Déjà deux ans pour les compilations Life Is a Minestrone

05/12/2016, par | Autre chose |
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L'art de faire une bonne compilation est-t-il soluble dans le flux d'informations permanent véhiculé sur Internet ? Loin de nous l'idée de lancer un débat sur le sujet, mais il faut bien reconnaitre que l'on a souvent pris la mauvaise habitude, par lassitude sûrement, de ne pas prendre le temps d'écouter une nouvelle mixtape qui débarque sur les réseaux sociaux. Et pourtant, tranquillement, patiemment, certains blogs nous proposent régulièrement des sélections qui méritent indéniablement notre temps d'attention tant les titres proposés relèvent d'une grande exigence pop.

Life Is A Minestrone – une référence à la chanson des 10CC - fait partie de ceux-là et la sortie d'une vingtième compilation est l'occasion de rencontrer Franck Zeisel afin d'en savoir plus sur son travail d'anthologie qui lorgne doucement vers l’orfèvrerie. « J'écoute entre 50, 70, 80 artistes par jour, sur Bandcamp exclusivement » nous explique-t-il, un effort qui nous semble incommensurable, d'autant plus que l'intéressé cherche « Des chansons, une certaine identité, pas forcément un son pro, même si c'est bien de penser au son qu'on a envie de propager ». Pour celles et ceux qui seraient tentés d'en faire autant, les derniers morceaux publiés sur Bandcamp se trouvent par ici.

En ce qui nous concerne c'est grâce au Club du label Microcultures – chaque mois, un album d'un groupe inconnu est envoyé aux adhérents - que l'on a découvert les compilations Life Is a Minestrone, avec la mise en lumière d'une poignée de groupes comme Dream Version, Kurvi Tasch, Harley Young dont l'indéniable sens de la mélodie fait encore plaisir à écouter. Par la suite on y est revenu, peut être pas de manière régulière, mais on a toujours prêté l'oreille sur un titre quasi-parfait d'un artiste inconnu, comme la pop gracile de Thee Ahs, les basses prognathes de Mark Allen-Piccolo ou encore le piano obsédant de Harry Christensen.

Sur la vingtième compilation, on y entend le folk précieux de Joel Henry Little dont la voix est sûrement l'une des plus belles choses à écouter de bon matin, ainsi que le rock distordu de Molten Salt dont les inflexions shoegazes ont tout pour nous faire partir tranquillement dans une sorte de nappe atmosphérique. Les huit autres titres sont dans la même lignée et porte une cohérence qui relève ici de l'art subtil. « J'ai envie qu'on les écoute comme des albums, elles sont pensées comme telles ». A cela on ajoutera l'identité visuelle mélancolique dont le choix fut presque accidentel, « A partir du moment où j'ai voulu sortir la première, il fallait un visuel et je suis tombé à ce moment-là sur la photo d'une amie sur le phare de Biarritz. C'est celle là qui a donné le ton sur le reste ».

Quand il ne compile pas des morceaux, Franck organise parfois des concerts avec certains artistes repérés sur ses compilations, « quand certains musiciens des compilations viennent [sur Paris] pour faire un long séjour ». Les concerts en question ont souvent lieu dans des endroits en marge des traditionnelles salles de concert, parfois en appartement. Le 3 décembre, nous avons eu l'occasion de découvrir sur la scène du Pop In la harpiste Virginia Sook et la soul mélancolique de Abhi The Nomad qui ont surpris indéniablement plus d'un habitué du célèbre bar Parisien.

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