Dieter Schöön - Track by Track

17/04/2009, par Luc Taramini | Track by track |
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Hogface

Une autre facette de la liberté : être rivé à son poste de travail et être complètement captivé par sa tâche. Ça renvoie aux frustrations que je ressens à chaque enregistrement. L'enregistrement de "Lablaza" a été tellement long que j'ai bien cru que j'allais y passer le reste de mes jours.

Dieter Schöön, par Julien Bourgeois

Lot's of Free Shoes but Nowhere to Run

J'ai travaillé dans une usine où il y avait un conteneur rempli de chaussures de course abîmées. Les chaussures étaient toutes humides et invendables. Nous en avons pris une centaine de paires. C'était ridicule d'avoir toutes ces chaussures chez soi pour ne rien en faire et n'aller nulle part avec ! Encore un exemple de frustration sur le besoin de liberté et l'incapacité d'en jouir.

Jethead

Ça parle du fléau de la pipolisation. Toujours voir les mêmes tronches dans les mêmes magazines jusqu'à l'écoeurement. Ça parle aussi du désir de reconnaissance pour accéder à un degré supérieur de liberté... mais finalement tout ça est un peu pipé parce que la célébrité et son mode de vie deviennent vite un piège.

I'll Go There

La chanson la plus évidente à propos de la liberté. "Je serai là car la liberté m'aime". Vouloir trouver une place. J'avais envie aussi d'écrire un thème d'opéra (moi prétentieux, non !) C'est pourquoi la chanson démarre sur un sample de Wagner. J'ai ensuite créé différents mouvements à l'intérieur de la chanson pouvant se répondre dans une sorte de dialogue. Une sorte de question/ réponse où les tambours ont une place très importante.

Dieter Schöön, par Julien Bourgeois

Pour les paroles, je suis un grand fan du "Festin Nu" de William Burroughs et j'adore sa technique du copier-coller. Je me suis dit que ce serait drôle de couper et coller des morceaux de son roman qui sont déjà bien sûr coupés et collés... C'est une sorte d'hommage à une tradition et aussi une façon de la détourner.

Everyone Must Leave

Cette chanson parle d'un sentiment ambivalent. Chacun a un jour envie d'être seul et en même temps la liberté est dure quand on dépend des autres et que les autres dépendent de soi. "L'enfer c'est les autres", n'est-ce pas ? D'un autre côté, tu ne peux jamais être seul tout à fait, ce qui est aussi une sorte de torture. Heureusement les choses s'arrangent d'elles-mêmes puisqu'un jour ou l'autre, chacun partira, mourra.

Auf Wiedersehen

Une simple petite chanson d'adieu pour refermer l'album. Peut-être influencée par Mark E Smith de The Fall qui est quelqu'un que j'admire. Nous avons décidé de changer la pochette de l'album et nous avons utilisé une peinture de Claus Castenskiold qui a designé pas mal de pochettes d'album de The Fall dans les années 80. Donc, pour moi, la boucle est bouclée et c'est vraiment agréable de voir que des gens qui ont eu une grosse influence sur moi ont accepté de collaborer à mon travail et l'ont apprécié.

Propos recueillis par Luc Taramini
Photos par Julien Bourgeois.
Merci à Melissa et au Centre Culturel Suédois.

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