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CLAIRE
DITERZI
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Depuis les années
2000, comment en êtes-vous venu à collaborer
avec un chorégraphe, puis des gens de théâtre
pour finalement développer ce goût de la mise
en scène de vos concerts ?
C'est une question
de hasard. Ça a fait boule de neige. Philippe Decouflé
a assisté à un concert de Diterzi. Il m'a
ensuite engagée pour sa pièce. La réalisatrice
de "Requiem for Billy The Kid" m'a vue dans la
pièce de Decouflé à Chaillot. Elle
m'a commandé sa BO. Titouan Lamazou, en écoutant
la BO du film, m'a aussi appelée, etc... Mais ce
n'est pas moi qui vais vers ces gens-là.

Pour composer ce
disque, avez-vous établi une sorte de cahier des
charges des ingrédients que vous vouliez mettre ?
Oui, il est assez calibré.
Déjà, avec le choix des onze œuvres qui
sont le support d'inspiration des chansons. J'entendais
la direction dans laquelle j'allais. Je savais qu'avec les
sculptures, j'allais travailler à partir de rythmes
pour rappeler le bruit du ciseau sur la pierre. Je savais
que je voulais qu'on voyage dans le temps. D'où une
chanson qui sonne un peu rétro. Je savais que je
voulais qu'on rigole, ça a donné la chanson
"A quatre pattes". Je voulais des choses très
sensuelles aussi. Le fait de sélectionner ces œuvres,
ça m'a permis d'entendre les choses en amont et d'équilibrer
le disque. Au final, chaque chanson est différente
mais l'album est cohérent.
Et côté
voix il y a un travail remarquable. Aviez-vous des envies
particulières ?
J'avais une couleur
vocale en tête : Le Mystère des Voix Bulgares.
J'ai vraiment voulu travailler sur les voix de l'Est qui
ont une profondeur exceptionnelle. Ces voix me fascinent,
elles sont puissantes, enfantines, précises. Elles
sont cinquante et tout est millimétré. Sur
scène avec mes choristes, j'ai réussi à
retrouver une puissance qui s'en rapproche.
J'ai relevé
une constante dans votre façon d'écrire des
paroles : toujours ce vocabulaire sensuel, limite charnel…
Les œuvres que
j'ai choisies représentent souvent la femme nue.
Donc ce sont des œuvres qui me permettent d'écrire
des chansons d'amour. Ce qui est un thème assez classique
au final. En fait, ce disque parle de la femme, du couple,
de l'amour. C'est vrai que j'aime bien les mots qui désignent
le corps. Je ne sais pas écrire sur autre chose.
Je serais incapable de faire une chanson politique par exemple.
C'est vraiment la sensualité qui prime dans ce disque.
Quelles sont les
artistes qui vous émeuvent aujourd'hui ?
Joanna Newsom me fascine.
Sinon, le collectif flamand de danse Peeping Tom aussi.
Ce qu'il fait est à tomber à la renverse.
C'est à la fois de la danse et du théâtre
et ça s'inscrit dans une trilogie "le jardin,
"le sous-sol" et "le salon". J'ai vraiment
pris une claque en les voyant. Sinon, le plus beau spectacle
que j'ai vu c'est "After Sun" de Rodrigo Garcia.
Je suis plus touché par le théâtre,
la danse et le cinéma que par les concerts qui m'ennuient
prodigieusement.
Le fait de côtoyer
des comédiens et des danseurs en tournée,
qu'est-ce que cela vous a apporté ?
Avec les danseurs,
j'ai dû apprendre à épurer ma musique.
J'ai dû aller à l'essentiel. Minimaliser les
choses. Et ça a été un vrai choix face
à Decouflé qui, au contraire, voulait engager
plein de musiciens pour m'assister. J'ai dit non, je veux
être toute seule avec ma guitare. Pour être
sensible, j'avais besoin de me confronter seule aux danseurs.
Quand un danseur lève la jambe jusque-là,
qu'est-ce que je peux faire comme son pour accompagner ce
mouvement ? Comment je peux stimuler les danseurs etc. Si
on avait été cinquante musiciens, ça
aurait été moins sensible.
Propos recueillis par Luc Taramini
Photos par Julien
Bourgeois
Merci à la Ivox Team
Site
de Claire Diterzi
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