La
chouette initiative anglo-saxonne du Record Store Day a franchi nos
frontières pour la première fois cette année, grâce au CALIF (Club
Action des Labels Indépendants). Samedi dernier, c’était donc le
Disquaire Day, évènement international destiné à faire la fête aux
disquaires indépendants. Pour l’occasion, de nombreux artistes publient
singles et version inédites en vinyles qui ravissent fans et
collectionneurs. Les rédacteurs de POPnews vous racontent ce qu’ils ont
déniché dans cette chasse aux trésors, parfois bien difficiles à trouver
!
Un
passage chez Monster Melodies, dans le quartier des Halles, c’est
toujours un quitte ou double : si l’on n’est pas dans les petits papiers
des ours bourrus qui tiennent l’enseigne, peu de chance que l’on en
ressorte les mains pleines. Cachés derrière le comptoir, à l’étage (le
rez-de-chaussée, ce serait trop simple), les quelques pépites du
Disquaire Day semblaient se passer sous le manteau, seulement pour les
amis. Dommage, mais qu’importe : ce qui m’intéressait cette année
n’était, au bout du compte, destiné qu’au marché anglo-saxon.
Comme
souvent, les fans irréductibles de Saint Etienne auront grincé des
dents : l’annonce d’un coffret regroupant six 45t, exclusivement
disponible chez les disquaires anglais, a attiré toutes les convoitises
et fait baver tous les malchanceux d’outre-Manche (nous). Et ce qui
devait arriver arriva : “Saint Etienne on 45” s’est très vite retrouvé,
avec un prix augmenté de deux zéros, sur les sites d’enchères. On se
consolera en se disant que pour la modique somme de £45 environs, le
coffret ne comporte aucun inédit, mais des singles que le groupe avait
toujours voulu sortir en format 7” sans jamais en avoir eu l’occasion.
Mouais.
Une
des bonnes surprises est venue du label Drag City, qui sans crier gare a
pressé 500 exemplaires d’un 45t des High Llamas. “Damby Delight”
regroupe deux instrumentaux inédits, mais n’était hélas disponible
qu’aux Etats-Unis. Heureusement, des disquaires américains sympas et
compréhensifs n’ont pas hésité, une fois le D-Day passé, à les mettre
en vente sur leur site. Des exemplaires vite vendus, et c’est donc sur
le site du label que les retardataires peuvent encore se rabattre.
Christophe Patris
16
h, c’est sans doute un peu tard pour aller à la chasse aux raretés,
mais on se voyait mal faire le pied de grue devant l’un des disquaires
participant à l’opération. On opte pour Ground Zero et on ne regrette
pas, car l’endroit est animé. Sur la place Sainte-Marthe, juste
au-dessus, une scène accueille les showcases de divers artistes, sous un
franc soleil, et une association de quartier vend des gâteaux faits
maison pour financer ses projets – sans lien avec le Disquaire Day,
donc. Dans la boutique, pas très grande, on peine à circuler entre les
bacs ; selon un habitué que l’on croise derrière la platine vinyle mise à
disposition des clients, il y a nettement moins de monde d’habitude...
Dans les deux bacs “Disquaire Day”, on regarde ce qu’il reste. Plusieurs
exemplaires du 45t de Catherine Ringer, un autre d’Echo & the
Bunnymen ("The Killing Moon”), des rééditions de singles des Stones à
des prix prohibitifs, une double compile de Syd Barrett… Pas de trace du
Villagers/Charlotte Gainsbourg qu’on convoitait, hélas... On repart
finalement avec :
-
un 12” façon white label de Josh T. Pearson contenant apparemment des
versions alternatives (un seul morceau par face, mais le garçon fait
long…)
-
un 12” de Grinderman avec quatre versions de “Evil”, dont une où l’on
entend la voix de Matt Berninger de The National. La pochette, noire
avec “EVIL” floqué en grosses lettres rouges, en jette, et on
découvrira, une fois ôté le plastique de protection, que le vinyle est
rouge, avec des paillettes. Bon point, un CD avec les mêmes morceaux est
inclus.
-
un 45t de Benjamin Biolay avec deux inédits issus des sessions du déjà
copieux “La Superbe”. Tiré à 900 exemplaires, apparemment : c’est peu
pour un artiste qui vend des dizaines de milliers d’exemplaires de
chacun de ses albums, mais le rend-il pour autant “rare”, maintenant que
la production de 45t n’est plus que résiduelle ? Réponse sur eBay dans
quelques semaines, on suppose…
Vincent Arquillière
Le
jour des bonnes oeuvres, le Disquaire Day ? Je ne sais pas, mais
toujours est-il qu’il y avait chez moi quelques espoirs de trouver des
choses intéressantes, la liste des inédits laissant espérer une bonne
pioche. Evidemment, cela impliquait probablement de se rendre chez Total
Heaven (le disquaire donc) un peu plus tôt. Bon, dans le bac, des
disques de The Black Angels, Franz Ferdinand qui joue avec ses potes,
AC/DC (le dernier groupe que j’aurais imaginé participer à l’évènement),
et aussi Bruce Springsteen & The E Street Band. je laisse de côté
d’autres jolis objets, avant de réduire mon choix pour raison
financière.
Qu’en
est-il donc de cet EP de reprises de Franz Ferdinand ? Le casting fait
envie, le résultat n’est pas 100% à la hauteur de celui-ci mais
l’ensemble se tient bien. Mention bien pour Debbie Harry sur “Live
Alone”, qui s’en sort mieux que LCD Soundsystem, un peu laborieux sur le
même titre. ESG s’en sort bien sur le punky “What She Came For”, où la
voix féminine acidule le morceau d’origine, plutôt bas du front. Mais la
vraie réussite de ces cinq titres, c’est le “Turn It On”, repris par la
déjantée Peaches, pour le coup plutôt sage mais qui insuffle un petit
côté dirty qui sied fort bien au titre. L’objet qui regroupe ces cinq
titres (le dernier étant “Dream Again” par Stephen Merritt, réussi)
étant fort joli (orange transparent), je suis reparti content de mon
achat.
Je
reste beaucoup plus circonspect sur le 12” de Springsteen. Ok, je suis
toujours content d’avoir un nouveau disque du Boss, mais rien d’inédit
là-dedans : les gens qui achètent du Springsteen un Disquaire Day ont
forcément, ou presque, le coffret consacré à “Darkness in the Edge of
Town”. Alors les versions de “Racing in the Street” et “Gotta Get that
Feeling” millésime 78 sont excellentes, mais rien d’inédit, juste un
opportunisme commercial qui dénature un peu l’événement. Mais quand même
: que je suis faible... hélas, pas assez pour craquer 20 euros pour le
beau vinyle de The Black Angels. Note pour moi-même : mettre de l’argent
de côté avant la prochaine édition...
Mickaël Choisi
POPnews, webzine jeune et joli
