Cymbals Eat Guitars - Interview

09/02/2010, par Guillaume Sautereau | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

CYMBALS EAT GUITARS

Après quelques contre-temps à emporter et un concert énergique sur la scène du Nouveau Casino, j'ai enfin la chance d'interviewer Joseph d'Agostino, le jeune et décidé leader de Cymbals Eat Guitars, fier autoproduit (aux USA) dont le premier album bouillonnant et plein de promesses a été salué par un très gros webzine prescripteur aux USA. Il a eu une bonne note sur Pitchfork, quoi. Inspiration et transpiration.

Une question très simple pour commencer : comment le groupe s'est-il formé ?
J'ai rencontré notre batteur, Matt, alors que nous étions tous les deux au lycée dans le New Jersey. Nous avons commencé à jouer tous les deux dans un groupe de reprises ; on faisait des morceaux de Weezer et Pavement, et puis aussi des tubes pop des années 90 assez horribles qu'on jouait à des fêtes d'anniversaire et à des barbecues. J'ai commencé à écrire quelques chansons, puis j'ai eu un multi-pistes digital. Nous nous enfermions dans ma chambre, ou dans ma cave, Matt enregistrait une partie de batterie, et j'empilais des couches de guitare, de basse, de clavier et de voix par-dessus. Nous avons fait ça pendant longtemps, pendant tout le lycée. Une chanson de l'album, "Wind Phoenix", date de cette époque : on a une démo qui date de quand on avait 15 ou 16 ans... Après ça, nous sommes tous les deux partis à l'université, lui à Penn State, moi à Fordham, deux états différents, à quelques milliers de kilomètres de distance. Pendant ce temps, j'ai écrit beaucoup de chansons, musique et paroles, et j'ai pris des cours de guitare auprès de Charles Bissel, de The Wrens, ce qui était énorme pour moi. Il a été mon mentor, il m'a énormément appris, pas seulement sur la façon de jouer de la guitare, mais aussi sur la musique et l'industrie de la musique, sur la musique, sur la façon de se débrouiller tout seul. Une inspiration très positive.

Cymbals Eat Guitars

Au bout de cette année, à l'été 2007, nous sommes tous les deux revenus à Staten Island, New Jersey, dont nous venions. Nous avons commencé à travailler tous les deux sur les chansons que j'avais écrites, et nous les avons enregistrées avec Charles, dans sa maison. Une grande partie de "Why There Are Mountains" a été maquettée là-bas. C'est là que nous avons mis au point la façon dont nous voulions que le disque sonne. L'automne qui a suivi, nous avions monté le groupe. Je suis allé sur Craig's List, et j'ai posté une petite annonce pour trouver un bassiste, un clavier et un autre guitariste. Nous avons commencé à tourner dans Lower East Side, et c'est là que nous avons rencontré Kyle "Slick" Johnson, qui a enregistré et produit le disque. Ça c'était il y a plus d'un an maintenant. Il y a eu quelques mouvements de personnels depuis. Le seul membre issu de la petite annonce sur Craig's List qui reste est Daniel Baer, qui joue du clavier sur l'album. En mars 2009, nous avons commencé à avoir de bonnes chroniques.

Entre temps, vous aviez décidé de sortir votre album vous-mêmes.
L'album a été terminé le 7 novembre 2008, le jour de mon anniversaire. Nous l'avons sorti en janvier 2009. Nous avons créé un compte sur CDBaby et nous l'avons mis sur iTunes ! Nous avons commencé à le distribuer aux gens qui le voulaient. On en a pressé mille exemplaires et nous l'avons envoyé à ceux qui nous les réclamaient, à des stations de radio. Très tôt, on a reçu le soutien d'une grosse radio de Cincinatti, qui nous a programmés sans cesse, on était numéro 1 chez eux pendant longtemps quelques semaines. Après ça, KEXP à Seattle s'y est mis, tout le monde s'y est mis, il y a eu un effet boule de neige autour du disque.

Vous n'avez pas cherché de label avant de vous décider à sortir le disque vous-mêmes ?
Cela remonte à quand je prenais des cours de guitare avec Charles. Je lui montrais les listes interminables de labels auxquels je pensais, et je lui demandais auxquels d'entre eux je devais à son avis envoyer mes démos. Il me répondait que la meilleure façon de faire, c'était de monter mon propre label et de sortir des 45-tours tous les mois, d'aiguiser l'intérêt des gens par ce biais, et puis de ne sortir que des disques intéressants bien sûr. Cela m'a beaucoup inspiré. Je voulais être sur Drag City ou Matador ou XL. Mais cela n'avait pas de sens pour nous à cette époque. Et donc nous l'avons fait d'une façon qui avait du sens pour nous à ce moment-là. Nous l'avons sorti sur notre propre label, mais avec l'aide d'un réseau de distribution. Et en Europe, nous avons Memphis Industries.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews