Crane Angels - Track by track

19/12/2011, par | Track by track |
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Les Crane Angels ont réussi leur premier album, et l'ont fêté bien comme il faut, que ce soit dans leur ville d'origine (Bordeaux) ou ailleurs en France. Ils ont pris le temps de nous raconter la petite histoire de chaque morceau du "Sylphide de Brighton".

Crane Angels

"Messenger" par Vincent
L'album et donc cette chanson commencent par une seule note qui se mue ensuite en hymne naïf scandé par des chasseurs de coeurs rabougris… On sent que c'est certainement parti pour déconner, mais si des couches de reverb, de choeurs et de guitares distordues peuvent malmener ce slogan simple et direct, c'est parce que l'amour se chante ici un couteau entre les dents, des pédales fuzz scotchées aux pieds et la tête certainement coincée dans une barrique d'alcool fort.
Ensuite on est tranquille, tout peut arriver.

"In the Snow" par Maxime
"In the Snow" s’est mis en place en deux trois répétitions, avec pour simple base les paroles de Mickael, dans le sens d’une lubie énergique, l’envie de faire un morceau simple comme un sprint : une basse en ligne droite et des guitares bornées un peu à la Joey Santiago.
Un morceau exutoire, parmi les plus spontanés de l’album donc, celui sur lequel on abandonne peut-être les quelques restes de lucidité, un peu inconscient et symptomatique aussi de la façon dont j’appréhende personnellement ce groupe : ne surtout pas avoir de recul sur ce qu’on fait, ne rien voir d’autre que le fait de chanter ensemble...

"Easy Take" par Maxime
"Easy Take" c’est presque un exercice de style, un truc monolithique et cool, une balade en bord de mer rendue solennelle par les montées de piano et les arrangements discrets de trompettes… Des voix harmonisées de façon assez classique. Ce morceau, en fait, je le vois comme annonçant un départ, une marche en chœur de mecs et de filles bien décidés à en découdre avec on ne sait pas trop qui ou quoi… Un mélange finalement un peu schizophrène pour lequel on aurait du mal à dire si c'est un pur morceau surf west coast chanté par des hippies ou une marche un peu martiale chantée par une milice. (Ça semblait tellement évident que ce morceau ouvre l’album, que du coup... on ne l’a pas fait).

"Morning Sun" par Romain
Le morceau "Morning Sun" est assez représentatif de la manière dont les Crane Angels ont évolué depuis le début et de la façon dont les morceaux sont écrits aujourd'hui... Dans "Le Sylphide de Brighton", une partie des chansons est issue de la première période du groupement (celle où Mr Crane était le maître à penser, où tout le monde s'habillait en blanc et chantait autour d'une guitare acoustique) et l'autre partie a été écrite durant la deuxième période, l'époque contemporaine du Sylphide (celle où dix personnes amènent des idées et n'hésitent pas à remettre en cause n'importe quel choix, celle où on répète dans une cave avec une batterie et des amplis à burne et où les chanteurs tentent d'harmoniser leur voix sans s'entendre) ... Du coup, aujourd'hui, la phase d'écriture d'un morceau est parfois ultra relou et assez tendax (sic) mais au final le résultat fait de plus en plus le tour des différentes influences de chacun d'entre nous... Pour "Morning Sun", Botibol avait amené une petite ritournelle un peu bee-bop super romantico-kitsch ... A part les paroles qui sont restées à peu près identiques, l'anarchie des répètes  a abouti à un morceau qui n'a pratiquement plus rien à voir avec l'idée de base ... En un an, la chanson a connu au moins trois versions complètement différentes pour finalement se stabiliser sur ce mix pop/r'n'b/noise  ... Et avec ce riff de batterie sur les couplets qui a été trouvé par "je sais plus qui", c'est devenu un des morceaux que je préfère jouer en live.

"Five Years" par Dorian
Si je ne me trompe pas, c'est le seul morceau de l'album qui ne soit pas une composition venant à la base d'un seul membre du groupe. La partie groovy s'est faite pendant un boeuf, Micka avait déjà des textes qui collaient parfaitement au morceau et ensuite chacun a amené une partie en plus et le morceau s'est fait comme ça.
Pour le mixage, au début c'était le morceau qui ne passait vraiment pas, avec une fin à la Walt Disney plutôt dégueulasse ! Alors on a décidé d'enlever tout le mauvais gras, de rajouter les choeurs de Lisa et Charlotte  et de choisir uniquement Arthur en voix lead. Je crois que presque tout le monde dans le groupe s'accorde à dire que c'est le morceau qui s'est vraiment amélioré avec le mixage, on en est vraiment content !

"Attila" par Arthur
c'est au moins à treize que l'on chante la guerre ; des voix unies scandant au tonnerre les batailles passées...
voir le ciel comme une chape de plomb, un gris anthracite impénétrable,le rideau de fer révélant cent milles hommes comme un seul,
une forêt de lames insolentes, pointée vers les dieux, prête à fondre sur le monde, telle un grand frisson...
une armée se mouvant pas à pas, d'un rythme sûr, celui des cœurs galvanisés par le discours d'un roi.
un dieu parmi les hommes.
l'instant figé, où seul surplombant la plaine, il entrevoit le devenir :
un feu embrasant les cieux, faisant bouillir le sang dans le chaudron de la guerre... il jubile.
le vent lisse sa barbe de félin, et charrie les plaintes de ses ennemis, déféquant dans leurs chausses à l'idée même qu'il existe...
lui.
ATTILA roi des huns.

"Looking For" par Mickaël
"Looking For", c'est le plus vieux morceau des Cranes, enfin, qui se trouve sur l'album. Un vestige de notre première époque en somme, où nous chantions juste autour d'une guitare acoustique, on était à peine 6. Ce morceau est même antérieur aux Crane Angels puisque je l'avais enregistré avec ma formation d'antan, Peuch Gat (dans laquelle jouaient aussi Pierre et Dorian). Je traversais une phases particulièrement chaotique d'un point de vue émotionnel en ce temps-là, cette phrase me trottait en tête quand ça n'allait pas, comme un appel au calme, à un peu plus de sérénité, J'aimais l'excitation de ma vie à ce moment-là, mais point trop nympho comme on dit…

"The World" par Sylvain
Cette chanson a toujours été pour nous une sorte de croisade épique, une sorte de Guerre des étoiles sans histoire d'amour entre frère et soeur extralucides. Mais le script de la version initiale bien que plutôt rocambolesque paraissait à certains assez évasif. Il semblait laisser vraiment trop de liberté à l'auditeur qui pouvait, à sa guise, transposer, fantasmer et se réapproprier cette épopée. Et comme chacun sait, l'excès de liberté étant la cause première de déchéance dans la société moderne, nous ne pouvions en rester là.  Deux alternatives se présentaient donc à nous (supplier l'hémisphère gauche des Crane Angels (auteur comme toujours des paroles) ne constituant pas un choix valable à nos yeux ) : a) une série de procès scandaleusement interminable et interminablement scandaleuse, ou b) le plus classique vol des feuillets originaux (comme Mozart ou même Prince en leur temps ).
Donc un soir brumeux de Mars, les Hémistodirigistes (ie: l'hémisphère droit des Crane Angels) se parent de leur plus sombre appareil et décident de voler les-dits feuillets originaux. Je vous passe les détails de l'épisode Ocean's Eleven de l'histoire pour en extraire sa substantifique moelle. En possession des paroles, les Hémistodirigistes se fendent d'une histoire mythologique, un récit initiatique qui n'a rien à envier à la Bible elle-même, tant ses références sont utiles dans la vie ou comme nous l'appelons la non-vie de tous les jours.

"Queen of the Night" par Mickaël
C'est un peu le slow du bal de fin d'année, je pense à la Féerie Dansante des Sirènes dans Retour Vers le Futur, à la manière de The Penguins, un bon gros doo-wop quoi! Un morceau que j'ai écrit au début des Crane Angels sur une fille que j'ai fréquentée pendant un an et qui me larguait tous les matins, encore ce même thème du fantasme/illusion dont il faut se méfier mais qui est un moteur de vie. On n'a pas mis ce morceau sur le vinyl par manque de place et parce que son ultra-classicisme musical peut paraître un peu rébarbatif pour certains d'entre nous. "Queen of the Night" devait être un puits exutoire de chiale amoureuse, on a réussi à en faire un truc plutôt mignon, c'est déjà pas mal !

"Give Me Time" par Dorian
C'est le morceau de l'album que j'ai proposé aux Crane. J'avais fait une version chez moi un peu plus lente et crade qui sonnait un peu comme un morceau de "Microcastle" de Deerhunter. Avec les Crane, le morceau s'est radicalisé pop voire disco au début (!).C'est une chanson qui parle du fait d'être à côté de la plaque, de passer à côté de quelqu'un qu'on aime...

"Cranes" par Lisa
Cette chanson c'est "Les States" c'est la chanson Woodstock America Fleetwood Mac (d'aucuns diront que je vois Fleetwood Mac partout). Depuis qu'on l'a jouée avec une intro de western et 40 choristes pour la  première de "l'Armée des anges" (notre "Fugain et le big bazar" à nous), elle a pris de l'ampleur.
Les choix du mix final on été faits par Micka et moi-même, avec Cyrille Gachet bien entendu, et sachant qu'on n'est jamais d'accord sur les compos, qu'entre moi et Micka c'est toujours la guerre des choix musicaux, j'ai été assez surprise qu'on ait la même vision du morceau. Comme je le disais, c'est la chanson Woodstock, c'est notre peace and love à nous (à moins que Micka en ait eu marre de m'entendre bavasser et qu'il ait juste fait d'énormes concessions pour ce morceau, auquel cas je ne veux pas le savoir, il avait qu'à le dire ce naze).

Merci à Fred et aux Crane Angels / Photos : Seb sOwat

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