Doctor Flake - Interview

19/07/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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DOCTOR FLAKE

Il vient de l'école DJ Shadow (période "Endtroducing"), cela s'entend nettement sur ses deux premiers albums. Même s'il ne renie pas cette influence indirecte selon lui, Doctor Flake, producteur et DJ français a su créer un univers personnel qui mélange humour, cinéma et noirceur. Auteur de trois disques autoproduits ("Intervention chirursicale" en 2006, "Paradis Dirtyficiels" en 2007, "Minder Surprises" en 2009) le producteur aimerait bien passer à la vitesse supérieure pour son quatrième album. Mais les lois de l'industrie discographique sont de plus en plus impénétrables !Rencontre à La Machine, deux heures avant son set, en première partie de DJ Krush.

Doctor Flake


Quel est ton parcours musical ? Sur ton site, on peut lire que le projet Doctor Flake commence en 2001… Est-ce qu'il y a des choses avant ?
Le projet Doctor Flake commence en 2003 pour la naissance en studio. Avant cela, il y a eu du djaying en amateur depuis 95/96 avec l'émergence rave française et simultanément le chill out anglo-saxon avec Massive Attack, Portishead, DJ Krush, DJ Shadow. Et avant de passer des disques dans des soirées, c'était plutôt de l'écoute de salon à la maison. C'est la collection de disques de mon oncle qui m'a bien initié au rock seventies, au rock steady, au reggae etc.

Comment passes-tu du DJ à l'envie de fabriquer ta propre musique ?
étudiant les parcours des musiciens par le biais de magazines dont j'étais assez aficionado. Je m'intéressais à leurs techniques de travail. A un moment, j'ai eu envie de fabriquer mes morceaux. Le schéma est venu par une culture musicale et la culture du sample propre au hip-hop que j'ai adaptée à un univers plus instrumental. Et au final, je n'ai découvert qu'après coup le travail de DJ Shadow dix ans auparavant sans en avoir connaissance sur le moment. J'ai fait des recherches sur les samples qu'il citait et je me retrouvais dans sa façon de faire : prendre une boucle sur une ou deux mesures, l'habiller ou la déshabiller… Finalement j'en suis venu à fabriquer, par une culture musicale, et par la possibilité technique de le faire, une collection de boucles. Entre 1999 et 2003, j'ai été dans une phase d'acquisition et d'apprentissage des logiciels comme Cubase. D'abord les versions anciennes puis plus récentes, etc.

Et tu vis de la musique depuis longtemps ?
Non depuis 3 ans. Artiste-musicien-intermittent du spectacle avec droits d'auteurs et tout le toutim. Ça aussi, la partie administrative, c'est une phase d'apprentissage assez longue. Et Dieu sait si le droit d'auteur a une importance capitale !

Tu te présentes comme un chirurgicien, tu peux expliquer ?C'est à la fois potache et signifiant. Le nom m'est venu avant même le concept de chirursique. Pourquoi la chirurgie sonore ? Parce que je dissèque, je sépare, je nettoie, j'assemble. Ça me faisait rire de croiser les deux notions, chirurgie et musique.

Justement, on sent dans tes titres d'albums ou de chansons que tu es assez adepte des jeux de mots…
Oui, j'aime bien garder cette griffe au moins pour les titres d'albums. J'ai quelques idées pour le quatrième album. En revanche, pour les titres des morceaux j'ai arrêté après le deuxième album parce que ça devenait redondant.

Doctor Flake

Est-ce que l'humour va aussi jusque dans le choix de tes samples de films ?
Le deuxième album gravite autour du thème de la solitude. Il y a un fil conducteur qui est la sophrologie, le yoga. Je voulais rester dans un univers de relaxation et médical. C'est pour cela qu'il y a beaucoup d'emprunts à "Vol au dessus d'un nid de coucou". En revanche, le troisième album ne contient plus de samples de films. Je voulais inscrire ces samples dans une période et pas que ça devienne un fond de commerce.

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