DEATH CAB FOR CUTIE
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C'est un choix à vous le drôle d'oiseau sur la pochette ?
Quand nous avons demandé à Addie Russell de la faire, nous lui avons donné une liste de choses dont nous voulions et une plus petite liste de choses dont nous ne voulions absolument pas. Quand elle nous a soumis des propositions pour la première fois, c'est celle qui s'est imposée à tous. C'est un oiseau prisonnier, il ne peut pas s'envoler mais il a l'air très déterminé à s'en sortir. Je ne sais pas, je sens un rapport avec le thème de l'éloignement, de la distance qui est très présent dans le disque.
L'oiseau a été très tendance sur les pochettes de disques en ce moment
Oui, quand Addie nous l'a proposé, elle nous a dit "je savais que ça vous plairait, tout le monde aime les oiseaux en ce moment" (rires).

Vous avez une éthique assez affirmée concernant votre appartenance à la scène indépendante, que vous continuez à tout gérer par vous-mêmes.
On a toujours fonctionné comme ça, en faisant tout par nous-mêmes. Au début, tout le monde se fichait de ce qu'on faisait, donc on était bien obligé. On a passé les sept dernières années à essayer de faire grandir ce que nous faisions. On n'écarterait pas la proposition de signer sur une major, mais on n'a pas eu pour l'instant de proposition satisfaisante. On se débrouille très bien par nous-mêmes pour le moment, on arrive à faire nos disques, à en vivre et l'on a de comptes à rendre à personne. Si tu arrives à payer ton loyer voire à te payer une maison en faisant de la musique de la façon dont tu as envie de la faire, pourquoi en changer ?
Mais il n'y a pas un moment où vous serez trop sollicités pour gérer tout par vous-mêmes ?
Peut-être, mais ce moment n'est pas encore arrivé
je t'en reparlerai quand nous y serons arrivés.
Vous vendez déjà pas mal de disques aux Etats-Unis, pour un groupe indépendant. En Europe, le marché est plus morcelé, est-ce que cela ne va pas être plus dur pour vous en procédant de cette façon ?
Hum, la tournée fonctionne très bien, nous nous attendons à ne pas perdre d'argent. C'est phénoménal si l'on considère que c'est notre première tournée digne de ce nom en Europe et que le disque n'est pas distribué dans près de la moitié des pays dans lesquels nous jouons. Le disque n'est pas sorti en Scandinavie par exemple, mais les concerts étaient complets, c'est fou !
Qu'est-ce que vous allez faire après cette tournée ?
On ne fait rien en juin et en juillet, je vais en profiter pour enregistrer deux groupes, the Velvet Teen, un groupe californien, et les Decemberists. En août, on va faire des festivals et on refera une tournée aux Etats-Unis en septembre-octobre. Et ensuite nous commencerons à travailler sur un nouveau disque. C'est fou, je sais, on est bien occupés (rires) !
Qu'est-ce que vous pensez de l'agitation autour de la scène new-yorkaise ?
Je pense que c'est un peu dingue ce qu'il se passe actuellement... On ne peut nier que les Strokes soient un très bon groupe, ils écrivent de très bonnes chansons. Après, je ne sais pas vraiment. New York est une grande ville, plein de choses s'y passent, il y a tant de groupes. Quand je pense à cette scène, je pense aux Talking Heads, plutôt qu'à Television d'ailleurs. Mais en conclusion, il y a de très bons groupes mais il y a aussi beaucoup de hype.
Tu penses que ça facilite ou que ça complique les choses pour un groupe comme vous ? Que cela détourne le public de votre musique ou alors qu'au contraire le regain d'intérêt un son plus rock vous est favorable ?
Les media ont besoin d'une hype. On parle des Yeah Yeah Yeahs depuis 1 an et demi sans arrêt, mais nous avons vendu plus de disques qu'eux avec notre dernier disque. Et il n'est sorti qu'il y a quelques mois, sur un petit label. Mais on travaille dur ! Si les gens aiment ce que tu fais, ils achèteront tes disques, s'ils n'aiment pas, il peut y avoir autant de hype que les media le peuvent
le NME est très fort pour nous présenter les nouveaux sauveurs du Rock'n'Roll toutes les deux semaines. En ce moment c'est Franz Ferdinand, mais dans trois mois, où seront-ils, est-ce qu'on se souviendra d'eux, de leurs chansons ? Ce n'est pas encore ça aux Etats-Unis, mais on s'y dirige. Je pense que Ben écrit de bonnes chansons, qu'il a une belle voix, que nous travaillons dur, que nous jouons bien ensemble et que la combinaison de tout cela fonctionne bien et vaut le coup. Nous ne sommes peut-être pas à la mode, mais nous allons continuer comme ça.
propos recueillis par Guillaume.
Merci à Faustine.
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