Daniel Johnston - Is and Always Was

27/10/2009, par Frédéric Antona | Albums |
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DANIEL JOHNSTON - Is And Always Was
(Feraltone - PIAS) [site] - acheter ce disque

DANIEL JOHNSTON - Is And Always WasC'était donc cela : les brillantes rééditions des premiers albums de Daniel Johnston survenues il y a quelques mois devaient nous préparer au retour du patron un peu plus tard dans l'année. Depuis la sortie de "Lost and Found" en 2006, Daniel a repris le chemin des salles de concert, livrant devant un public acquis à sa cause, des prestations sur le fil de rasoir, au cours desquelles ses limites physiques et psychologiques étaient transcendées par la beauté brute de ses compositions. Comme il bénéficie d'une réelle réputation d'artiste culte, de nombreux artistes reconnus viennent sonner à la porte de sa maison d'Austin, Texas, pour lui proposer de mettre en forme ces chansons dont le potentiel pop ne demande qu'à exploser. Après Paul Leary pour "Fun", Mark Linkous pour "Fear Yourself", c'est au tour de Jason Falkner d'entrer dans la galaxie Johnston. Celui qui, au-delà d'une carrière solo plutôt classe, s'est illustré par des participations réussies aux albums de Paul McCartney, Brendan Benson ou Susannah Hoffs, vient donc ornementer les compositions brutes et poignantes de Daniel Johnston d'une production assez élaborée, rappelant à certains égards celle de "Fear Yourself", avec des chansons un poil bodybuildées, telles que "Fake Records of Rock'n'Roll". Certains titres restent toutefois dans la lignée des chefs d'œuvre de Daniel, tels que "Fun" ou "Artistic Vice" : la ballade classique "Fears" ou le morceau d'ouverture "Mind Movies", tous deux tenus par cette guitare acoustique si caractéristique, et par cet art de composer des classiques instantanés avec les accords (dont le refrain sonne comme un pont et le couplet comme un refrain) les plus simples et les plus évidents. Daniel revisite également "I Had Lost My Mind" façon shoegaze, pour un résultat mitigé : l'efficacité du titre reste indéniable, mais l'interprétation originale de 1982, présente sur "Don't Be Scared", était autrement plus glaçante et prenante.

Arrivé à la fin du huitième titre, je m'apprête à considérer ce nouvel opus comme une livraison classique de Daniel Johnston, avec son lot de perles à garder pour les longues soirées solitaires ("Queenie the Dodgie", si délicate), quand soudain surgit la trilogie finale : "Is and Always Was" / "Lost in My Infinite Memory" / "Light of Day". Ces trois titres transforment totalement la perception du disque : et soudain Daniel découvrit le psychédélisme. Les rythmes se font plus obsessionnels, les orgues résonnent soudain de manière acide et menaçante, et Johnston dépasse alors le format qu'il s'est lui-même fixé depuis 1981, celui de la canonique pop-song de deux minutes trente, pour révéler sa capacité à livrer de véritables mini-symphonies. "Light of Day", tout particulièrement, avec des changements de style et une production qui se fait à la fois lumineuse et sobre, sonne objectivement comme un très grand morceau de Paul McCartney. Ce qui, connaissant son goût immodéré pour les Fab Four, doit le remplir de joie. Ces trois titres donnent une toute autre perspective sur le travail de Daniel Johnston, mettant en lumière des potentialités de composition inédite. Et nous fait mettre genou à terre. Encore une fois.

Frédéric Antona

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A lire également, sur Daniel Johnston :
la chronique de "Welcome to My World - Yip/Jump Music - Continued Story/Hi, How Are You (rééditions)" (2009)
la chronique de "The late great Daniel Johnston - Discovered Covered" (2004)
la chronique de "Rejected unknown" (2000)
la chronique de "Fun" (1998)

Mind Movies
Fake Records of Rock and Roll
Queenie the Doggie
High Horse
Without You
I Had Lost My Mind
Freedom
Tears
Is and Always Was
Lost in My Infinite Memory
Light of Day

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