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CATHAL COUGHLANBlack River Falls
(Cooking Vinyl / Musidisc)

CATHAL COUGHLAN - Black River FallsLe crooner à la gueule cassée revient : après s'être sorti des turpitudes contractuelles dans lesquelles son ancien label (Radioactive Records) l'avait plongé, c'est sur Cooking Vinyl (label des maîtres ès pop : XTC) que Cathal Coughlan refait surface. Ce gage de qualité n'est pas démenti vu la stature du disque. 
Quatre ans dans les limbes n'ont pas affecté les qualités de songwriter de l'Irlandais énervé. Il est juste un tout petit peu moins impulsif, mais sa rage est toujours là, sourde, comme une plaie ouverte qui se rappelle aux bons soins du blessé à chaque respiration. Elle s'exprime par des textes tordus, penchants vers le côté glauque de la rue Morgue ou vers le détachement criminel de Brett Easton Ellis. Chaque chanson est une histoire bancale et torturée dont les personnages se heurtent, s'entrechoquent sans espoir aucun. Que ce soit la victime du kidnapping qui se passe mal ou les survivants de l'accident qui attendent les secours en vain, rien n'y fait, dans l'univers maudit de Coughlan rien ne sourit. Ici pas de gris, tout est noir, un noir envahissant et étourdissant comme les profondeurs d'où semble sortir la voix de Coughlan. Une voix calme, forte, lancinante, déstabilisante, qui fait vivre les textes et vibrer l'auditeur. 
Pour cet album, l'ex-Fatima Mansions a su s'entourer : Joe Gore (Tom Waits, Jon Hassell, PJ Harvey) scie sa guitare sur "The Ghost Of Limehouse Cut" et Renaud Pion a fait tous les arrangements de cordes et de bois depuis Paris. Ces arrangements de "vrais instruments en bois" donnent une amplitude supplémentaire à tout l'album et le distinguent ainsi du synthétique "Grand Necropolitan". Le son de cet album est vivant, sensuel dans le sens où l'on en sent chaque mouvement, chaque frottement douloureux. Le son plein de chaque chanson ajoute encore au sentiment de désespoir général. Les vagues de violons notamment sont superbement mises en place pour tamiser encore plus la faible lumière qui oserait parfois s'aventurer ici ou là. De temps en temps, le chant de sirène de Dawn Kenny vient rajouter encore plus à l'ambiance glauque de l'album. Les chants les plus torturés sont les plus beaux. Celui-ci est magnifique.
Gildas

The Ghost Of Limehouse Cut
Officer Material
The Bacon Singer
Black River Falls
Payday
Dark Parlour
Out Amongs The Ruins
God Bless Mr X
Frankfurt Cowboy Yodel
N.C.
Whitechapel Mound
Cast Me Out in My Hometown