> edito
accueil
> recherche
> sonic youth
andre sider af sonic...
> the accidental
there were wolves
> children of...
songs from the source
> jordan o'jordan
not style nor season...
> mud flow
interview
> indian jewelry
free gold
> jonathan richman
because her beauty is...
> devotchka
a mad and faithful...
> eric matthews
the imagination stage
> richard lewis
postcard: track by track
> mud flow
ryunosuke
> santogold
santogold
> sz
autumn leaves latin...
> willits +...
ocean fire
> newsletter
> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
> POPmusic
sélection de mp3
> POPvideo
les émissions
> POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list
> fils RSS







> pub
maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous :
myspace
last.fm
twitter
facebook
|
|
DOMINIQUE
A
[page précédente]
En
2002, il y avait une forte mobilisation des artistes après
le premier tour de la présidentielle. En 2007, on
ne vous a pas trop entendus...
C'est sûr qu'il y a une démobilisation et qu'on
accepte des choses qui nous semblaient inacceptables il
y a encore quelques années. Mais bon, tu ferais peut-être
mieux d'interroger Les Têtes Raides sur ce sujet...
Même si c'est une mauvaise façon de réagir,
on a tendance à baisser les bras. J'étais
déjà grandement sceptique sur les facultés
de mobilisation des artistes pour des idées humanistes
et nobles, et là c'est un échec sur toute
la ligne. S'engager pour des causes, ça demande une
dose de naïveté que l'époque ne t'autorise
pas. Surtout, en ce moment, en tant que citoyen, j'ai une
vraie rancœur contre toute la France, ou du moins contre
une majorité de Français. Je préfère
penser que la musique - et l'art en général
- sert à se réchauffer en milieu hostile,
que je réchauffe des gens et que je me réchauffe.
C'est sa fonction première.

En
tant que Français qui passe beaucoup de temps à
Bruxelles, que penses-tu de la situation de la Belgique
?
Vue de France, elle peut sembler absurde, mais la scission
est en germe depuis un moment. Il y a aussi eu ce canular
totalement dadaïste de la RTBF (annonçant la
partition du pays, ndlr) qui a activé la manœuvre.
Après, ça ne sera ni simple, ni indolore,
et ça ne pourra pas se faire du jour au lendemain.
Surtout, je crois que tous les Belges ne le veulent pas,
et les francophones moins que quiconque. Evidemment, il
y a une frange dure, extrémiste, nationaliste du
côté flamand… Et c'est vrai que c'est
deux états d'esprit très différents.
Mais je pense que je serai parti avant de voir la scission
de la Belgique, c'est pas pour la semaine prochaine.
Tu
évoquais le concert hommage à Barbara auquel
tu as participé récemment avec Jeanne Cherhal
et le pianiste Alexandre Taraud. Que retires-tu de cette
expérience ?
C'était assez particulier parce que c'était
un cadre inhabituel pour moi. Mais j'ai appris plein de
choses, notamment à fonctionner avec l'acoustique
plutôt qu'avec l'électrique et l'amplification.
Ça m'a carrément décoincé. Depuis,
j'ai fait une session à Oüi FM et je n'ai même
pas mis le casque. J'ai la chance de pouvoir naviguer sur
des terrains très différents, d'être
appelé aussi bien par des gens comme Alexandre Taraud,
un pianiste classique amateur de chanson, que par Damon
& Naomi. Je travaille dans des domaines musicaux a priori
éloignés, et en même temps complémentaires
car à la base il y a toujours des chansons. D'un
côté, j'ai une voix assez typée chanson
française, et en même temps je reste fan d'artistes
anglo-saxons. J'espère pouvoir garder cette liberté-là
le plus longtemps possible, parce que je n'arrive pas à
choisir mon camp… et qu'au fond, je ne le choisirai
jamais.
A
tes débuts, on a pu dire de ta musique que c'était
un mélange de Barbara et des Young Marble Giants.
Justement, ces derniers viennent de se reformer...
Il ne faudrait pas exagérer l'impact qu'ils ont eu
sur moi. Je crois que c'est Modiano qui disait récemment
que les choses qui l'avaient influencé n'étaient
pas celles qu'il admirait le plus. C'est un constat que
je partage complètement. J'ai pris beaucoup d'idées
dans le morceau "The Taxi" des Young Marble Giants
(un instrumental construit sur une piste de boîte
à rythmes et une mélodie jouée à
l'orgue, ndlr) pour "La Fossette", mais je crois
n'avoir jamais écouté l'album en entier, en
tout cas pas de façon assidue. C'est juste leur son
qui m'avait frappé et qui m'avait donné envie
de faire la même chose. Barbara, pareil : je ne l'ai
pas énormément écoutée, mais
en l'entendant je me suis senti proche de ce qu'elle exprimait
et ça m'a donné des pistes. A l'opposé,
j'ai été un grand fan de Joy Division, et
pourtant ça ne transparaît pas trop dans ce
que je fais.
Après
avoir écrit dans "Epok", le magazine de
la Fnac, tu tiens maintenant une chronique musicale dans
"TGV Magazine". Tu aimes bien faire découvrir
des gens, musiciens ou écrivains, jouer les passeurs
?
J'aime bien ça, oui. C'est à la fois une jubilation
et une frustration à l'égard de choses qui
me semblent injustement passées à l'as. Je
me dis que si je peux aider… Même si c'est une
contribution assez mince : un article n'aura jamais autant
de poids qu'un passage en radio. C'est aussi le plaisir
de l'écriture. J'adore faire passer des choses à
travers un discours sur un disque, faire partager mes goûts.
C'est un bon médium pour se raconter. C'est une chance
d'avoir cette tribune-là.
Propos
recueillis par Vincent Arquillière
Crédits photo : Frank Loriou
A
lire aussi
Les précédentes interviews : en mars
2004 et mai 2006.
Les
chroniques de "Sur
nos forces motrices" et de "L'Horizon"
|