Disquaire Day : résultat des courses de POPnews...

24/04/2011, par , BeB, , Christophe Patris et Guillaume Sautereau | Autre chose |
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La chouette initiative anglo-saxonne du Record Store Day a franchi nos frontières pour la première fois cette année, grâce au CALIF (Club Action des Labels Indépendants). Samedi dernier, c’était donc le Disquaire Day, évènement international destiné à faire la fête aux disquaires indépendants. Pour l’occasion, de nombreux artistes publient singles et version inédites en vinyles qui ravissent fans et collectionneurs. Les rédacteurs de POPnews vous racontent ce qu’ils ont déniché dans cette chasse aux trésors, parfois bien difficiles à trouver !

Un passage chez Monster Melodies, dans le quartier des Halles, c’est toujours un quitte ou double : si l’on n’est pas dans les petits papiers des ours bourrus qui tiennent l’enseigne, peu de chance que l’on en ressorte les mains pleines. Cachés derrière le comptoir, à l’étage (le rez-de-chaussée, ce serait trop simple), les quelques pépites du Disquaire Day semblaient se passer sous le manteau, seulement pour les amis. Dommage, mais qu’importe : ce qui m’intéressait cette année n’était, au bout du compte, destiné qu’au marché anglo-saxon.

Comme souvent, les fans irréductibles de Saint Etienne auront grincé des dents : l’annonce d’un coffret regroupant six 45t, exclusivement disponible chez les disquaires anglais, a attiré toutes les convoitises et fait baver tous les malchanceux d’outre-Manche (nous). Et ce qui devait arriver arriva : “Saint Etienne on 45” s’est très vite retrouvé, avec un prix augmenté de deux zéros, sur les sites d’enchères. On se consolera en se disant que pour la modique somme de £45 environs, le coffret ne comporte aucun inédit, mais des singles que le groupe avait toujours voulu sortir en format 7” sans jamais en avoir eu l’occasion. Mouais.

Une des bonnes surprises est venue du label Drag City, qui sans crier gare a pressé 500 exemplaires d’un 45t des High Llamas. “Damby Delight” regroupe deux instrumentaux inédits, mais n’était hélas disponible qu’aux Etats-Unis. Heureusement, des disquaires américains sympas et compréhensifs n’ont  pas hésité, une fois le D-Day passé, à les mettre en vente sur leur site. Des exemplaires vite vendus, et c’est donc sur le site du label que les retardataires peuvent encore se rabattre.

Christophe Patris

16 h, c’est sans doute un peu tard pour aller à la chasse aux raretés, mais on se voyait mal faire le pied de grue devant l’un des disquaires participant à l’opération. On opte pour Ground Zero et on ne regrette pas, car l’endroit est animé. Sur la place Sainte-Marthe, juste au-dessus, une scène accueille les showcases de divers artistes, sous un franc soleil, et une association de quartier vend des gâteaux faits maison pour financer ses projets – sans lien avec le Disquaire Day, donc. Dans la boutique, pas très grande, on peine à circuler entre les bacs ; selon un habitué que l’on croise derrière la platine vinyle mise à disposition des clients, il y a nettement moins de monde d’habitude... Dans les deux bacs “Disquaire Day”, on regarde ce qu’il reste. Plusieurs exemplaires du 45t de Catherine Ringer, un autre d’Echo & the Bunnymen ("The Killing Moon”), des rééditions de singles des Stones à des prix prohibitifs, une double compile de Syd Barrett… Pas de trace du Villagers/Charlotte Gainsbourg qu’on convoitait, hélas... On repart finalement avec :
- un 12” façon white label de Josh T. Pearson contenant apparemment des versions alternatives (un seul morceau par face, mais le garçon fait long…)
- un 12” de Grinderman avec quatre versions de “Evil”, dont une où l’on entend la voix de Matt Berninger de The National. La pochette, noire avec “EVIL” floqué en grosses lettres rouges, en jette, et on découvrira, une fois ôté le plastique de protection, que le vinyle est rouge, avec des paillettes. Bon point, un CD avec les mêmes morceaux est inclus.
- un 45t de Benjamin Biolay avec deux inédits issus des sessions du déjà copieux “La Superbe”. Tiré à 900 exemplaires, apparemment : c’est peu pour un artiste qui vend des dizaines de milliers d’exemplaires de chacun de ses albums, mais le rend-il pour autant “rare”, maintenant que la production de 45t n’est plus que résiduelle ? Réponse sur eBay dans quelques semaines, on suppose…

Vincent Arquillière


Le jour des bonnes oeuvres, le Disquaire Day ? Je ne sais pas, mais toujours est-il qu’il y avait chez moi quelques espoirs de trouver des choses intéressantes, la liste des inédits laissant espérer une bonne pioche. Evidemment, cela impliquait probablement de se rendre chez Total Heaven (le disquaire donc) un peu plus tôt. Bon, dans le bac, des disques de The Black Angels, Franz Ferdinand qui joue avec ses potes, AC/DC (le dernier groupe que j’aurais imaginé participer à l’évènement), et aussi Bruce Springsteen & The E Street Band. je laisse de côté d’autres jolis objets, avant de réduire mon choix pour raison financière.

Qu’en est-il donc de cet EP de reprises de Franz Ferdinand ? Le casting fait envie, le résultat n’est pas 100% à la hauteur de celui-ci mais l’ensemble se tient bien. Mention bien pour Debbie Harry sur “Live Alone”, qui s’en sort mieux que LCD Soundsystem, un peu laborieux sur le même titre. ESG s’en sort bien sur le punky “What She Came For”, où la voix féminine acidule le morceau d’origine, plutôt bas du front. Mais la vraie réussite de ces cinq titres, c’est le “Turn It On”, repris par la déjantée Peaches, pour le coup plutôt sage mais qui insuffle un petit côté dirty qui sied fort bien au titre. L’objet qui regroupe ces cinq titres (le dernier étant “Dream Again” par Stephen Merritt, réussi) étant fort joli (orange transparent), je suis reparti content de mon achat.


Je reste beaucoup plus circonspect sur le 12” de Springsteen. Ok, je suis toujours content d’avoir un nouveau disque du Boss, mais rien d’inédit là-dedans : les gens qui achètent du Springsteen un Disquaire Day ont forcément, ou presque, le coffret consacré à “Darkness in the Edge of Town”. Alors les versions de “Racing in the Street” et “Gotta Get that Feeling” millésime 78 sont excellentes, mais rien d’inédit, juste un opportunisme commercial qui dénature un peu l’événement. Mais quand même : que je suis faible... hélas, pas assez pour craquer 20 euros pour le beau vinyle de The Black Angels. Note pour moi-même : mettre de l’argent de côté avant la prochaine édition...

Mickaël Choisi

 

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