Depeche Mode - Devotional

17/11/2004, par V | DVD |
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DEPECHE MODE - Devotional
(Mute / Labels)

DEPECHE MODE - DevotionalEn 1993, Depeche Mode entame une tournée de 15 mois avec 156 concerts à la clé. Jouer 156 fois "Enjoy the silence", ça use, ça use... Et le groupe n'est guère fringant lorsqu'il achève son marathon promotionnel. Fatigué de ne pas voir son travail reconnu à sa juste valeur, le discret Alan Wilder quitte le groupe en juin 1995, après treize ans de bons et loyaux services. Sa tentative de suicide, quelques mois plus tard, en dit long sur son humeur de l'époque. Dave Gahan lui embraie quasiment le pas : une overdose d'héroïne et de cocaïne le laisse entre la vie et la mort dans une chambre d'hôtel de Los Angeles, en mai 1996. Ambiance...
Que s'est-il donc passé durant cette maudite tournée ? Des excès et des débordements, des déprimes et des trous noirs, le présent double-DVD ne nous montre rien. Les coulisses restent dans l'ombre, cachées, mystérieuses. Mystérieuses comme cette superbe entrée en scène : le groupe joue derrière de longues tentures, sur lesquelles il apparaît en ombres chinoises, jusqu'à ce qu'enfin Dave Gahan sorte de ce cocon soyeux pour faire face au public. Christ tatoué ruisselant de sueur, le chanteur arpente la scène de long en large, se déhanche comme une stripteaseuse le long de son pied de micro et multiplie les poses de crucifixion. Sa voix puissante, son charisme et sa fraîcheur font passer le reste du groupe au second plan.
C'est d'ailleurs là que sont regroupés les autres, sur une scène en retrait. Martin Gore, avec ses boucles peroxydées et sa combinaison argent ressemble à une luciole sous acides. Andy Fletcher, plus spectateur qu'acteur, appuie sur un bouton de temps en temps et Alan Wilder, qui s'ennuie ferme derrière son synthé, finit le concert à la batterie. Deux choristes gospel sont aussi appelées à donner de la voix, comme sur "Condemnation", magistralement hurlé par Gahan. C'est qu'il est beaucoup question de religion, ici : "Mercy in You", "Judas", "Higher Love", "Personal Jesus". Des préoccupations mystiques qui vont de pair avec la nouvelle orientation gospel-rock de l'album "Songs of Faith and Devotion". Fini le tout synthés, Depeche Mode veut un son plus brut. Le résultat sur scène ressemble à un numéro d'équilibriste : gênée par les nappes de sons léchées, l'étincelle rock a dû mal à partir. Du coup, les morceaux s'étirent, pas toujours convaincants, comme ce "I Feel You" répétitif. Martin Gore le confie sur le second DVD : il n'a jamais été très partisan du tournant rock de Depeche Mode. Heureusement, les vieux tubes savent transformer n'importe quel hangar à voitures en boîte de nuit ("Behind the Wheel", "Never let me down Again"). Le DVD bonus propose aussi, en plus d'une poignée de clips et de quelques visuels pas essentiels, un entretien instructif avec Anton Corbijn, le designer du groupe. L'austère Hollandais, recruté dès 1986 pour apporter une crédibilité artistique aux quatre garçons, mérite des lauriers pour sa remarquable scénographie. Les écrans placés sur scène et les élégants visuels inspirés de Warhol, Gilbert & George et Jérôme Bosch parviennent à animer la scène. Le côté "design branché" peut énerver mais repensons au look garçon coiffeur sado-maso des débuts du groupe...

V

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