Crescent - By the roads and the fields

23/07/2003, par Philippe Beer-Gabel | Albums |
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CRESCENT - By The Roads And The Fields
(Fat Cat / PIAS)

CRESCENT - By The Roads And The Fields"By The Roads And The Fields", quatrième album de Crescent, projet de membres de Movietone et Flying Saucer Attack, capte l'essence même de l'errance. Le meilleur exemple est à chercher du côté de "Fountains", improbable morceau lorgnant presque vers le reggae. Suave, moite et fragile, ce titre, construit autour d'une basse à l'effarante simplicité et d'une ingénieuse batterie, convoque le meilleur de Movietone et, porté par des cuivres langoureux et chatoyant, s'envole vers d'autres cieux.
Si Crescent cultive l'art d'une nonchalance post rock "made in Bristol" associée à un discours niant tout professionnalisme, le groupe atteint un résultat d'une densité à laquelle il n'avait jamais accédé auparavant. De multiples instruments tel un piano, un mélodica, une clarinette et des percussions gravitent autour, s'insinuent dans cette formation réduite à une guitare acoustique, une basse et une batterie. Le groupe, par ailleurs, désavoue ici ses penchants pour les guitares crunchs balourdes, marque de fabrique des précédents albums, et gagne en finesse, en subtilité même si leur son très "live" continue à semer le trouble tant cela sonne comme volontairement très mal enregistré... Qu'importe, au delà de cette considération technique, le résultat est probant et les morceaux d'une durée environnant les six minutes sont très prenants, simples, à peine animés par la voix et le chant monocorde de Matt Jones, fonctionnant sur des boucles assez courtes. Ainsi, Crescent parvient à faire éclore ses mélodies qui, jusqu'à présent, avaient tendance à terminer en eau de boudin.
"Straight line", né de sessions d'improvisations, bâti sur une batterie de fortune et des cloches, ou "Mimosa" avec son mélodica, fil rouge d'un morceau cahin-caha, charment par une langueur toute maritime. Crescent privilégie manifestement la matière, aussi hasardeuse soit-elle, dont accouche une session. Dès lors, une note de piano ténue suffit à élaborer un univers jazzy aussi sombre que luxuriant, quelques arpèges de guitares acoustiques à évoquer des paysages accidentés. Epure de la structure, richesse des arrangements et des instruments, mots à peine susurrés sont les éléments qui font de "By The Roads And The Fields" un disque réussi, aux atmosphères poétiques. En effet, Matt Jones et ses comparses invitent à la désinvolture, à la rêverie contemplative tel sur "Mica", qui constitue le plus beau morceau de cet album, où d'étranges percussions, réflexions de différents objets organisent une farandole de verre aux accents méditerranéens avant que "Structure and form", serti de quelques notes de guitares répétitives à souhait, ne vienne conclure ce voyage entre routes et champs.

Phi

Spring
New leaves
Fountains
Straight line
Mimosa
River debris
Mica
Structure and form

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