITERZI

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Depuis les années 2000, comment en êtes-vous venu à collaborer avec un chorégraphe, puis des gens de théâtre pour finalement développer ce goût de la mise en scène de vos concerts ?
C'est une question de hasard. Ça a fait boule de neige. Philippe Decouflé a assisté à un concert de Diterzi. Il m'a ensuite engagée pour sa pièce. La réalisatrice de "Requiem for Billy The Kid" m'a vue dans la pièce de Decouflé à Chaillot. Elle m'a commandé sa BO. Titouan Lamazou, en écoutant la BO du film, m'a aussi appelée, etc... Mais ce n'est pas moi qui vais vers ces gens-là.

Claire Diterzi, par Julien Bourgeois pour POPnews

Pour composer ce disque, avez-vous établi une sorte de cahier des charges des ingrédients que vous vouliez mettre ?
Oui, il est assez calibré. Déjà, avec le choix des onze œuvres qui sont le support d'inspiration des chansons. J'entendais la direction dans laquelle j'allais. Je savais qu'avec les sculptures, j'allais travailler à partir de rythmes pour rappeler le bruit du ciseau sur la pierre. Je savais que je voulais qu'on voyage dans le temps. D'où une chanson qui sonne un peu rétro. Je savais que je voulais qu'on rigole, ça a donné la chanson "A quatre pattes". Je voulais des choses très sensuelles aussi. Le fait de sélectionner ces œuvres, ça m'a permis d'entendre les choses en amont et d'équilibrer le disque. Au final, chaque chanson est différente mais l'album est cohérent.

Et côté voix il y a un travail remarquable. Aviez-vous des envies particulières ?
J'avais une couleur vocale en tête : Le Mystère des Voix Bulgares. J'ai vraiment voulu travailler sur les voix de l'Est qui ont une profondeur exceptionnelle. Ces voix me fascinent, elles sont puissantes, enfantines, précises. Elles sont cinquante et tout est millimétré. Sur scène avec mes choristes, j'ai réussi à retrouver une puissance qui s'en rapproche.

J'ai relevé une constante dans votre façon d'écrire des paroles : toujours ce vocabulaire sensuel, limite charnel…
Les œuvres que j'ai choisies représentent souvent la femme nue. Donc ce sont des œuvres qui me permettent d'écrire des chansons d'amour. Ce qui est un thème assez classique au final. En fait, ce disque parle de la femme, du couple, de l'amour. C'est vrai que j'aime bien les mots qui désignent le corps. Je ne sais pas écrire sur autre chose. Je serais incapable de faire une chanson politique par exemple. C'est vraiment la sensualité qui prime dans ce disque.

Quelles sont les artistes qui vous émeuvent aujourd'hui ?
Joanna Newsom me fascine. Sinon, le collectif flamand de danse Peeping Tom aussi. Ce qu'il fait est à tomber à la renverse. C'est à la fois de la danse et du théâtre et ça s'inscrit dans une trilogie "le jardin, "le sous-sol" et "le salon". J'ai vraiment pris une claque en les voyant. Sinon, le plus beau spectacle que j'ai vu c'est "After Sun" de Rodrigo Garcia. Je suis plus touché par le théâtre, la danse et le cinéma que par les concerts qui m'ennuient prodigieusement.

Le fait de côtoyer des comédiens et des danseurs en tournée, qu'est-ce que cela vous a apporté ?
Avec les danseurs, j'ai dû apprendre à épurer ma musique. J'ai dû aller à l'essentiel. Minimaliser les choses. Et ça a été un vrai choix face à Decouflé qui, au contraire, voulait engager plein de musiciens pour m'assister. J'ai dit non, je veux être toute seule avec ma guitare. Pour être sensible, j'avais besoin de me confronter seule aux danseurs. Quand un danseur lève la jambe jusque-là, qu'est-ce que je peux faire comme son pour accompagner ce mouvement ? Comment je peux stimuler les danseurs etc. Si on avait été cinquante musiciens, ça aurait été moins sensible.

Propos recueillis par Luc Taramini
Photos par Julien Bourgeois
Merci à la Ivox Team

Site de Claire Diterzi