Dieter Schöön - Track by Track

17/04/2009, par Luc Taramini | Track by track |
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Sorti il y a plus d'un an dans son pays, "Lablaza", le premier album du Suédois Dieter Schöön, nous arrive enfin et fait l'effet d'une belle claque scandinave. Entre pop cérébrale et electronica maladive, ce disque nous mène vers une terre encore largement à conquérir même si elle a déjà été foulée par des formations comme Radiohead ou Uzi And Ari (et sans doute d'autres que je ne saurais citer). Un bon présage donc. Nous avons demandé à Dieter de se livrer à une petite analyse introspective de ses chansons. On a de la chance, le garçon s'est pris au jeu.

Dieter Schöön, par Julien Bourgeois

Ce fut un exercice intéressant pour moi de réfléchir vraiment à ce pourquoi je fais de la musique. L'enregistrement et l'écriture ne sont pas des choses auxquelles je pense consciemment. Je travaille et sculpte du son et si ça me plait je l'utilise mais je ne construis pas une chanson en pensant couplet, refrain, couplet, refrain. Pareil avec les paroles. J'utilise des mots qui selon moi fonctionnent mais c'est après coup que je réalise leur sens caché.

La chose à savoir concernant ce disque, c'est qu'il parle essentiellement de liberté. Pour moi le terme "Lablaza" (ou "Blast" en Anglais) signifie "explosion". Les choses sont intéressantes quand elles quittent leur milieu d'origine. Elles explosent et se propagent dans des endroits où elles ne devraient pas forcément aller, dans un nouveau contexte étrange. Il y a différents styles sur ce disque mais pour qu'il soit cohérent j'ai voulu un fil conducteur : le thème de la liberté.

Manuel

C'est une chanson qui parle d'un poète et combattant de la liberté chilien qui s'appelait Jara. Il a été torturé et assassiné par la junte militaire dans les années 70. Il défiait ses tortionnaires en chantant une chanson soutenant la coalition populaire donc je voulais célébrer son héroïsme. Je l'ai mixée avec un refrain George Clinton-esque que tu peux souvent entendre dans ses concerts, "We're gonna blow the roof top". Ça parle de dépasser ses limites et de célébrer la vie autant que possible.

Mary Jane

Une chanson sur la liberté que je ressens en fumant. "A Smile from your fingers broke my pain"... C'est aussi un clin d'oeil à la chanson de Bowie "Rock'n Roll Suicide" ("Time taking a cigarette, pull on your finger etc").

Warm Hearts

C'était vraiment plus qu'une expérience sonique. Je suis un grand fan de Captain Beefheart et je voulais tordre les mots "warm hearts" en "worm hearts" qui viennent de l'album "Mirror Man" pour lui rendre hommage. Je suis aussi un admirateur de Lee "Scratch" Perry et je voulais copier sa manière d'expérimenter les sons.

Dieter Schöön, par Julien Bourgeois

The Harbour's Cold

Encore une chanson sur la liberté. J'avais une magnifique vue sur le port de Göteborg depuis le studio Lablaza. Je m'allongeais sur le canapé certains soirs, je fumais une cigarette et profitais de la vue. Parfois je virais un peu parano en apercevant au loin les tours de la télévision. "Les tours de la TV flirtent avec moi"... je commençais à imaginer que j'étais filmé... ce genre de choses...

Soft And Slow

Je pense que c'est l'une des chansons dans lesquelles mon inconscient a vraiment pris le dessus. Mon amie était enceinte et je pouvais sentir ce petit miracle grossir en elle. Mais en même temps, nous traversions une période difficile. Cette chanson est une demande pour que cette grossesse nous réunisse à nouveau. La formule "pure sailing" dans le refrain est un appel au calme. Naviguer, encore une métaphore sur la liberté.

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