The Divine Comedy - Interview

16/08/2006, par et Guillaume Sautereau | Interviews |
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Etait-ce pour compenser l'absence du groupe que tu as fait appel à des personnes extérieures ?
Non, c'est surtout parce que c'était drôle ! Sur "Come On Billy Bird", j'en ai vite eu marre du refrain chanté par moi tout seul. Le renfort d'une autre voix donnait un peu plus d'espace au côté narratif de la chanson. Je suis Billy Bird, et le refrain, c'est ma femme qui m'apostrophe, une voix de femme convient mieux. Sur cet album, il y a de longs passages instrumentaux, pour prendre du recul, donner un peu de perspective aux chansons... C'est très bien... Enfin, pour moi !

Tu t'es séparé du groupe, mais Jody Talbot a quand même participé aux arrangements...
Nous les avons faits tous les deux car nous avons une compréhension téléthapi... c'est dur à dire à la fin de la journée... télépathique de ce que l'autre veut dire. Je mets en place les bases de ce que j'aimerais entendre à l'aide de samples, et ensuite il met tout ça en ordre, ajoute de la dynamique, des détails. Je le trouve immensément intelligent et je ne vois pas pourquoi j'irais chercher quelqu'un d'autre.

Pas de producteur cette fois ?
Non, l'album s'est produit tout seul, d'une certaine façon. Ce sont les arrangements qui importent sur ce disque, plus que le son. En outre, ça m'a permis de me créditer pour la production. On n'est jamais assez crédité sur un album ! Je veux être comme Prince, crédité pour tout (rires).

The Divine Comedy

Si je me souviens bien, pour "Regeneration", tu avais dit qu'il avait fallu que tu attendes une éternité que Nigel Godrich ait fini "Kid A". Tu dépendais de quelqu'un d'autre pour obtenir le produit fini. Tu voulais retrouver plus de liberté...
Il a mixé "Absent Friends", parce qu'il n'y a personne qui soit meilleur que lui pour mixer un album. Cela dit, j'avais besoin de reprendre le contrôle. Je voulais faire un album que j'avais envie d'entendre. Et j'étais le seul à pouvoir mener cela à bien.

D'une certaine façon, est-ce que c'est ton premier album solo depuis "Liberation" ?
Hum, non... "Casanova" a été conçu de manière très similaire à celui-ci. Les trois premiers albums, en fait. Je joue pratiquement de tout sur les trois premiers albums, à part la batterie, dont je ne sais pas jouer. Mais il y a très peu de batterie sur ces albums. En fait, c'est la façon de travailler qui me rend le plus heureux. Plus d'expérimentation (rires) ! Je suis trop vieux pour cela. Je vais juste faire de jolis albums.

Cela va faire un sacré changement quand tu vas monter sur scène avec ces chansons. J'ai entendu parler de seize musiciens.
Seize, c'est le minimum qu'il faudrait pour qu'on s'en sorte. Et cela va coûter cher. On va juste faire quatre concerts pour commencer, Londres, Glasgow, Edimbourg et Paris. Avec "A Short Album About Love", cela avait été pareil, et à la fin de la tournée, j'étais sur la paille, tout l'argent qu'on avait gagné avec "Casanova" avait été dépensé. Je suis content de l'avoir fait, j'étais assez jeune à l'époque pour ne pas me soucier de ce genre de choses, mais aujourd'hui, je n'en ai plus trop envie.

C'était vraiment bien, cette tournée, mais il est vrai que tu es allé partout avec cette formation, comme à Lorient par exemple...
Oh, oui, je me souviens. Nous sommes sans doute allés jouer dans des salles beaucoup trop petites. Rétrospectivement, je me demande même comment on faisait pour tenir tous sur la scène certaines fois. Cette fois, nous allons essayer de rendre justice à l'album, certes, mais sans trop de démesure. Et je répète aussi en trio, à Dublin, avec un violoncelle, un piano et moi, pour sans doute beaucoup de shows plus intimes. Et beaucoup de blagues. Et beaucoup de chansons stupides.

Maintenant que tu as une famille, tourner ne devient pas une corvée ?
J'aime jouer live, c'est malheureux. Si je n'aimais pas ça, ça rendrait les choses plus faciles, j'arrêterais. Si tu ne fais pas de concerts, c'est comme si tu jouais de la musique dans le vide. Est-ce qu'il y a des gens qui écoutent, finalement ? Il te faut le constater de tes yeux, pour comprendre ton public. Ce n'est qu'en jouant en concert que tu peux voir comment le public réagit.

Propos recueillis par Gildas et Guillaume.
Photos par Guillaume (Black Session 2006).
Merci à Emmanuel.

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