Cotton Mather - Interview

album de la semaine du 24/07/2002, par Guillaume Sautereau | Interviews |
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Sur "The Big Picture", il y a des personnes extérieures qui sont venues vous aider à produire ?

Brad Jones a remixé "Kontiki" et nous avons décidé d'avoir une aide professionnelle pour cet album-là. C'est un très bon producteur, et un très grand ingénieur du son. C'était vraiment essentiel. Parce que, contrairement à "Kontiki", où nous avions à mettre en semble un énorme collage qui n'était pas enregistré en live. Mais pour "the Big Picture", on avait le groupe, alors on a enregistré en direct. Et on avait besoin de quelqu'un de bon pour capturer cela.

Vous avez finalement choisi Dave Fridmann pour mixer. Pourquoi ?
Il est excellent dans un studio. Et "the Big Picture" devait avoir une qualité cinématique. Je pensais que Dave serait très bon dans sa manière de mettre en avant certains moments d'importance secondaire. J'ai disséminé dans l'album un tas de petits évènements. Et je pensais que Dave comprendrait cela en les mettant en lumière. C'est assez marrant de travailler avec lui. Il a une sorte d'approche non-musicale… ou plutôt qui ne se soucie pas des morceaux. J'ai remarqué cela, et je voulais qu'il souligne certains aspects de ce disque.

Vous avez travaillé ensemble ?
Je me suis occupé de la balance générale. J'adore le son et cela s'est bien passé. On va continuer à faire de la musique ensemble.

Vous n'aviez pas peur de cette marque : "mixé par Dave Fridmannn", comme un autocollant sur votre disque ?
Oh non. J'ai pensé que ce serait une bonne chose au contraire, parce que j'ai apprécié l'artiste avec qui nous avons travaillé. Je crois que Cotton Mather appartient complètement à la scène avant-gardiste rock'n'roll pop music d'Amérique, au même titre que des groupes comme Wilco, Flaming Lips… et d'autres groupes intéressants qui explorent la face "inacceptable" de la musique "acceptable". Et je pense que nous sommes dans notre milieu. Et Dave le croit aussi.

Nous savons tous que Noel Gallagher est un grand fan de votre musique. Qu'est-ce que cela fait d'avoir une telle ombre derrière soi ?
Je ne crois pas qu'il soit une ombre derrière nous, mais plutôt une lumière. Une ombre interférerait plutôt avec le fait que les gens souhaitent écouter nos disques. Cela n'a rien de positif. On porte une attention à Noël que nous ne pouvons atteindre, car on appartient à un minuscule label en Angleterre, et ils ne peuvent pas faire beaucoup pour nous. Alors on a besoin d'évènements pour nous aider. Ce genre de personne peut nous aider.

Etes-vous des fans d'Oasis ?
Tout à fait. J'aime beaucoup qui ils sont, j'aime leur écriture, j'aime beaucoup leur façon de chanter. Oui, nous sommes des fans.

Pensez-vous que, comme vous, ils sont un peu marginaux dans le fait qu'ils restent "classiques" en n'utilisant pas l'électronique ?
Il y a toujours des modes. Et chaque chose fait son chemin. Je fais un peu d'électro, j'adore ca, mais je ne sortirais jamais ce que je fais en disque. Et au contraire, il y a quelque chose de véritablement gratifiant lorsque l'on joue en concert avec trois autres personnes, qui ne peut être dupliquée par une machine. Il y a une sensation, une spiritualité, une humanité et une communion autour de ce type de musique. Je ne peut reproduire cela sur mon ordinateur, et peut-être que les gens ont besoin des deux et que l'on va sans doute s'arranger pour que les deux coexistent. La musique électronique et la musique organique, qui est ce que l'on fait, n'ont pas besoin de lutter l'une contre l'autre. les gens ont besoin des deux. Ils ont besoin de trouver les possibilités de la technologie, mais ils ont également désespérément besoin d'humain.

Est-ce que vous croyez en une musique qui mélangerait les deux ?
Complètement. Un bel exemple de cela, c'est le dernier album de Bjork. C'est un disque chaleureux, humain et souple avec une partie électronique vraiment intéressante. Je le trouve remarquable. C'est assez facile de faire jouer des notes de piano à son ordinateur et d'obtenir quelque chose de correct. Mais il est plus difficile de faire jouer quatre personnes ensemble. J'aime ce genre de défi.

Comment faites-vous pour reproduire le son de l'album sur scène ?
On n'a pas besoin d'essayer. Cela fait partie de l'éthique du groupe de jouer un gros son, rock'n'roll en concert. Alors chacune de nos chansons est comme cela. Si vous écoutez simplement les morceaux basiques de "the Big Picture", ils sont juste satisfaisants. Je ne rate jamais rien lorsque l'on joue. J'obtiens quelque chose de nouveau, mais je me m'égare jamais.

Vous allez jouer au festival "South by Southwest". c'est une sorte de victoire pour vous ?
Oui, c'est notre ville. C'est très marrant, il y a toujours beaucoup de monde.

Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur Austin et le rôle de la musique au Texas sur votre propre évolution, car lorsqu'on écoute Cotton Mather, ce n'est pas évident que vous venez du Texas ?
Il y a différentes communautés musicales à Austin : de la musique roots du Texas comme alternative à celle de Nashville, la musique western, le blues, le funk, le punk… C'est une ville énorme, musicalement parlant. Et il y a une vieille tradition de divers genres de musique art pop rock. Cela semble être un endroit idéal pour les divers styles, il y a pas mal de soutien.

S'il y avait cinq disques ou plus qui sont vraiment importants à vos yeux dans votre approche de la musique, quels seraient-ils ?
Le premier serait "Survival" de Bob Marley.
Josh : pour le respect dû aux guitaristes, je dirais "Electric Lady" de Jimi Hendrix.
Puis je dirais… c'est assez dur. Il y a tellement de disques géniaux ! Peut-être le deuxième album de the Band. J'aime beaucoup aussi "Mutations" de Beck. J'adore ce type de musique.

Est-ce que vous pouvez m'en dire un peu plus sur Rainbow Quartz, et vos "collègues" de label ?
Je ne les connais pas trop. Je n'aime pas trop leur musique. Je veux dire que je ne déteste pas, mais je n'aime pas cette musique que les gens appelle "power pop". Ce n'est pas mon genre de musique. Et je trouve remarquable le fait que nous ayons un grand nombre de premières parties assurées par des groupes power pop, même si ce n'est pas mon truc. Alors comme la plupart des groupes de ce label sont comme ca, ca ne me plaît pas trop. Mais j'aime bien Fraff. Ce n'est pas le genre de truc que j'écoute parce que c'est bon, mais je trouve que c'est étonnament bien, très riche…

Est-ce que vous avez une idée sur où le futur vous mènera ?
J'espère qu'il nous emmènera vers d'autres disques, vers l'envie d'être encore plus en phase avec ce que nous sommes en tant que groupe, et continuer de ressentir cela personnellement. Et je souhaite la même chose aux autres membres de mon groupe.

Propos recueillies par Guillaume
Traduction par Etienne

Merci à Pedro

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