Découvrez en exclusivité le titre "Pleurs sur la ville" de Daprinski

13/03/2017, par | Avant-première |
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"Chorégraphies de l'ordinaire" est le premier album de Benoît d'Aprigny, l'homme derrière Daprinski, et il sera dans les bacs le 31 mars. Sa sortie nous donnera l'occasion de vous dire plus longuement tout le bien que l'on en pense. En attendant, voici déjà un nouvel extrait de ce beau disque, très soigné dans la forme mais aussi très accrocheur. "Pleurs sur la ville" renoue avec une certaine forme de chanson française, élégante, référencée mais pas pesante, presque pop. Comme sur d'autres titres de l'album, Benoît d'Aprigny s'est ici adjoint les services de la chanteuse Shan Jiang, qui ajoute une touche cinématographique à l'ensemble.

On a aussi posé quelques questions à l'auteur, voici ses réponses !

Il s'est écoulé plus de quatre ans depuis "Le corps d'un homme" : était-ce un temps nécessaire pour un album ?

Benoît d'Aprigny : Je ne sais pas s'il y a un temps nécessaire. Mais disons que le temps n'a pas été une contrainte pour moi. L'album aurait pu voir le jour beaucoup plus vite. L'idée était d'ajouter des titres à ceux du EP existant. Il manquait quelques titres pour constituer l'album. Et puis j'ai eu envie d’autres choses, d'explorer d'autres territoires. J'étais proche de la fin, et je suis reparti du début. J'avais envie d'un album cinématographique. Une sorte de bande originale. Avec des personnages qu'on ne verrait pas mais dont on imaginerait l'existence. Une sorte de B.O. de film sans film. J’ai eu la chance d’avoir à ce moment-là un entourage musical talentueux, qui m’a permis d'aller dans cette voie-là.

Est-ce que la rencontre avec Shan Jiang a eu une influence sur le disque ?

Oui comme avec les autres personnes qui m'ont entouré dans sa réalisation. Mais c'est vrai que la rencontre avec Shan est un peu particulière parce qu'elle s'est faite par accident. Et l'accident comme l'inconnu sont des moteurs pour moi. Le disque était déjà en cours d'enregistrement, et même bien avancé. Elle venait rejoindre son petit ami Tim, qui enregistrait les sessions piano pour l'album. Elle devait reprendre un train pour Paris le soir même, mais elle l'a finalement loupé. Elle est donc restée.
Au détour d'une conversation, entre Syl Johnson et Maurice Ravel, elle m'a dit qu'elle chantait. Elle m'a fait écouter un titre. Le lendemain, on enregistrait en studio chez Alexandre Cloitre. Je trouvais qu'elle avait une voix d'actrice chanteuse, une façon classieuse de mettre à nu ses émotions, avec à la fois une grande proximité et une grande distance... Ça ressemblait à la vie, ça m'a plu.

Daprinski

Le titre "Pleurs sur la ville" est-il un clin d'oeil à "Peur sur la ville" ?

Oui, au cinéma de Verneuil, à la musique de Morricone, aux toits de Paris filmés en pleine nuit, au nom de Belmondo inscrit pour la première fois en lettres capitales sur l'affiche du film, aux films du dimanche soir, et aux personnages de polars qui roulent en R16, et qui fument des clopes allègrement, et aussi à la thématique du film, sur la peur de l'autre.

Il y a une forme très arrangée, très élégante aussi, mais en même temps très facile à retenir : est-ce que c'est quelque chose que tu recherches quand tu écris une chanson ?

J'aime que la musique soit bien fringuée. D’ailleurs, de ce côté-là, les personnes qui m'ont accompagné sur l'album, c'est de la haute couture. Je n’écris pas forcement les chansons sur mesure. Quand j'écris une chanson, je ne sais jamais comment elle va finir. J'aime bien faire des allers-retours dans l'inconnu.

Les mélodies faciles à retenir, ça vient aussi de mon éducation pop, sous fond d'Etienne Daho, de Wham!, des La's, de Teenage Fanclub… et de "San ku kai". Le couplet-refrain, les chansons de trois minutes, ça me parle. J’aime bien les mélodies accrocheuses. Elles fixent les souvenirs et leur redonnent une nouvelle vie. Une bonne pop song, ça fait du bien... ça fait vivre deux fois !

Le premier titre est "Ouverture", le dernier "Thème de fin", il y a des interludes comme dans une musique de film : conçois-tu ton album comme un fil continu ?

Oui l'album est construit comme une B.O. de film. Comme un récit avec un début et une fin. Comme des chemins croisés, des fictions, un film sur l’existence. Les débuts, les départs, les faux départs, les retrouvailles...
J'ai voulu habiller l'existence des personnages et aussi leur silence. Les interludes instrumentaux sont parfois l'inconscient des personnages. Ils disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas.

Est-ce que tu avais des images de film en particulier ?

J'avais souvent des images de films de Claude Sautet, comme "César et Rosalie", "Max et les ferrailleurs", ou "Les Choses de la vie". Des films que j'associe aussi à la musique de Philippe Sarde. Dans ses musiques, il savait capter les moments de vie, il savait mettre en musique l'existence.

Une question inévitable pour finir : toi qui as écrit une chanson intitulée "George Michael", tu as été affecté par sa mort ?

Oui ça m'a fait un truc. J'ai toujours trouvé qu'il avait la classe.

Merci à Daprinski et Pascaline d'Alter-K.

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