Vivian Girls, Battant - Concert "En attendant Les Femmes s'en mêlent", Paris, Point Ephémère, 13 février 2009

27/02/2009, par | Concerts |
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VIVIAN GIRLS, BATTANT - Soirée "En Attendant Les Femmes S'en Mêlent", Paris, Point Ephémère, 13 Février 2009

En attendant sa 12e édition, qui aura lieu du 15 au 30 avril, le festival Les Femmes s'en mêlent proposait dans un Point Ephémère bien rempli un avant-goût de sa programmation avec trois groupes féminins - ou du moins dotés d'une chanteuse - encore quasiment inconnus.

Retenu par diverses obligations, on arrive pour le dernier morceau de la première formation de la soirée, Lucy and the Popsonics. Suffisant pour apprécier la présence scénique de ce duo mixte brésilien (avec programmations), mais un peu juste pour juger de l'intérêt de leur electro-punk. Ce sera donc pour la prochaine fois.

Vivian Girls

C'est un trio 100 % féminin tout frais (leur premier album est sorti en mai de l'année dernière) qui leur succédait : les Vivian Girls de Brooklyn. Avec leur look post-grunge savamment négligé, leurs cheveux dans les yeux et leurs tatouages, elles arborent tous les signes distinctifs de l'underground new-yorkais. Musicalement, en revanche, ceux qui ont l'âge d'avoir connu intimement les années 80 pensent assez fort à des groupes anglais comme Talulah Gosh ou Shop Assistants. Pour résumer : de l'indie-pop mélodique et un peu noisy, une batterie à la Moe Tucker (jouée par un vague sosie d'Ugly Betty), une voix enfouie sous la guitare saturée, une basse légèrement en avant (était-ce voulu ou est-ce la balance qui avait été un peu vite expédiée ?), un amateurisme plus rafraîchissant qu'agaçant (des plombes pour changer une corde de guitare)... On peut regretter que tout cela soit aussi linéaire, à part le dernier morceau où les trois craquettes s'échangent les instruments. On reste quand même sur une impression plutôt favorable (un brin de nostalgie, peut-être, ou la frange de la bassiste...), à confirmer en avril. On leur conseille un planning de répétitions intensif d'ici là.

La soirée se terminait avec un groupe qui nous ramenait lui aussi aux années 80, mais dans un genre assez différent. De leurs tenues hyper sobres à leur son, les Britanniques de Battant rappellent fortement la new wave teintée d'électronique primitive telle qu'on la pratiquait au début de la décennie. Heureusement, le trio ne se contente pas de piller les premières références du catalogue Mute, mais impose dès le début de son bref concert une vraie personnalité. Si le guitariste et le clavier/bidouilleur posent des fondations solides, palliant l'absence d'une rythmique en chair et en os, c'est avant tout la chanteuse, Chloé, qui assure le spectacle. A la fois androgyne et sexy, elle apparaît comme l'héritière d'artistes ayant redéfini, dans l'après-punk, la place des femmes dans le rock : Siouxsie (le timbre de voix est assez proche), Annie Lennox, Linder (Ludus) ou Lesley Woods (Au Pairs). Aux titres plutôt cold du début succèdent des morceaux plus pop, dont certains sont de véritables tubes en puissance. On risque bien de vite se reprendre ce Battant dans la figure - et avec plaisir.


Textes et photos : Vincent Arquillière

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