Dominique A - Interview

22/04/2009, par | Interviews |
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Dominique A, par Julien Bourgeois

Le magazine culturel "Esprit critique", sur France Inter, a diffusé une sorte de feuilleton sur les coulisses de "La Musique", avec toi et les personnes impliquées dans la conception et la promotion de l'album. Comment cela s'est fait ?
Le journaliste Willy Richert me l'a proposé et je me suis dit qu'aujourd'hui tous les moyens étaient bons pour faire exister un disque. Il y a quelques années, j'aurais refusé car j'avais encore l'idée du sacro-saint mystère autour de la création, je me disais que le making-of tuerait ce mystère. Mais en fait les gens adorent ça, et ça peut leur permettre de faire un pas vers le disque. Finalement, j'ai été assez surpris par les commentaires sur cette série de reportages. Cette arrière-cuisine (marketing, promo presse, choix des villes de concerts, des titres à mettre en avant, etc. - ndlr) laisse les gens un peu pantois... et finalement tout ça redevient mystérieux (rires). C'était juste quelques minutes glanées dans l'histoire d'un disque, ça ne prétendait pas retracer le processus dans sa totalité. En tout cas, pour moi c'était une chance incroyable.

Depuis "La Fossette", que Bernard Lenoir avait beaucoup diffusé, tu as un rapport privilégié avec France Inter.
Sans vouloir dresser un panégyrique de cette radio, c'est sûr qu'elle joue un rôle essentiel pour faire connaître les musiciens comme moi à un public plus large. Et j'aime bien l'idée que cette longue histoire ait commencé avec Lenoir, parce qu'au départ je me voyais comme un artiste de pop, pas de chanson française.

Lors de notre précédente rencontre, tu disais n'être pas sûr de faire encore des disques "physiques" dans l'avenir. Les disquaires ferment les uns après les autres... Pour toi qui comme moi restes attaché à l'objet, qu'est-ce que ça t'inspire ?
Je me dis que tant que des gens comme toi et moi sommes en vie, il y aura encore des "objets disques". En fait, maintenant que la messe a l'air d'être dite, c'est plus un soulagement qu'autre chose. Là, vu que je ne compte pas faire un nouvel album studio avant deux ou trois ans, je pense vraiment que "La Musique" sera mon dernier disque "physique". En même temps, l'album en tant que tel continuera sans doute à exister. Après, c'est plus le rapport à la construction d'un album qui me préoccupe. Je pense que le format va encore perdurer dix ou vingt ans. D'ailleurs, j'ai l'impression qu'en termes de longueur, on revient de plus en plus au format du 33-tours. Je viens d'acheter cinq disques indés, et il y en a trois qui font entre 30 et 35 minutes. Et ce n'est peut-être pas un mal, qu'on n'ait plus cette obsession du remplissage et du bonus, parce que tout le monde sait que ça a en partie flingué le disque... Là, on revient à des bases plus saines. "La Musique" dure 43 minutes, et c'était vraiment le maximum (le disque sort cependant dans une édition limitée avec un deuxième CD, "La Matière" - ndlr). J'ai même un peu allongé la sauce car au départ les morceaux faisaient plutôt 2 mn 30...

Dominique A, par Julien Bourgeois

Quelques mots sur Alain Bashung, pour terminer ?
Que dire ? (Il hésite) Je n'aime pas tout chez lui, mais il a évidemment fait beaucoup de choses admirables, j'ai déjà eu souvent l'occasion d'en parler. Sa fin a sans doute été retardée par cette espèce de catharsis sur scène, par cette énergie que lui insufflait le public. Dans son cas, il y avait une vraie communion, et sa dernière tournée va sans doute être mythifiée, du fait de sa dimension quasi christique. Du coup, ça rend un peu moins cynique vis-à-vis des déclarations d'amour entre public et artistes.

Propos recueillis par Vincent Arquillière
Photos par Julien Bourgeois.
Merci à Eric de chez Cinq7.

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