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THE
CURE - Bloodflowers
(Polydor/Universal)
Ami
de la pop, passe ton chemin, le nouvel album de Cure n'est
pas fait pour toi. Exit les popsongs sucrÈes-amËres comme
"Just Like Heaven", "Lovesong",
"Mint Car" et "In Between Days" qui
garnissaient les derniËres productions du groupe : "Bloodflowers",
le treiziËme album studio de Robert Smith et ses comparses,
est empreint de gravitÈ et de mÈlancolie.
De l'aveu mÍme de son gÈniteur, "Bloodflowers"
constitue le troisiËme volet d'une trilogie commencÈe en
1982 avec "Pornography" et poursuivie sept ans
plus tard avec le somptueux "Disintegration". Il
est vrai que le parallËle saute aux yeux ý l'Ècoute des
neuf titres qui composent l'album. Des titres que l'on peut
assimiler ý de longues chevauchÈes dans l'univers toujours
aussi tourmentÈ de Robert Smith. Un tourment qui est moins
disjonctÈ qu'avant, plus adulte. C'est sans doute l'’ge
qui fait cela, Bob ayant entamÈ la quarantaine.
"Bloodflowers" est un album monolithique. Chaque
titre est comme soudÈ ý celui qui le prÈcËde et celui
qui le suit. En cela, il tranche trËs nettement avec
"Wild Mood Swing" qui Ètait trop disparate, un
peu comme un feu d'artifice qui part dans toutes les
directions et dont personne n'arrive ý capter la
signification. La mÈthode de travail utilisÈe par Robert
Smith n'est probablement pas ÈtrangËre ý ce revirement.
Comme lors de la conception de "Disintegration",
il est entrÈ en studio avec des textes et des compositions
dÈjý bien ficelÈes et la volontÈ d'imposer aux autres sa
vision des choses. En bref, c'est en vrai chef d'entreprise
que Smith a dirigÈ le chantier.
Au total, "Bloodflowers" propose neuf titres o˜
les guitares sont omniprÈsentes, o˜ les claviers crÈent
cette atmosphËre si particuliËre au groupe et o˜ la basse
soutient une rythmique qui semble enfin avoir trouvÈ ses
marques. Vingt et un ans aprËs "Three Imaginary
Boys", The Cure revient en grande forme avec un "Bloodflowers"
qui sera peut-Ítre le baroude d'honneur d'un groupe qui a
incontestablement marquÈ les deux derniËres dÈcennies.
Charles Van Dievort
Out
Of This World
Watching Me Fall
Where The Birds Always Sing
Maybe Someday
Last Day Of The Summer
There Is No If...
The Loudest Sound
39
Bloodflowers
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