Club 8 - Interview

22/12/2010, par Christophe Patris | Interviews |
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CLUB 8

Le Suédois Johan Angergård est un hyperactif : tête pensante de Club 8, membre des Acid House Kings, des Pallers et de The Legends, il tient aussi et surtout les manettes du mythiques label Labrador Records, maison-mère des Radio Dept., Sambassadeur et autres Pelle Carlberg. De l'indie pop à l'ancienne, que "The People's Record", nouvel album de Club 8, vient pourtant quelque peu secouer comme une bouteille d'Orangina. Rencontre avec les deux membres du groupe, Johan et Karolina, quelques heures avant leur tout premier concert en France.

 

"The People's Record", le nouvel album, marque un changement de style impressionnant dans votre musique. Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
Johan Angergård : Ces dernières années, j'ai eu l'occasion d'écouter beaucoup de musique brésilienne, de Tropicalia, mais aussi beaucoup de musiques africaines. Au même moment, Karolina et moi avions envie de faire un album plus enjoué, avec beaucoup de percussions. Notre première idée était d'aller au Brésil et d'y enregistrer un disque avec des musiciens locaux, mais ça n'a malheureusement pas pu se faire. On s'est alors dit que nous n'avions jamais travaillé avec un producteur - en fait je n'avais jamais travaillé avec un producteur sur aucun des groupes dont je fais partie - et j'avais envie d'essayer. Du coup, c'était le moment parfait pour enregistrer cet album plus vif que nous voulions, et que nous n'étions pas capables de faire par nous-mêmes, dans notre studio. L'envie de nouvelles sonorités et celle de travailler avec un producteur se sont donc bien combinées.

Le premier single s'appelle "Western Hospitality". De quoi s'agit-il ?
JA : Je voulais créer une ambiance de type "manifestation politique", mêlée à un sentiment de solitude au cœur de la foule. C'est une image très nette que j'avais en tête.
Karolina Komstedt : Peut-être que la chanson est un peu obscure, mais elle évoque en nous cette même image. Un peu comme dans ce film suédois de Roy Andersson, "Songs From the Second Floor".

Il y avait une intention politique ?
JA : Pas vraiment. C'était plus "l'idée de politique" que le message politique lui-même qui m'intéressait. Les chansons de l'album donnent cette impression de communauté, de "vivre ensemble", qui est inévitablement associée au sens politique... KK : Un peu comme la fête du premier mai.
JA : C'est vrai. Mais c'est avant tout l'émotion suscitée qui nous intéressait. Et quand nous l'avons enregistré, avec à certains moments dix personnes dans le studio, il se passait vraiment quelque chose. Chacun était le bienvenu.
KK : jusque-là nous avions toujours tout fait à deux, dans l'intimité. Là, il y avait vraiment un sentiment de "chacun peut faire ce qu'il veut. Bienvenue !".
JA : Nous avons d'ailleurs tout enregistré dans les conditions du live.
KK : C'est vrai, en à peine dix jours. Pour nous, c'est inédit : avant, nous prenions dix mois pour finir un album. Là, tout fut très rapide.
JA : Du coup, il y a comme une impression de carnaval sur le disque, où tout le monde participe et avance dans la même direction.

Les chansons préexistaient-elles dans un "style Club 8" plus traditionnel, ou sont-elles directement nées sous cette nouvelle forme ?
JA : Dans un premier temps, Karolina et moi avons enregistré des démos, à nous deux. Et après avoir écrit quatre ou cinq chansons, nous avons rapidement compris la direction que prenait l'album. C'est là que nous avons eu l'idée d'aller au Brésil, au lieu de quoi nous avons rencontré Jari Haapalainen, le producteur suédois de Camera Obscura, des Concretes, et que nous aimions beaucoup. Il aimait les mêmes choses que nous, tout s'est donc fait naturellement.


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